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Une nouvelle politique de gestion des déchets en préparation en Alberta

Des employés du centre de tri d'Edmonton à l'oeuvre
Des employés du centre de tri d'Edmonton à l'oeuvre Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Le gouvernement de l'Alberta modifiera sa loi sur le contrôle des déchets pour augmenter la performance de la province en gestion des matières résiduelles. L'Alberta est actuellement la plus grande productrice de déchets par habitant au pays.

Un texte de Catherine Bouchard

Les néo-démocrates espèrent pouvoir présenter des changements à la politique provinciale d’ici l’automne 2017.

« Nous avons des changements très pratiques que nous pouvons faire, dont le résultat sera d’être comparable aux critères de performances des autres grandes provinces », indique la ministre de l’Environnement, des Parcs et des Changements climatiques, Shannon Phillips.

 

Elle cite en exemple la Colombie-Britannique où les entreprises sont responsables de la récupération des déchets qu'elles produisent, comme modèle possible pour l’Alberta. Le voisin de l’ouest de la province de l’églantine est d’ailleurs la deuxième province la plus performante au pays, après la Nouvelle-Écosse.

Selon le modèle albertain, une telle mesure serait analogue à la réglementation en place pour les grands pollueurs. Elle pourrait se traduire par des maximums de production de déchets fixés par le gouvernement. Lorsqu’une entreprise dépasse cette quantité, elle doit verser un montant qui aide les municipalités à financer la gestion des matières résiduelles.

« Quand nous voyons que 70 % de la production de matières résiduelles provient des milieux industriels, commerciaux et institutionnels, nous devons nous assurer que nos programmes incluent ces secteurs et ciblent ces secteurs pour la récupération ou nous n’aurons pas de succès », affirme Christina Seidel, directrice générale du Conseil du recyclage de l’Alberta.

La ministre affirme qu’elle étudiera aussi la possibilité de fixer des objectifs de récupération des matières résiduelles aux villes, comme c’est le cas dans d’autres provinces canadiennes. Elle entend toutefois consulter en premier lieu les municipalités, les entreprises et les résidents pour s’assurer que la solution proposée soit « faite sur mesure pour l’Alberta ».

Nous pouvons mieux utiliser la plupart de ces terres plutôt que de servir de dépotoir. Et il y a des façons de faire ça maintenant, avec les nombreuses technologies qui existent

Shannon Phillips, ministre de l'Environnement, des Parcs et des Changements climatiques

Selon Mme Seidel, il apparaît évident qu’il faut fixer un objectif global pour la province. Elle estime qu’il faut augmenter à 50 % le taux de récupération dans la province qui est actuellement à 16 %, selon une étude de Statistique Canada datant de 2014. Elle donne comme objectif une période de sept à huit ans, même si elle estime qu'il est possible d’atteindre cette cible beaucoup plus rapidement.

Ce qu’on veut faire, c’est diminuer ce qu’on envoie au dépotoir et que ça se reflète dans le taux de récupération aussi.

Christina Seidel, directrice générale du Conseil du recyclage de l'Alberta

« Quand on regarde le taux de récupération, je suggère de fixer un objectif initial de 50 % et de monter à partir de là, mais ce que ça signifie sur le plan des déchets, c’est plutôt 500 kilogrammes par habitant par année », estime la directrice générale du Conseil du recyclage de l’Alberta.

La ministre Shannon Phillips voit aussi dans la modification de la réglementation une autre occasion de diversifier l’économie de la province. Elle espère ainsi créer des emplois en développement durable et attirer l'industrie verte.

Les municipalités avec une longueur d'avance

Certaines municipalités n’ont pas attendu le gouvernement provincial pour innover. Calgary commencera la collecte du compost bientôt à l’ensemble de la ville. Le déploiement se fera par zones, graduellement, débutant cet été et se terminant à l’automne. Il sera par la suite obligatoire de composter à partir du 1er novembre.

Un bac de compost de l'organisme Green CalgaryUn bac de compost de l'organisme Green Calgary Photo : Radio-Canada

« Calgary essaie d’être un leader sur les questions environnementales. Nous avons des programmes fantastiques avec des bacs noirs, bleus et verts. Les mises à jour de nos installations d’usine d’épuration sont géniales. [...] Nous avons un conseil municipal et un maire qui sont très engagés dans les questions environnementales et qui tentent d'aider Calgary à briller comme un chef de file en environnement », affirme le directeur général de Green Calgary, Conor Tapp, un organisme écologiste de la métropole albertaine.

D’autres municipalités, telles que Strathcona County, ont atteint un taux de récupération résidentiel de 61 %, ce qui en fait l’une des régions les plus performantes de la province. Le programme a été mis en place en 2008, et comprend le recyclage et le compostage. Bien que certains résidents aient d’abord été récalcitrants, ils se sont aujourd’hui approprié l’initiative.

« C’était le bon moment pour nous. Nous avions des leaders dans la communauté qui étaient axés sur l’environnement. Notre taux de récupération était en baisse. C’était le temps de renouveler nos contrats de gestion des matières résiduelles. Nos résidents voulaient recycler plus et voulaient que la cueillette soit faite à leur porte », explique la directrice de la gestion des matières résiduelles à la municipalité de Strathcona County, Lea Seabrook.

Alberta

Recyclage