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Les personnes adoptées craignent le report du projet de loi sur l’adoption

Le reportage de Nicolas Vigneault

Le dépôt, à l'automne, d'un troisième projet de loi depuis 2010 pour faciliter la recherche de leurs origines avait suscité beaucoup d'espoir chez des milliers de personnes adoptées au Québec. Or celles-ci se sentent abandonnées une fois de plus.

Un texte de Nicolas Vigneault

En commission parlementaire, le 29 avril, la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, a confirmé que le projet de loi 113 sur l'adoption sera étudié après celui sur la neutralité religieuse, qui est très controversé, et un autre qui porte notamment sur la reconnaissance des compétences professionnelles. Les débats s'annoncent longs, si bien que les personnes adoptées craignent que le projet de loi qui les préocuppe ne soit jamais adopté.

Familles découragées

Diane Poitras, de Lévis, se bat depuis des années pour que la loi sur l'adoption soit modifiée afin de lui permettre de connaître ses origines et surtout d'en savoir plus sur sa mère polonaise, aujourd'hui décédée.

La loi actuelle exige le consentement des parents biologiques. Le possible report de l'adoption du projet de loi 113 en inquiète donc plusieurs.

« J'envisageais d'aller à Halifax cet été pour consulter les registres. On a beau avoir la plus belle vie puis les meilleurs parents du monde, cette partie-là nous manque. C'est comme une amputation qu'on nous a fait », explique Mme Poitras.

Le Mouvement Retrouvailles, qui vise à faire respecter les droits des personnes adoptées et des parents biologiques, soutient que la connaissance des origines est primordiale pour les personnes adoptées.

D’abord pour des raisons personnelles et émotives, mais aussi pour des raisons médicales. « [Je suis en contact avec] une grand-mère dont le petit-fils a un problème de rein. Ils ne sont pas capables de trouver la source. Elle ne peut pas les aider, elle a été adoptée. Elle n'a aucune information », raconte Caroline Fortin, coordonnatrice du Mouvement.

L’opposition ne comprend pas

La critique de l'opposition officielle en matière de Justice, Véronique Hivon, comprend difficilement la décision du gouvernement d'appeler le projet de loi sur la neutralité religieuse avant celui sur l'adoption, qui fait pourtant consensus au sein des partis représentés à l'Assemblée nationale.

« On sait qu'on va pouvoir avancer rondement alors pourquoi le mettre après le projet de loi sur la neutralité religieuse, alors qu'on sait qu'il y aura beaucoup de débats et qu'il n'y a pas de consensus sur ce projet de loi-là [sur la neutralité religieuse]? », dénonce Mme Hivon.

Quant au leader du gouvernement, Jean-Marc Fournier, il doute qu’il y ait un consensus autour du projet de loi sur l'adoption. « J'aimerais tellement que vous ayez raison, parce que lorsqu'on arrive, les oppositions demandent des tonnes de consultations et il y a toujours un problème, ils veulent toujours trouver des problèmes », affirme M. Fournier.

Le gouvernement maintient donc son calendrier législatif et demande la collaboration des partis d'oppositions pour faire adopter les projets de loi qui sont sur la table afin de permettre l'étude du projet de loi 113 sur l'adoption le plus rapidement possible.

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