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L’intimidation et le harcèlement toujours présents à la GRC, selon un rapport

Des membres de la GRC (archives)

Des membres de la GRC (archives)

Photo : Reuters / Patrick Doyle/Reuters

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'intimidation et le harcèlement en milieu de travail demeurent des phénomènes bien présents au sein de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), conclut un rapport qui appelle à d'importants changements dans la gouvernance de la police fédérale. Ottawa a réagi en se disant « fermement résolu » à régler ce problème qui mine la GRC depuis des années.

Dans un rapport publié lundi, la Commission civile d’examen et de traitement des plaintes relatives à la GRC reproche à la direction du corps policier de manquer de volonté et de capacités pour que ces problèmes se règlent.

L'abus de pouvoir demeure un problème de taille à la GRC. Non seulement de tels comportements nuisent aux personnes visées, mais ils compromettent également l'intégrité des enquêtes, l'efficience des opérations et l'efficacité de l'organisation dans son ensemble.

Une citation de : Extrait du rapport de la Commission civile d'examen et de traitement des plaintes relatives à la GRC

En 2013, la commission avait publié des recommandations en matière d’intimidation et de harcèlement en ajoutant que des gestes importants devaient être faits rapidement.

Une politique sur le harcèlement a été instaurée par la GRC en 2014. Cependant, le rapport indique que la grande majorité des plaintes soumises par la suite ont fait état d’abus de pouvoir, de réprimandes en public, de langage abusif ou de mutations punitives, parfois pendant des années.

« La GRC a échoué à mettre en place les mesures exhaustives et soutenues qui sont nécessaires pour résoudre le problème du harcèlement au sein de la Gendarmerie. Des programmes ont bel et bien été créés à l'échelon des divisions, mais ils étaient de portée limitée et de nature ponctuelle », peut-on lire dans les conclusions du rapport.

Qui plus est, la Direction générale n'a déployé aucun effort pour surveiller l'efficacité de ces programmes, diffuser les pratiques exemplaires ou institutionnaliser les réformes.

Une citation de : Extrait du rapport

Ralph Goodale déterminé à régler le problème

Réagissant aux conclusions pour le moins préoccupantes de la Commission civile d’examen et de traitement des plaintes relatives à la GRC, le ministre fédéral de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a assuré que son gouvernement est déterminé à s’attaquer à ces problèmes.

Les conséquences des problèmes soulevés sont graves pour la santé et le mieux-être des victimes, pour la réputation et la crédibilité de la GRC ainsi que pour tous les Canadiens. Les recommandations seront examinées avec attention et éclaireront les actions à venir de sorte que le milieu de travail de la GRC soit un lieu sain et respectueux.

Une citation de : Ralph Goodale, ministre de la Sécurité publique

« Le premier ministre m’a confié le mandat de veiller à ce que la GRC constitue un milieu de travail sain, exempt de harcèlement et de violence sexuelle. Nous sommes tous les deux fermement résolus à appuyer toute mesure nécessaire pour aider les membres, les recrues en formation et les employés de la GRC à se sentir en sécurité et respectés en présence de leurs collègues et de leurs superviseurs », a assuré le ministre, par voie de communiqué.

Problème de structure et de gouvernance

Contrairement à d’autres corps policiers canadiens, la GRC ne confie qu’à des gendarmes, surtout, les postes de haute direction dans les services de ressources humaines ou de relations de travail. Les candidatures d’experts de la vie civile ne seraient donc pas vraiment considérées à la GRC.

Laura Colella, qui fait partie des auteurs du rapport, a expliqué sur les ondes d'ICI RDI qu’il persiste une culture propice aux abus et au harcèlement au sein de la GRC et qu’il faudrait, entre autres choses, y établir ce type de séparation entre les patrons responsables des affaires policières et le domaine des ressources humaines et de la gestion du personnel, qui devraient être confié à des civils indépendants, compétents et formés pour assumer ces fonctions.

À cette fin, la Commission recommande dans son rapport final « que la GRC se dote d'enquêteurs administratifs (qui ne sont pas des membres en uniforme) qualifiés, compétents, spécialisés et indépendants de la chaîne de commandement qui seront chargés de mener les enquêtes sur les plaintes de harcèlement ».

En octobre dernier, le commissaire de la GRC, Bob Paulson, qui devrait quitter son poste à la fin du mois prochain, a présenté les excuses de la police fédérale aux centaines de femmes qui ont travaillé ou qui œuvrent encore à la GRC pour les gestes d’intimidation ou de harcèlement dont elles ont été victimes.

Avec les informations de La Presse canadienne

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