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Aldo Bensadoun donne 25 M$ à McGill : « un devoir, un honneur, un privilège »

Aldo Bensadoun

Aldo Bensadoun

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Aldo Bensadoun, fondateur des boutiques Aldo, donne 25 millions de dollars à l'Université McGill, à Montréal, alors que l'établissement crée une nouvelle école du commerce de détail. Son ouverture est prévue pour l'automne 2018.

Un texte de Gérald Fillion

L’école, qui portera le nom d’Aldo Bensadoun, aura pour objectif de former la relève dans la gestion du commerce de détail au moment où le secteur vit des changements profonds avec le développement des ventes en ligne.

Le donateur, qui a réussi à bâtir un véritable empire de 2200 magasins et de 8000 franchisés dans le monde, affirme que, pour lui, c'est « un devoir, un honneur, c’est un privilège » de pouvoir redonner à la société.

« Je suis né au Maroc, j’ai vécu en France principalement, a-t-il raconté dans le cadre d’une entrevue à RDI économie, diffusée vendredi. Je suis venu ensuite étudier à l’Université Cornell, puis l’Université McGill. Ce qui m’a marqué beaucoup, c’est la manière dont la société fonctionne en Amérique du Nord, surtout au Canada. [...] Ici, les gens ont un devoir, une responsabilité d’aider la société, à être un meilleur terreau pour la société future. »

Faire comme les Bronfman, Molson, Desmarais

Aldo Bensadoun a lancé Aldo en 1972 et ses premiers magasins en 1978. Le chiffre d’affaires actuel de l’entreprise s’élève à 1,5 milliard de dollars par année. Le groupe compte 3 enseignes et plus de 20 000 employés.

« Quand je suis arrivé ici, a déclaré Aldo Bensadoun, je voyais les Bronfman, je voyais les Molson, je voyais les Desmarais, et je me suis dit : "Oh my God, si j’étais capable un jour de faire un don qui pourrait aider la société de cette manière-là, et l’éducation en particulier, ce serait fantastique." Alors, je suis très, très heureux de pouvoir le faire. »

Aldo Bensadoun a cédé la direction de son entreprise à son fils David au début du mois d’avril. La passation des pouvoirs s’est déroulée sur une longue période. « Je trouve que c’est un privilège pour moi que de passer les pouvoirs à mon fils. Très peu de compagnies ont la chance de le faire. Et d’être vivant quand cette passation se fait, que ce transfert de flambeau se fait, je suis dans un sens béni. Et je remercie le bon Dieu de faire les choses telles qu’il le fait. »

Le nouveau monde du commerce de détail

La création d’une école de gestion du commerce de détail est essentielle, selon le fondateur d’Aldo.

« Aujourd’hui, dit Aldo Bensadoun, vous devez comprendre le consommateur, vous devez analyser ce consommateur, vous devez essayer de le servir de la manière dont il désire être servi, au moment où il veut être servi. Et avec le choix que le consommateur veut. »

Les fermetures de boutiques se sont multipliées au fil des dernières années avec la montée d’Amazon et des ventes sur le web. Aldo a résisté à la vague en misant sur les ventes en ligne. Aujourd’hui, près de 20 % des ventes des magasins Aldo se font sur Internet.

« C’est toujours une lutte, c’est une lutte journalière, admet Aldo Bensadoun. C’est une lutte et un investissement continuels. Nous avons jugé, il y a presque huit ou neuf ans, qu’il était très important d’investir énormément dans nos infrastructures sur le web, et c’est ce que nous faisons. »

Aldo Bensadoun affirme que le siège social de l’entreprise va demeurer à Montréal. « Le siège social, étant à Montréal, est un atout pour nous. Il y a énormément de gens de différents pays qui travaillent avec nous. L’ethnicité dans notre entreprise est énorme et c’est ce qui nous a permis de comprendre le monde. »

Repenser les impôts et les lois linguistiques

« Montréal, le Québec, c’est le monde, dit-il. Il est important de se battre et de compétitionner avec n’importe quel pays. Nous avons un pays magnifique, nous parlons plusieurs langues. Je crois que c’est au gouvernement de s’assurer [...] d’être compétitif vis-à-vis de nos voisins. »

Mais nous ne le sommes « absolument pas », dit-il.

« Les impôts que nous payons au Québec sont plus hauts. Il y a également un problème quand de jeunes personnes arrivent, que ce soit des États-Unis, d’Amérique du Sud, d’Europe en général, et que nous recherchons leur expertise; souvent, ils ne peuvent pas rester plus longtemps qu’un an ou deux ans, étant donné que leurs enfants ne peuvent pas étudier dans telle ou telle langue. »

Aldo Bensadoun est d’avis qu’il faut revoir les lois linguistiques. « Il faut absolument protéger le français, c’est absolument primordial et important. Mais, d’un autre côté, il faut regarder le français comme un atout et non pas quelque chose qui nous empêche de grandir. [...] Il faut assouplir certaines lois de manière à pouvoir attirer des gens vers nous, tout en s’assurant que le français reste notre langue première au Québec. »

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