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Interdiction des téléphones dans les écoles : une fausse bonne idée?

Des élèves consultent leur téléphone en classe.

Des élèves consultent leur téléphone en classe.

Photo : Shutterstock

Radio-Canada

À partir de septembre prochain, les téléphones cellulaires seront interdits à l'École Central de Victoria. Des experts s'accordent à dire que la mesure est inefficace pour empêcher les élèves d'être distraits.

Topher Macintosh, le directeur de l’établissement qui accueille des élèves de la 6e à la 8e année autorise actuellement les jeunes à laisser leur cellulaire dans leur casier. Toutefois, selon lui, les élèves prétextent très souvent une envie pressante pour sortir de classe et aller chercher leur téléphone.

Le directeur a donc décidé de bannir purement et simplement les téléphones de l’enceinte de l’école. La mesure, qui est étudiée par beaucoup de personnes au pays et au-delà (le nouveau président français, Emmanuel Macron, l’a notamment inscrite dans son programme), doit entrer en vigueur à la rentrée 2017.

Pour Thierry Karsenti, professeur à l’Université de Montréal, cette interdiction ne fonctionnera pas. « Les élèves n’étaient déjà pas autorisés à apporter leur téléphone en classe et pourtant, ils le faisaient quand même. Je pense qu’ils le feront aussi à l’échelle de l’école », commente-t-il.

Future activité clandestine

Antonio Vendramin, directeur du district scolaire de Surrey, en Colombie-Britannique, abonde dans le même sens que l’universitaire. « En interdisant quelque chose qui est si important dans la vie d’un élève, on transforme cette chose en activité clandestine », explique-t-il, ajoutant que le téléphone cellulaire fait déjà partie intégrante du système actuel.

M. Vendramin estime, de plus, que les jeunes élèves ont besoin de conseils et d’être guidés dans leur utilisation des nouvelles technologies. Il pense qu’éducation et technologies ne sont pas incompatibles.

Dans une étude portant sur 4000 participants sur l’utilisation du téléphone à l’école, Antonio Vendramin a pu observer des pistes de solutions. Il se souvient notamment d’un professeur qui demandait aux élèves de poser leur téléphone sur un coin de leur bureau, écran retourné et mode silencieux activé.

« Parfois, le professeur leur demandait d’utiliser leur téléphone pour faire des recherches sur Internet. Il donnait l’idée aux élèves que le téléphone pouvait aussi être un outil d’apprentissage. C’est bien plus efficace qu’une interdiction », affirme Antonio Vendramin.

Une méthode qui permet aussi, dit-il, de créer une relation de respect et de confiance entre l’élève et le professeur. 

Colombie-Britannique et Yukon

Éducation