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Bière, psychiatrie, hip-hop : tous les chemins mènent à la poésie

Les poètes Ouanessa Younsi, Charles Sagalane et Webster
Les poètes Ouanessa Younsi, Charles Sagalane et Webster Photo: Valérian Mazataud/Sophie Gagnon-Bergeron/Julie Gauthier

L'automne passé, au Salon du livre de Montréal, Ouanessa Younsi, Charles Sagalane et Webster, trois poètes aux parcours singuliers, ont confronté leurs visions artistiques.

Pour l'historien et artiste engagé Webster, le hip-hop est un mouvement littéraire à part entière, dense et riche. Mais pour le découvrir, il faut outrepasser la musique et la réputation du genre pour se rendre au texte.

Le rap est d'ailleurs l’outil qu’il utilise dans ses ateliers avec des jeunes pour leur faire aimer le maniement de la langue. Certains se mettent alors à pratiquer la métaphore assidûment, alors qu’ils auraient juré que la poésie, ce n’était pas leur truc.

La langue est l’outil de l’écrivain. C’est important d’en maîtriser les subtilités pour aller plus loin.

Webster

Savoir écouter

Ouanessa Younsi, médecin psychiatre et poète, rappelle qu’en médecine, « la technique est importante, mais pas suffisante ». Il faut laisser une place à la parole, à l’écoute. Et en psychiatrie, c’est fondamental, car « la psychiatrie, c’est l’art de la relation ».

La poésie m’aide à mieux soigner, à écouter mes propres vulnérabilités.

Ouanessa Younsi

Par où commencer?

Pour Webster : « Il faut y aller, point. »

C’est en sautant sans parachute que tu voles de tes propres ailes.

Webster

C'est un précepte qu’il applique dans ses ateliers créatifs. Quand un jeune lui dit « Je ne sais pas faire, je ne suis pas capable », il répond : « Prends un mot, n’importe lequel. Fais une phrase avec ce mot, la première qui te passe par la tête. Maintenant demande toi : Quoi? Comment? Où? Qu’est-ce que? Et ainsi vient une autre phrase, et ça y est, tu écris. »

L’important, c’est de partir. Après, tu peux revenir, retravailler.

Webster

Poésie et bière, même combat

Pour le poète saguenéen Charles Sagalane, qui a cofondé la Microbrasserie du Lac Saint-Jean avec son frère, la poésie, ça n’existe pas. Il faut enlever les étiquettes, goûter!

La poésie, c’est comme la bière.

Charles Sagalane

Certaines personnes sont convaincues de ne pas aimer la bière. Charles Sagalane leur répond : « Attendez. On va parler de saveurs : est-ce que vous aimez le sucré ou l’amer? Les saveurs caramélisées ou torréfiées? »

Son mot d’ordre : goûter à tout. Non seulement il y a plein de belles saveurs à découvrir, mais il ajoute en riant que « ça ne fait pas mal d’ouvrir un livre ».

Tomber amoureux

Ouanessa Younsi est bien d’accord : « Il n’y a pas une poésie, mais des poésies. » Comme en médecine, où chaque patient est unique, chaque poème est unique. Bref, il y en a pour tous les goûts, mais il faut accepter de se laisser aller, ne pas vouloir à tout prix « comprendre ». Un peu comme quand on tombe amoureux : on plonge...

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