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Contre l'avis de la Turquie, Washington armera les Kurdes syriens contre l'EI

Un membre des FDS retire un drapeau du groupe armé État islamique à Tabqa, le 30 avril.

Un membre des FDS retire un drapeau du groupe armé État islamique à Tabqa, le 30 avril.

Photo : Getty Images / DELIL SOULEIMAN

Reuters

La décision des États-Unis de fournir des armes aux miliciens kurdes des Unités de protection du peuple (YPG), engagés en Syrie dans la bataille pour la reprise de Raqqa au groupe armé État islamique (EI), a provoqué la colère des dirigeants turcs.

« Nous voulons croire que nos alliés préféreront se ranger à nos côtés plutôt qu'avec une organisation terroriste », a déclaré le président Recep Tayyip Erdogan lors d'une conférence de presse à Ankara, à quelques jours de sa venue à Washington pour rencontrer Donald Trump.

La Turquie considère les YPG comme l'émanation syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), les séparatistes kurdes turcs en lutte contre Ankara depuis 1984.

Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu a déclaré un peu plus tôt que chaque arme livrée aux YPG constituait une menace pour la Turquie, alliée des États-Unis au sein de l'OTAN et de la coalition internationale de lutte contre l'EI.

Le PKK comme les YPG sont des organisations terroristes et elles n'ont aucune différence hormis leur nom. Chaque arme dont ils s'emparent est une menace pour la Turquie.

Mevlüt Cavusoglu

De leur côté, les YPG ont assuré que la décision américaine, qualifiée d'historique, apporterait rapidement des résultats.

« Nous sommes convaincus qu'à partir de maintenant, après cette décision historique, (les YPG) joueront un rôle plus important, plus influent et plus décisif dans la lutte contre le terrorisme », a déclaré le porte-parole de la milice kurde Redur Xelil dans un communiqué adressé à Reuters.

État islamique, le règne de la terreur 

Les Kurdes, clé de la victoire contre l'EI

Commentant cette mesure, le Pentagone s'est empressé de souligner qu'il considérait l'armement des forces kurdes « comme une nécessité pour assurer une nette victoire » à Raqqa, la capitale de fait de l'EI et le centre à partir duquel le groupe sunnite fondamentaliste prépare ses attentats contre les pays occidentaux.

« Nous sommes tout à fait conscients des inquiétudes de la Turquie, notre partenaire de coalition, en matière de sécurité », a déclaré la porte-parole du Pentagone Dana White dans un communiqué, alors qu'elle se trouvait en Lituanie avec le secrétaire à la Défense, James Mattis.

Les États-Unis, a-t-elle ajouté, sont « déterminés » à protéger leur « allié de l'OTAN ».

L’annonce survient alors que Tbaqa et son barrage sur l'Euphrate, dernier verrou en direction de Raqqa, vient de tomber aux mains des Forces démocratiques syriennes (FDS), au sein desquelles combattent aussi les YPG (AFP).

Des combattants des Forces démocratiques syriennes, lors d'une offensive contre le groupe armé État islamique dans le nord de la province de Raqqa, le 8 février dernier.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des combattants des Forces démocratiques syriennes, lors d'une offensive contre le groupe armé État islamique dans le nord de la province de Raqqa, le 8 février dernier.

Photo : Reuters / Rodi Said

« Faire tomber Raqqa »

Washington envoie déjà des armes à la composante arabe des Forces démocratiques syriennes (FDS), au sein desquelles combattent aussi les YPG. Washington cherchera à armer en priorité les combattants arabes de ce groupement, a indiqué Dana White.

Le matériel fourni aux FDS a vocation à être limité, est destiné à une mission précise et sera livré « au fur et à mesure que les objectifs seront atteints », a précisé la porte-parole du Pentagone.

Un responsable de l'administration américaine s'exprimant sous le sceau de l'anonymat a précisé que l'équipement militaire qui devrait être fourni aux YPG comprenait mitraillettes, armes légères, munitions et véhicules blindés.

Syrie : l'engrenage de la guerre 

L'alliance entre les États-Unis et la Turquie s'est révélée décisive dans la bataille contre l'EI en Syrie. Elle a donné à la coalition internationale accès à la base aérienne turque d'Incirlik pour mener des frappes contre les islamistes, explique-t-on.

James Mattis, qui s'exprimait devant les journalistes au Danemark avant l'annonce de l'armement des Kurdes, a souligné l'importance de l'alliance avec Ankara.

Notre intention est de travailler côte à côte avec les Turcs pour faire tomber Raqqa. Nous allons régler cela et nous allons déterminer la façon dont nous allons le faire.

James Mattis

Le chef du Pentagone a téléphoné mardi à son homologue turc Fikri Isik. On ne sait pas précisément ce qu'ils se sont dit. Selon le Pentagone, les deux ministres ont « exprimé leur soutien à la paix et à la stabilité à la fois en Irak et en Syrie ».

Ankara a longtemps fait valoir que Washington, en vue de la bataille de Raqqa, devait transférer son soutien des YPG à des rebelles syriens que la Turquie a formés et dirigés contre l'EI depuis une année.

Mais les États-Unis sont dubitatifs sur le degré d'entraînement de cette force et le nombre de ses combattants. « Les FDS, avec le soutien des États-Unis et des forces de la coalition, sont la seule force sur le terrain qui puisse s'emparer avec succès de Raqqa dans l'immédiat », a déclaré Dana White.

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