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L’odorat humain n’a rien à envier à celui des autres mammifères

Les humains produisent 390 récepteurs olfactifs différents.

Les humains produisent 390 récepteurs olfactifs différents.

Photo : iStock

Radio-Canada

Après avoir étudié le système olfactif pendant 14 ans et analysé 150 ans de recherches sur l'odorat humain, un scientifique américain conclut que le flair humain n'a rien à envier à celui d'autres mammifères, notamment le chien et les rongeurs. Un mythe déboulonné.

Un texte d'Alain Labelle

Il n’existe ainsi aucune preuve scientifique qui permette d’établir que l’odorat humain est inférieur à celui des autres animaux, une croyance basée sur la taille plutôt modeste du bulbe olfactif de l’Homo sapiens.

Tout ce temps, personne n'a réussi à remettre en cause cette affirmation, même les chercheurs qui gagnent leur vie en étudiant l'odorat.

John McGann, Université Rutgers-New Brunswick

Celui qui aurait véhiculé la théorie selon laquelle l’odorat humain n’était pas très développé est le Français Paul Broca, un chirurgien et anthropologue du 19e siècle.

Il écrivait, en 1879, que la faible proportion de la zone olfactive par rapport au reste du cerveau signifiait que les humains détenaient le libre arbitre et qu'ils n'avaient pas à dépendre de l'odorat pour survivre.

M. McGann affirme qu’il n'existe en fait aucune preuve que la taille du bulbe olfactif influence les capacités olfactives, et insiste sur le fait que l'odorat humain est tout aussi bon que celui des autres mammifères.

C’était même une conviction sociale que, pour être une personne raisonnable ou rationnelle, vous ne pouviez pas être dominé par l’odorat. L'odeur était liée à l’instinct animal.

John McGann

Or, selon lui, le bulbe olfactif humain, qui envoie des signaux à d'autres zones du cerveau pour identifier les odeurs, est assez gros et, surtout, contient un nombre semblable de neurones à celui des autres mammifères.

Ces neurones du récepteur olfactif du nez réagissent aux molécules composant l'odeur et renvoient cette information dans cette région du cerveau.

Nous pouvons [les humains] détecter et distinguer une gamme extraordinaire d'odeurs; nous sommes plus sensibles que les rongeurs et les chiens pour certaines odeurs.

John McGann

« Nous sommes capables de suivre les sentiers d'odeurs et nos comportements affectifs sont influencés par notre sens de l'odorat », ajoute-t-il.

Il existe certainement des différences entre les mammifères, explique M. McGann.

Les chiens sont meilleurs que les humains pour distinguer les différentes urines sur une borne d'incendie, et les humains sont meilleurs que les chiens pour distinguer les différentes odeurs du vin.

John McGann

Les souris et les rats produisent 1000 récepteurs olfactifs différents, contre 390 pour les humains. Combien d’odeurs différentes ces derniers peuvent-ils distinguer? Beaucoup plus que le nombre de 10 000 longtemps avancé, mais bien moins que les 1000 milliards que postulait un article publié dans Science en 2014, qui avait soulevé une petite controverse.

Le détail de cette étude est publié dans la revue Science.

Science