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Des agriculteurs craignent d'être ruinés par les inondations

Deux personnes dans une serre.

Lise Marengère et Luc Allaire, deux agriculteurs touchés par les inondations, espèrent qu'ils seront indemnisés.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les Serres Gatineau s'apprêtaient à fêter leur quinzième anniversaire lorsque les inondations ont brusquement mis fin aux célébrations. Aujourd'hui, Lise Marengère et Luc Allaire s'inquiètent de devoir mettre la clé sous la porte.

Un texte de Yasmine Mehdi

En passant près des maisons qui bordent le boulevard Maloney, difficile de s’imaginer qu’il pourrait y pousser des tomates, des concombres, des poivrons et des haricots. C’est toutefois le pari qu’ont fait Lise Marengère et Luc Allaire, propriétaires des Serres Gatineau.

Depuis maintenant quinze ans, le couple de cultivateurs approvisionne de fidèles clients en légumes grâce à des serres d’une superficie de 3000 mètres carrés.

« Cette année, on a eu une augmentation des ventes de 15 %, on manquait même de produits », a lancé M. Allaire.

Sur une pelouse, un panneau des Serres Gatineau.

Cet été, Les Serres Gatineau devront mettre la clé sous la porte.

Photo : Radio-Canada

« C’est ma saison qui est partie »

Le 5 mai dernier, l’eau a commencé à gagner le terrain de Lise et de Luc.

« Samedi, c’est monté très vite, on n’a pas eu le temps de faire quoi que ce soit. Il y avait jusqu’à un pied d’eau dans les serres, nos plants flottaient », se souvient Luc.

Aujourd’hui, bien qu’il n’y ait plus d’eau dans les serres, la grande majorité des plants ne semblent pas avoir survécu aux inondations.

D’autant plus que, selon les cultivateurs, l’eau qui s’est infiltrée était contaminée. Sur leur terrain, une forte odeur d’essence semble confirmer cette théorie.

Dans une serre, des plants de concombres fanés

Suite aux inondations, les plants de concombres ont presque tous fané.

Photo : Radio-Canada

C’est avec beaucoup de tristesse que Mme Marengère a constaté les dégâts. « Mes plants, c’est comme mes bébés », a-t-elle déclaré avec émotion.

C’est en décembre que le couple a commencé à préparer sa saison. Luc et Lise estiment donc qu’il est trop tard pour semer de nouveaux plants, qui ne pourraient être récoltés que dans cinq mois.

« On a vendu les produits qu’on a pu sauver in extremis, mais ce sera nos derniers revenus », a soupiré M. Allaire.

L’entreprise compte deux employés, qui devront être licenciés. « Je n’ai même plus de salaire pour moi-même », s’est désolée Lise.

Paysage de boue, avec une étendue d'eau en arrière-plan

L'eau a commencé à se retirer du terrain de Lise Marengère et de Luc Allaire.

Photo : Radio-Canada

Les Serres Gatineau demandent de l’aide

Le couple de cultivateurs ignore si l’entreprise pourra survivre à la perte de sa saison. Il compte surtout sur l’assistance de l’Union des producteurs agricoles (UPA) afin d’être indemnisé.

« Si j'ai de l'aide, je continue. Sinon, je ne pense pas », a expliqué Luc.

Richard Maheu, président de l’UPA Outaouais-Laurentides, appelle le gouvernement à venir en aide aux agriculteurs victimes d’inondations.

Les producteurs gagnent leur pain de la production, c’est leur boîte à lunch. S’il n’y a plus rien dans une serre, c’est une perte majeure.

Richard Maheu, président de l'Union des producteurs agricoles Outaouais-Laurentides

Un porte-parole du ministère de l’Agriculture du Québec a précisé que le gouvernement attendait que la situation se stabilise avant de dire comment il pourrait aider les cultivateurs touchés.

En attendant qu’une quelconque aide leur parvienne, Mme Marengère et M. Allaire tentent de vendre les légumes qu'ils ont pu sauver.

« On a beaucoup de soutien de nos clients », a expliqué Lise. « Il y en a qui viennent vraiment depuis quinze ans, on a vu des familles grandir. »

Vente de légumes « solidaires » à la ferme Moore

Victimes des inondations, les Serres de Gatineau vendent leurs légumes à la ferme Moore, au 670 boulevard Alexandre-Taché, à Gatineau dimanche jusqu'à 16 h.

Patrick Guay, relève des Serres Gatineau, a expliqué, en entrevue avec Radio-Canada, que les agriculteurs n'auront « pas de revenus pour cet été, parce que la saison va tomber à l'eau ».

« On avait une saison qui roulait le 8 avril avec beaucoup de produits, beaucoup de productions », a raconté M. Guay. « Avec les inondations qui ont affecté 80 % de notre superficie, on a dû aller avec des récoltes agressives. Donc là on se ramasse avec beaucoup de produits qui doivent être vendus dans de courts délais. »

Tous les concombres, les poivrons et les tomates ont été touchés par les inondations.

Certains produits pourront néanmoins être mis en conserve, mais il s'agit d'une proportion limitée.

D'autres produits seront vendus au marché de l'Outaouais au 71, rue Eddy et au marché Wakim au 360, boulevard Saint-Joseph.

Avec les informations de Guillaume Dumont

 

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