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« Je serai ton futur boss », aurait dit Coderre à une policière qui lui remettait une contravention en 2012

Le maire Denis Coderre n'a pas encore réagi au rapport dévoilé en commission.
Le maire Denis Coderre n'a pas encore réagi au rapport dévoilé en commission. Photo: La Presse canadienne / Graham Hughes
Radio-Canada

Le maire Denis Coderre aurait dit à une policière qu'il serait son « futur boss » lorsqu'elle lui a remis un constat d'infraction en 2012, selon un rapport d'enquête rendu public lundi pour la commission Chamberland.

Ces propos font sursauter l'opposition à la Ville de Montréal, qui y voit une tentative de faire du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) « un service de police politique ».

Dans ce rapport, l'enquêteur du SPVM Normand Borduas écrit s’être entretenu en février 2015 avec l'agente de police qui a délivré le constat d’infraction à M. Coderre. Ce dernier lui aurait alors mentionné qu’il serait son « futur boss ». À l'époque, l’agente ne connaissait pas le politicien, qui n’était pas encore maire de Montréal.

« C’est totalement inacceptable qu’un futur maire de Montréal fasse un tel geste d'intimidation auprès d’une policière qui est sur le point de lui émettre une contravention », lance Alex Norris, conseiller de Projet Montréal et vice-président de la commission sur la sécurité publique.

Ça frôle l’intimidation et ça démontre encore une fois que le maire Coderre ne comprend manifestement pas le principe de la séparation des pouvoirs.

Alex Norris, conseiller de Projet Montréal

Alex Norris souligne que ce n'est pas la première fois qu'il constate ce genre de comportement de la part de Denis Coderre. Il rappelle notamment le coup de fil du maire au chef de police pour une affaire qui touchait son fils.

« Le SPVM n’est pas censé être un service de police politique, se scandalise l'ancien journaliste. Mais il semble que Denis Coderre veut que le SPVM le soit. Et c’est très inquiétant. »

Le numéro de Patrice Lagacé venait de l'attaché de presse

Le rapport indique du même coup que l'attachée de presse du maire, Catherine Maurice, a fourni le numéro de Patrick Lagacé à l'enquêteur, avant que celui-ci entreprenne la surveillance des appels du chroniqueur de La Presse. Dans un courriel, elle rapporte avoir eu des échanges avec Patrick Lagacé par courriel, puis par téléphone, alors que le journaliste cherchait à en savoir plus sur la contravention du maire Coderre.

Le 22 janvier 2015, je reçois la version des faits de Madame Catherine Maurice, attachée politique du maire Denis Coderre. Elle envoie un courriel expliquant que suite aux courriels envoyés par Patrick Lagacé, elle a eu des conversations sur le cellulaire de M. Lagacé au numéro [caviardé].

— Extrait du rapport d'enquête de Normand Borduas

« Le fait que ce soit son attachée de presse qui ait fourni le numéro de téléphone au SPVM montre à quel point toute cette enquête était de nature politique et totalement inappropriée », soutient pour sa part Alex Norris.

Ni le maire de Montréal ni son bureau n'ont réagi au rapport dévoilé à la commission Chamberland.

Justice et faits divers