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L’abus d’opioïdes a fait 12 morts jusqu’ici en 2017, en N.-É.

Des opioïdes
Des opioïdes Photo: La Presse canadienne / Graeme Roy
CBC

Douze personnes sont mortes d'une surdose d'opioïdes pendant les quatre premiers mois de 2017 en Nouvelle-Écosse, selon les données du ministère provincial de la Santé.

Les autorités sanitaires soupçonnent que sept personnes additionnelles ont succombé à une intoxication à des opioïdes. Aucune de ces morts n’est toutefois liée au fentanyl, le puissant analgésique qui fait des ravages partout au Canada.

Selon le médecin hygiéniste en chef de la Nouvelle-Écosse, le Dr Robert Strang, le nombre de surdoses mortelles, jusqu’ici cette année, est similaire à celui de l’année dernière, à pareille date. Il y avait eu 60 surdoses mortelles en 2016.

Ce que [ces chiffres] me disent, c’est que le problème ne s’aggrave pas [...] Mais la situation ne s’améliore pas non plus!

Dr Robert Strang, médecin hygiéniste en chef de la Nouvelle-Écosse

Selon le Dr Strang, les surdoses d’opioïdes représentent environ les deux tiers de l’ensemble des surdoses mortelles en N.-É., toutes drogues confondues.

Il prévoit que les ravages faits par les opioïdes vont aller en augmentant, en se fondant sur l’expérience des provinces de l’Ouest, comme la Colombie-Britannique et l’Alberta.

Des opioïdes plus puissants

La nature changeante des opioïdes le préoccupe tout particulièrement.

« Les opioïdes sont en évolution constante, leur puissance augmente et de ce qui nous inquiète, c’est que certains produits sont résistants à la naloxone », affirme-t-il.

La naloxone est un antidote efficace au fentanyl. Elle a été utilisée à une trentaine de reprises, l’an dernier, en Nouvelle-Écosse, dans des cas de surdose. De plus, des organisations sanitaires ont reçu 50 demandes de remplacement de trousses de naloxone de membres du public, ce qui laisse supposer que l’antidote a servi plus largement.

Un aperçu du contenu d'une trousse de naloxoneUn aperçu du contenu d'une trousse de naloxone Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

« Nous savons que nos projets pilotes de naloxone ont permis d’inverser un certain nombre de surdoses, donc il est très possible et même probable que [le nombre de morts] aurait été plus élevé si nous n’avions pas [...] accru l’accès à la naloxone », d’expliquer le Dr Strang.

Un plan en préparation

Le ministère de la Santé de la Nouvelle-Écosse formule actuellement un plan pour contrer les ravages faits par les opioïdes dans la province. Il devrait être prêt d’ici la fin juin.

Ce plan prévoira notamment un suivi plus serré du nombre de trousses de naloxone distribuées dans la province.

Le Dr Strang souhaite également que les surdoses soient rapportées plus rapidement - en temps réel si possible - pour que les autorités sanitaires puissent identifier les régions de la province où l’abus d’opioïdes pose problème.

« S’il y avait tout à coup plusieurs surdoses dans une région donnée, nous pourrions ainsi rapidement travailler avec le système de santé et nos partenaires de la police [dans cette région] pour essayer de mieux comprendre ce qui se passe, ce qui circule [comme drogues] dans les rues. »

Actuellement, il faut au moins au mois après une surdose mortelle en Nouvelle-Écosse pour obtenir les résultats des analyses toxicologiques qui identifient la drogue en cause.

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