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Transporteur forestier : rouler sa bosse dans l'incertitude

Billots dans une cours à bois

Le cinquième conflit commercial sur le bois d'œuvre entre le Canada et les États-Unis est déclenché.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Dans le nord du Lac-Saint-Jean, des transporteurs s'inquiètent pour l'avenir de leur secteur d'activité et, par le fait même, pour l'économie de la région.

Un texte de Bruno Maltais

Le conflit sur le bois d'oeuvre entre le Canada et les États-Unis a entraîné depuis lundi dernier la réduction des activités de plusieurs usines dans la région. Des dizaines d'employés de Produits forestiers Résolu ont été mis au chômage et le report des activités forestières affecte toute la chaîne de production dans l'industrie forestière.

À Girardville, au nord du Lac-Saint-Jean, des transporteurs remettent en ordre leurs camions hors route pour recommencer le transport de bois après le dégel. Mais cette année, ils commenceront au moins deux semaines plus tard.

Les droits compensatoires de près de 13 % imposés par les États-Unis sur le bois d'oeuvre que Produits forestiers Résolu exporte aux États-Unis a incité l'entreprise à réduire ses activités à Mistassini, Saint-Félicien, Saint-Thomas-Didyme, Normandin et Girardville. Par conséquent, toutes les activités forestières sont décalées.

« Ça fait quand même huit ans que l'usine n'a pas ralenti comme ça », affirme Larry Bolduc, copropriétaire d'une entreprise de transport à Girardville. « Normalement, on commence à travailler au début de juin, ce qui fait que là, on va peut-être être dans le coin de la Saint-Jean-Baptiste, même peut-être juste le premier juillet. »

Les semaines de retard sont perdues puisqu'il n'est pas possible de les reprendre à la fin de l'hiver, lorsque les routes forestières dégèlent et deviennent impraticables.

En plus du conflit entre le Canada et les États-Unis, le régime forestier en place depuis 2013 entraîne une plus grande incertitude dans l'industrie. Sous l'ancien régime forestier, le gouvernement du Québec garantissait aux entreprises forestières des approvisionnements à long terme. « On savait qu'on avait de l'ouvrage pour tant de camions », explique Larry Bolduc. Aujourd'hui, une partie des droits de coupe est mise aux enchères. Les entreprises développent donc moins de grands projets et tentent de couper le bois plus proche de leurs installations, réduisant ainsi les besoins en transport.

Pour fournir les scieries de Produits forestiers Résolu à Girardville et Saint-Thomas-Didyme, « ici avant, on était 30, maintenant, on est 16 camions », résume Larry Bolduc. « On perd des joueurs. Il y en a qui font faillite. On en perd et on va en perdre encore, c'est sûr. »

Pour assurer leur santé financière, certains camionneurs tentent de diversifier leurs activités. C'est le cas de Pascal Potvin, qui a vécu du transport forestier pendant plusieurs années. « Vivre avec juste un camion en forêt aujourd'hui, je ne suis pas sûr. Je ne serais pas capable d'envoyer mes enfants au cégep comme maintenant », soutient-il.

« Je fais de l'aménagement paysager puis des choses comme ça parce que si on ne se diversifie pas, on ne peut plus vivre juste de la forêt comme avant », explique-t-il.

Cette situation a nécessairement des effets sur la santé économique de plusieurs villages du Lac-Saint-Jean où l'industrie de la forêt est un moteur économique important. « Il ne reste plus que ça pour faire virer l'économie ici », lance Pascal Potvin.

« Quand ça ralentit, ça ralentit partout. On vit de l'industrie forestière. On n'a pas d'autres choses », résume pour sa part Larry Bolduc.

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