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Énergie éolienne : des maires veulent être des partenaires financiers

Michel Lagacé, maire de Saint-Cyprien et président de la Régie de l'énergie du Bas-Saint-Laurent.

Michel Lagacé, maire de Saint-Cyprien et président de la Régie de l'énergie du Bas-Saint-Laurent.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Plus de 60 maires de la Gaspésie et du Bas-Saint-Laurent demandent à Québec d'imposer un actionnariat communautaire de 50 % pour tous les futurs projets éoliens développés sur les terres publiques.

Un texte de Joane Bérubé

Québec a autorisé cette semaine la construction de futurs parcs sur les terres du domaine de l’État pour la production d’énergie destinée à l’exportation.

L’Alliance éolienne de l’Est, qui regroupe les régies intermunicipales de l’énergie de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine et du Bas-Saint-Laurent, estime que ces projets ne doivent pas se développer sans que des retombées reviennent aux communautés locales.

Le 31 mars 2017, l'État du Massachusetts a publié un appel d'offres pour l'achat d'énergies renouvelables, pour lequel les soumissions devront être déposées au plus tard le 27 juillet 2017.

Cet appel d'offres constitue une occasion unique pour le développement de parcs éoliens au Québec, en raison de la part importante accordée à l'achat des énergies les plus propres, dont l'énergie éolienne.

Extrait du communiqué de presse publié le 15 mai 2017 par le gouvernement du Québec

Un milliard de retombées en jeu

 

Il s’agit d’une question importante pour les maires des deux régions. Ils évaluent qu’il y a encore un potentiel de 1200 mégawatts (MW) à développer dans la région, ce qui générerait des bénéfices de 1 milliard de dollars.

Au cours des derniers mois, les maires de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine et du Bas-Saint-Laurent ont demandé des rencontres avec des ministres du gouvernement, dont le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand.

Ils ont brièvement rencontré M. Arcand à la mi-février ainsi que le premier ministre Philippe Couillard le 1er mars dernier.

Le maire de Nouvelle, Richard Saint-Laurent, président de la Régie intermunicipale de l’énergie de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine est inquiet puisqu’en rendant les terres accessibles aux projets éoliens, Québec n’a donné aucune indication sur son intention d’intégrer l'investissement communautaire.

Nous, on demandait d’inclure le communautaire dans les projets de construction sur les terres publiques, ce n’est pas fait.

Richard Saint-Laurent, président de la Régie intermunicipale de l’énergie de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine

Les exemples de Roncevaux et de Nicolas-Riou

M. Saint-Laurent et le président de la Régie de l’énergie du Bas-Saint-Laurent, Michel Lagacé, font valoir que l’investissement communautaire dans l’éolien a fait ses preuves.

Une éolienne

L'organisme veut favoriser les énergies renouvelables.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Ils donnent pour exemple les parcs Roncevaux en Gaspésie, développé en partenariat avec Invenergy, et celui de Nicolas-Riou, conçu avec EDF, qui rapporteront de 10 à 12 millions de dollars par année, soit 300 millions de dollars sur 25 ans, aux MRC des régions du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine.

  • Les parcs de Roncevaux et de Nicolas-Riou (225 mégawatts) ont été construits en partenariat avec l’entreprise privée.
  • L’Alliance éolienne de l’Est a investi au total 50 % des fonds nécessaires pour démarrer les deux projets, soit un peu plus de 79 millions de dollars.
  • Les revenus sont distribués aux communautés par le biais des MRC, soit un tiers des revenus pour celles de la Gaspésie et des Îles et deux tiers pour les MRC du Bas-Saint-Laurent.

L’an dernier, avec la mise en service des 75 mégawatts (MW) du parc Roncevaux, toutes les MRC ont reçu entre 80 000 $ et 100 000 $. Ces sommes seront encore plus importantes avec la mise en service le 1er janvier dernier du parc Nicolas-Riou de 225 MW.

Le directeur de la Régie intermunicipale de l’énergie de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Gilbert Scantland, souligne que c’est une manière d’amener de nouveaux fonds dans les communautés.

Surtout l’avantage, c’est que ce sont des fonds déliés, pas liés à des programmes. Ça appartient aux communautés de décider ce qu’elles feront avec cet argent.

Gilbert Scantland, directeur de la Régie intermunicipale de l’énergie de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine

Solidarité municipale

Une soixantaine de maires du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie étaient dans la salle pour appuyer l'Alliance

Une soixantaine de maires du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie étaient dans la salle pour appuyer l'Alliance

Photo : Radio-Canada

Le président de la Régie de l’énergie du Bas-Saint-Laurent, Michel Lagacé, fait valoir que son organisme regroupe 114 municipalités, 8 MRC, la Nation malécite de Viger et la Régie de la Gaspésie, 44 municipalités, 5 MRC et l’agglomération des Îles-de-la-Madeleine.

On parle d'une seule voix. On veut être traité d’égal à égal avec les partenaires privés et c’est ce qu’on propose au gouvernement du Québec.

MIchel Lagacé,président de la Régie de l’énergie du Bas-Saint-Laurent

Le maire de Nouvelle croit que les projets qui incluent une participation financière des communautés locales ont leur place, y compris, dit-il, pour les projets d’exportation. « Ce serait inacceptable, poursuit M. Saint-Laurent, que de gros projets comme ça passent sous l’écran radar des régions sans que personne en tire des bénéfices. »

Même si aucun projet de parc éolien n’est en développement présentement, Richard Saint-Laurent juge que la question du partenariat communautaire ne doit pas être esquivée. « Ç’a pris 10 ans avant qu’on puisse développer des projets communautaires et on commence tout juste à toucher les retombées », rappelle le maire de Nouvelle.

D’ailleurs, relève Gilbert Scantland, le développement des parcs éoliens est estimé actuellement à un peu plus de 6 ¢ le kilowatt-heure. Le prix pourrait être encore plus compétitif pour les grands parcs construits pour l’exportation d’énergie verte vers les États-Unis.

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