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Sommet de l'OTAN sous pression pour Justin Trudeau

Le premier ministre Justin Trudeau a été reçu à Bruxelles par son homologue belge Charles Michel.

Le premier ministre Justin Trudeau a été reçu à Bruxelles par son homologue belge Charles Michel.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada

Justin Trudeau fera face à de grandes attentes au rendez-vous annuel des leaders de l'OTAN à Bruxelles, jeudi. En plus de l'incertitude causée par l'arrivée au pouvoir de Donald Trump, le premier ministre doit naviguer entre les demandes accrues de dépenses et de contributions militaires. Le Canada tentera de convaincre qu'il fait sa part au sein de l'Alliance atlantique, même s'il risque de n'avoir rien de nouveau à offrir jeudi.

Un texte de Marc Godbout et Louis Blouin, correspondants parlementaires à Ottawa

Les prises de position contradictoires de l’administration Trump face à l’OTAN plongent l’organisation dans une période d’instabilité depuis plusieurs mois.

Après avoir qualifié l’OTAN « d'obsolète », Donald Trump est revenu sur son jugement en affirmant qu’elle constitue « un rempart pour la paix internationale et la sécurité ».

Bref, bien des pays membres, dont le Canada, ne savent plus sur quel pied danser. Cette réalité donne des maux de tête au gouvernement Trudeau, qui avait entrepris une révision exhaustive de sa politique militaire avant l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche.

Comment le Canada compte-t-il contribuer à la paix et à la sécurité internationales? Avec quel équipement? Et à quel coût? Après plusieurs mois de retard, la nouvelle politique du pays en matière de défense ne sera finalement dévoilée qu’en juin.

L’OTAN devra patienter avant de connaître les engagements détaillés du Canada. Le gouvernement Trudeau tente encore aujourd’hui de cerner les priorités de l’administration Trump en matière d’affaires étrangères.

Le sommet de l’OTAN lui donnera peut-être des réponses un peu plus claires.

Le président des États-Unis Donald Trump à sa sortie de l'avion Air Force One, en Virginie.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le président des États-Unis Donald Trump à sa sortie de l'avion Air Force One, en Virginie.

Photo : Reuters / Yuri Gripas

Le Canada et la course aux 2 %

Plus les années passent, plus il devient difficile pour le Canada d'échapper à la question du niveau de ses dépenses militaires et de justifier ses choix alors que l'impatience monte chez ses alliés.

L’OTAN demande en effet aux 28 pays membres de consacrer 2 % de leur PIB à ces dépenses, un objectif fixé par l’Alliance en 2014.

Mais en 2016 encore, le Canada, et ce, malgré une légère hausse de son budget militaire en 2016, avait tout juste atteint 1 % de son PIB.

En fait, seuls cinq alliés ont franchi le seuil des 2 % l’an dernier, dont les États-Unis, qui consacrent 3,6 % de leur PIB aux dépenses militaires.

Ce déséquilibre n’a pas échappé au président américain, qui exige que les pays récalcitrants paient leur juste part, sans quoi Washington menace de revoir sa contribution à la baisse.

 

Renforcement en Afghanistan?

Avec la remontée des talibans, l'Afghanistan revient sur l’écran radar de l'Alliance atlantique. Le secrétaire général Jens Stoltenberg envisage le déploiement de « quelques milliers » de militaires supplémentaires réclamés par son commandement.

L'ajout de troupes viserait à appuyer les forces afghanes. Elles ont encaissé de lourdes pertes en 2016, en hausse de 35 % par rapport à l'année précédente.

M. Stoltenberg assure « qu'il ne s'agit pas de retourner à une mission de combat » , mais bien à une mission de « formation » et « d'assistance ».

En ce moment, les Américains représentent la majorité des effectifs sur le terrain. Le secrétaire américain à la Défense Jim Mattis a réclamé une contribution supplémentaire des membres de l'OTAN avant d'engager davantage les États-Unis dans le pays.

Déjà l'Australie et l'Allemagne ont été sollicitées. Et le Canada? Justin Massie, professeur au département de science politique de l'Université du Québec à Montréal, ne croit pas qu'Ottawa répondra présent.

Je ne vois pas le gouvernement libéral réengager le Canada en Afghanistan après la décennie qu'on y a passée et ce que ça évoque chez les Canadiens.

Justin Massie, professeur au département de science politique de l'Université du Québec à Montréal.

Si le Canada passe son tour, la pression risque de s’accentuer sur le gouvernement Trudeau. Il pourrait être forcé de compenser ailleurs.

Présence actuelle en Afghanistan

- Militaires américains : 8400
- Autres militaires de l'OTAN : 5000

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