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Un « lance-pierre » pour propulser des médicaments

La molécule se compose d’un brin d’ADN synthétique capable de transporter un médicament et de le relâcher dans l’organisme à la manière d’un élastique de lance-pierre au moment opportun.

La molécule se compose d’un brin d’ADN synthétique capable de transporter un médicament et de le relâcher dans l’organisme à la manière d’un élastique de lance-pierre au moment opportun.

Photo : Marco Tripodi

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une molécule en forme de lance-pierre faite d'ADN a été modélisée et synthétisée à l'échelle nanométrique par des chercheurs de l'Université de Montréal et leurs collègues de l'Université de Rome. Leur objectif est de propulser des médicaments à des endroits très précis du corps où se trouvent des biomarqueurs propres à une maladie.

Un texte d'Alain Labelle

Ce « lance-pierre moléculaire » est 20 000 fois plus petit qu’un cheveu humain et ne mesure que quelques nanomètres de long. Il se compose d’un brin d’ADN synthétique capable de transporter un médicament et de le relâcher au bon moment dans l’organisme à la manière de l’élastique d’un lance-pierre.

Les extrémités de cet « élastique » d’ADN sont constituées de groupes de liaison capables de se fixer à un anticorps, soit une protéine en forme de Y utilisée par le système immunitaire pour détecter et neutraliser des agents pathogènes comme des bactéries et des virus.

Quand l’élastique s’étire

Lorsque les groupements de liaison du lance-pierre reconnaissent un anticorps spécifique et se fixent à ses branches, « l’élastique » d’ADN s’étire et le médicament qu’il transporte est relâché.

L’une des propriétés les plus extraordinaires de ce lance-pierre moléculaire est qu’il réagit seulement lorsqu’un anticorps spécifique reconnaît les sites de liaison de l’élastique d’ADN.

Une citation de : Pr Francesco Ricci, Université de Rome Tor Vergata

Le chercheur explique qu’il est possible de configurer le lance-pierre pour qu’il libère un médicament donné en présence d’anticorps propres à une maladie, et ce, simplement en modifiant la structure de ces sites.

Comme les anticorps sont des biomarqueurs spécifiques de différentes maladies, les médecins cliniciens pourraient faire de cette molécule une arme redoutable à utiliser pour des traitements ciblés.

Une citation de : Pr Francesco Ricci, Université de Rome Tor Vergata

Le Pr Alexis Vallée-Bélisle, du Département de chimie de l’Université de Montréal, vante la grande adaptabilité du lance-pierre

À ce jour, nous avons seulement fait la démonstration du principe de fonctionnement du lance-pierre en le mettant en présence de trois anticorps, dont un anticorps du VIH, et en utilisant des acides nucléiques comme modèles de médicaments.

Une citation de : Pr Alexis Vallée-Bélisle

Les chercheurs sont toutefois convaincus qu’il sera facile de configurer « l’élastique » du lance-pierre pour qu’il propulse un grand nombre de molécules thérapeutiques.

La prochaine étape du projet consiste à tester le « lance-pierre » avec une maladie et un médicament particuliers afin de le tester sur des cellules in vitro. Ensuite suivront les essais sur des rongeurs et, si tout va bien, sur des humains.

Si nous parvenons à nos fins, l’efficacité des médicaments s’en trouvera grandement améliorée et leurs effets secondaires toxiques réduits.

Une citation de : Pr Francesco Ricci

Le détail de ses travaux est publié dans la revue Nature Communications (Nouvelle fenêtre).

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