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Procès de la GRC à Moncton : « La nuit aurait été différente avec une carabine »

Des policiers sur le qui-vive pendant la traque de Justin Bourque, en juin 2014.

Des policiers sur le qui-vive pendant la traque de Justin Bourque, en juin 2014.

Photo : Michèle Brideau

Radio-Canada

Le policier Éric Dubois, blessé lors de la fusillade de Moncton, en juin 2014, a pris la barre des témoins lundi au procès de la GRC pour de présumées violations au Code canadien du travail. La GRC est accusée de ne pas avoir assuré la sécurité de ses policiers tués ou blessés lors de la fusillade.

Éric Dubois a affirmé qu'à son arrivée dans le quartier nord de Moncton, le soir du 4 juin 2014, il est allé voir une résidente qui avait signalé un homme armé qui se promenait dans le quartier.

C'est alors qu'il a entendu un premier coup de feu. Il a été surpris de voir plusieurs résidents qui tentaient de filmer la scène et leur a dit de se mettre à l'abri.

« C'est la réalité! Aujourd’hui, tout le monde veut être le premier à mettre en ligne un vidéo de la sorte », a-t-il déclaré au procès.

Suivez le procès ici par l'entremise des messages Twitter de nos journalistes:

 

Il a découvert son collègue Fabrice Gevaudan inerte, peu de temps après, et a tout de suite su qu'il était mort, puisqu'il avait déjà travaillé dans une morgue. « Quand j'ai vu Fabrice je savais qu'il était mort et qu'il n'y avait plus rien à faire. »

Il s'est ensuite porté au secours d'une collègue, Martine Benoit, qui était la cible de tirs. Il savait alors que le tireur se trouvait tout près.

Le bruit des tirs a changé et Éric Dubois a compris que Justin Bourque avait changé de cible. « J'ai vu le sang couler sur moi », a-t-il déclaré.

Il était à l'abri derrière un véhicule à ce moment-là et croit avoir été atteint par des débris de balles qui ont frappé la voiture.

Il a été atteint à un bicep, dans le bas de la jambe gauche et au haut de la droite.

Il était uniquement équipé d'un pistolet de calibre 9 mm pour riposter. Il savait que Justin Bourque était équipé d'une arme semi-automatique parce que les coups de feu étaient rapprochés.

Une carabine, « le jour et la nuit » en comparaison d'un pistolet

Comme d'autres policiers la semaine dernière, Éric Dubois a répondu à des questions sur l'absence de carabines au sein de l'arsenal des policiers, le soir du 4 juin 2014. Il a répondu que l'accès à des carabines aurait fait toute une différence. « Je suis convaincu que cette nuit aurait été différente avec une carabine. »

Ces carabines ont depuis été déployées au sein de la force policière. Éric Dubois a reçu une formation pour les utiliser l'automne dernier. « La carabine c'est facile à manipuler et c'est précis. C'est le jour et la nuit comparé à un pistolet », a-t-il dit devant le tribunal.

Face à Justin Bourque, il n'avait aucune chance avec un simple pistolet, a-t-il précisé. « [...] Si j'avais voulu atteindre Bourque, il aurait fallu que je mette ma vie en danger! » Il est donc resté à l'abri.

Le deuxième témoin de la journée, Simon Grenier n’était pas en poste lors du 4 juin 2014. Il a raconté avoir tout de même aidé ses coéquipiers sur le terrain.

La voix tremblante, il a expliqué la scène lorsqu’il a vu la mare de sang autour de la voiture de Dave Ross, l’un des agents tués.

Simon Grenier a aussi pointé un manque flagrant de communication lors de cette journée. Il a dit n’avoir reçu aucune consigne sur le terrain.

Les témoignages se poursuivent

Le prochain témoin de la Couronne sera le sergent Sam Tease qui a collaboré à la rédaction du rapport d’Alphonse MacNeil, soit l’examen indépendant sur la fusillade de Moncton.

La semaine dernière, d'autres policiers ont décrit la scène qui les attendait lorsqu'ils sont arrivés dans le quartier nord de Moncton, le soir du 4 juin 2014.

Le tireur, Justin Bourque, les attendait de pied ferme avec une arme semi-automatique et un fusil de chasse, et les prenait pour cible.

Des policiers se sont dits mal préparés et mal équipés pour faire face à une telle situation.

La GRC subit un procès pour quatre accusations non criminelles portées contre elle en vertu du Code canadien du travail. Ces accusations concernent l’équipement, la formation et la supervision.

Les accusations ne visent aucun gestionnaire ni superviseur du corps policier.

Avec les renseignements de Catherine Dumas

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