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Procès de la GRC à Moncton : une gendarme ciblée par Justin Bourque se sentait seule

Martine Benoît sortant du palais de justice de Moncton

La gendarme Martine Benoît a expliqué durant son témoignage qu'elle s'était en quelque sorte sentie laissée à elle-même lors de la fusillade du 4 juin 2014 à Moncton.

Photo : CBC/Tori Weldon

Radio-Canada

Une gendarme qui a essuyé les coups de feu de Justin Bourque à Moncton, au Nouveau-Brunswick, en juin 2014, affirme qu'elle se sentait seule au moment des faits. Elle a témoigné mercredi matin au procès de la Gendarmerie royale du Canada, accusée en vertu du Code canadien du travail.

Les procédures se déroulent au palais de justice de Moncton. La cour a d'abord entendu la gendarme Martine Benoît, membre du détachement Codiac depuis 2011. Elle était en première ligne lors de la fusillade de juin 2014 pendant laquelle deux de ses collègues ont été blessés et trois autres ont été tués.

Mme Benoît a expliqué qu’elle était seule à bord de son véhicule quand Justin Bourque a fait feu sur elle.

« Les coups de feu venaient de l'avant de mon véhicule. Il semblait cibler le moteur. [...] Je voyais de la fumée sortir de mon moteur », a-t-elle relaté.

La gendarme n'a toutefois pas été blessée, et elle a appelé des renforts. Son collègue Eric Dubois est arrivé sur les lieux. Peu après, il a été blessé par balle.

Martine Benoît a souligné le fait qu'elle n'a pas reçu de directive durant les heures suivantes. Elle ne savait pas qu'elle était la prochaine étape de l'intervention policière. Elle ne savait pas à qui s'adresser. Elle aurait été en quelque sorte laissée à elle-même.

La gendarme était toujours seule dans son véhicule et elle avait peur d'être ciblée par Justin Bourque une seconde fois.

Elle ne portait pas son gilet pare-balles rigide, car elle n'y avait pas pensé en se rendant sur place. Elle l'a enfilé plus tard durant la soirée.

Douglas Larche, Dave Ross et Fabrice GevaudanAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les trois policiers tués lors de la fusillade de Moncton. De gauche à droite, Douglas Larche, Dave Ross et Fabrice Gevaudan.

Photo : GRC

La cour a ensuite commencé à entendre le témoignage du caporal Jacques Cloutier. Il agissait comme sergent intérimaire lors de la fusillade. Il était donc responsable de l'opération et des ressources déployées sur le terrain. Lorsqu'il a été informé de la mort du gendarme Fabrice Gevaudan, il a demandé l'intervention d'un hélicoptère, d'un drone et d'un groupe tactique.

Selon Jacques Cloutier, il y avait bel et bien un chef d'équipe sur le terrain. Il s'agissait de Peter MacLean.

Le caporal Cloutier est devenu émotif en expliquant que c'était lui qui avait appelé l’agent Dave Ross à son domicile pour lui demander de travailler. Justin Bourque a abattu l'agent Ross par la suite.

À un moment donné durant la soirée, a ajouté Jacques Cloutier, un supérieur a recommandé de ne plus pourchasser le tireur. M. Cloutier l’a appuyé. Les policiers s’étaient rendu compte que Justin Bourque ne s’en prenait qu’à eux, il ne tirait pas sur les résidents du quartier.

Chef d'équipe sur le terrain

Le Caporal Peter McLean agissait quant à lui comme chef d'équipe sur le terrain.

Il a affirmé qu'il se sentait sous équipé devant Justin Bourque et qu'il n'avait pas reçu de formation pour superviser des équipes en situation de fusillade.

Suivez le procès ici par l'entremise des messages Twitter de nos journalistes :

 

Lundi et mardi, d'autres policiers se sont remémorés avec beaucoup d’émotion les événements qui ont mené à la mort de leurs collègues.

La semaine dernière, des témoins de la Couronne ont mis en lumière la nécessité, selon eux, d'équiper les agents de la GRC de carabines. Certains témoins ont même fait des recommandations en ce sens dès 2010.

La GRC subit un procès pour quatre accusations non criminelles portées contre elle en vertu du Code canadien du travail. Ces accusations concernent l’équipement, la formation et la supervision.

Les accusations ne visent aucun gestionnaire ni superviseur du corps policier.

Le procès est ajourné jusqu'à lundi matin.

Avec les renseignements de Karine Godin

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