•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Personne à l'urgence pour accueillir un enfant en détresse respiratoire

Jean-Philippe Dionne et ses deux enfants, Hubert et Jeanne.

Jean-Philippe Dionne et ses deux enfants, Hubert et Jeanne.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

C'est le cauchemar de bien des parents : arriver à l'urgence avec son enfant en détresse respiratoire et constater qu'il n'y a personne au triage pour le prendre en charge. C'est ce qu'a vécu un père de La Pocatière, qui affirme que ces quelques minutes de délai ont failli coûter la vie à son fils.

Un texte d’Ariane Perron Langlois

Le soir du 22 juillet 2016, le petit Hubert, 22 mois, a de plus en plus de mal à respirer en raison d’une laryngite striduleuse. Son père, Jean-Philippe Dionne, l’amène à toute vitesse à l’urgence de l’hôpital de La Pocatière.

Toutefois, à leur arrivée, il n’y a pas d’infirmière au poste de triage. M. Dionne prend un numéro, puis attend, alors que l’état de son fils se détériore. « Je reste debout avec le petit dans les bras, mais je ne vois personne. Je cherche quelque chose comme un bouton panique ou quelqu’un que je verrais passer autour, mais il n’y a personne », raconte Jean-Philippe Dionne.

Environ cinq minutes plus tard, une infirmière arrive. L’équipe de réanimation est appelée. Après de longs moments, la médecin annonce qu’Hubert est hors de danger.

« Elle m’a dit : "Il était minuit moins une" […] c'était le temps de le prendre en charge, en voulant dire, ça a été dur de stabiliser sa respiration. J’ai compris que c’était une question de minutes. »

— Une citation de  Jean-Philippe Dionne, père d’Hubert
Les parents d'Hubert, Marie-Soleil Rivard et Jean-Philippe DionneAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les parents d'Hubert, Marie-Soleil Rivard et Jean-Philippe Dionne

Photo : Radio-Canada

M. Dionne et sa conjointe, Marie-Soleil Rivard, aimeraient qu’à défaut d’une personne en poste, un bouton « panique » soit installé pour secourir plus rapidement les patients dont l’état est critique.

« On considère qu'à partir du moment où tu mets les pieds dans un hôpital, tu devrais te sentir en sécurité. En ce moment, je ne suis pas certaine qu'on est en sécurité à 100 %. Pas parce que le personnel n'est pas compétent, ce n'est pas ce qu'on veut dénoncer, mais plutôt parce qu'il est insuffisant », explique Mme Rivard.

Deux infirmières en poste la nuit

À l’heure actuelle, il n’y a que deux infirmières en poste la nuit à l’urgence de La Pocatière : une est au triage, tandis que l’autre doit s’occuper des sept civières à l’arrière.

En cas de pépin, l’infirmière du triage doit quitter son poste pour donner un coup de main à sa collègue. Cela peut poser un risque si deux urgences se produisent en même temps, selon la vice-présidente pour la section Ouest de la FIQ du Bas-Saint-Laurent, Aline Boucher.

« Est-ce qu’on va prioriser un patient qui est en salle d’observation, qui est en train de "coder" ou un enfant de l’autre côté ou une personne âgée qui a chuté? », illustre Mme Boucher.

« Si on a deux affaires en même temps, on est en soins non sécuritaires, tout simplement. »

— Une citation de  Aline Boucher, vice-présidente, section Ouest, FIQ du Bas-Saint-Laurent

L’automne dernier, le Centre intégré de santé et des services sociaux (CISSS) du Bas-Saint-Laurent a aboli un poste d’infirmière coordonnatrice à l’urgence et un poste d’infirmière aux soins intensifs, qui pouvait aider à l’urgence en cas de besoin. Toutefois, il a ajouté une infirmière polyvalente, qui peut travailler soit à l’étage, soit à l’urgence, selon les besoins.

Du 16 juillet au 6 août, il n'y aura pas de chirurgies et d'accouchements à l'hôpital Notre-Dame-de-Fatima faute d'anesthésisteAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'hôpital Notre-Dame-de-Fatima à La Pocatière

Photo : Radio-Canada / Simon Turcotte

Il y a assez de personnel, répond le CISSS

Appelé à réagir, le Centre intégré de santé et des services sociaux (CISSS) du Bas-Saint-Laurent assure qu’il y a suffisamment de personnel à l’urgence de La Pocatière pour tous les quarts de travail et affirme que des ajustements ont été apportés au cours des derniers mois.

Le directeur des services professionnels de l’établissement, Jean-Christophe Carvalho, explique qu’une alerte visuelle informe les infirmières de l’arrivée des patients au triage.

« Même si la clientèle se présente et qu’elle ne voit personne, à partir du moment où le coupon est pris, l’équipe en arrière est au courant. »

— Une citation de  Jean-Christophe Carvalho, directeur des services professionnels, CISSS du Bas-Saint-Laurent

M. Carvalho affirme que le délai médian de triage à La Pocatière est de cinq minutes, ce qui est dans les normes, mais qu’il n’est pas fermé à l’idée d’installer un bouton panique pour les cas critiques comme le réclament les parents du petit Hubert.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !