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Inondations : le retour à la normale ralenti par les pluies

Vue aérienne de terrains inondés et de maisons submergées par les eaux.

La dernière mise à jour du bilan, mercredi, fait état de 166 municipalités touchées au Québec.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Alors que l'eau a commencé à se retirer en Outaouais, la situation risque de s'aggraver en Mauricie et le long du fleuve Saint-Laurent en raison d'une nouvelle vague de précipitations prévue en fin de semaine.

De 20 à 40 millimètres de pluie doivent s’abattre sur l’est du Québec, faisant ralentir la diminution espérée des niveaux d’eau. La menace est telle que la municipalité de Yamachiche a décrété, mercredi, l’état d’urgence pour une durée de cinq jours.

Or, les précipitations annoncées ne représentent pas le seul facteur aggravant, a tenté de résumer le ministre de l’Environnement, David Heurtel, en point de presse, mercredi.

Dans le nord du Québec, on a eu l’équivalent d’un hiver et demi, donc jusqu’à 50 % de plus de neige que d’habitude.

Une citation de : David Heurtel, ministre de l'Environnement

À cet important apport d’eau engendré par la fonte s’ajoutent les marées et l’augmentation des débits. Ce cocktail météo rendra « la fin de semaine difficile du côté de la Mauricie », a prévenu M. Heurtel, assurant que les niveaux du lac St-Pierre seraient « particulièrement » surveillés au cours des prochains jours.

Le ministère aura aussi à l’œil la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, où le volume des crues a atteint un record depuis 1976. Plusieurs rivières sont toujours sous surveillance, alors que lac des Commissaires et la rivière Ouiatchouan ont atteint le seuil d'inondation mineure.

Dans le Bas-du-Fleuve, le couvert de neige est toujours présent et ajoute au ruissellement. Les municipalités de Matane, Amqui, Dégelis, Causapscal et Témiscouata-sur-le-Lac sont les plus affectées par les crues des différents affluents du fleuve.

La plus récente mise à jour du bilan, mercredi soir, fait état de 173 municipalités touchées, 4141 résidences inondées, 3033 personnes évacuées et 554 routes affectées.

En Gaspésie, la situation demeure relativement stable, mais la fonte des neiges est loin d’être terminée. La Sûreté du Québec compte profiter de la décrue de la rivière Saint-Anne pour intensifier ses recherches visant à retrouver le corps d’une fillette de deux ans, emportée dimanche par les eaux.

Le ministère des Transports s'est dit préoccupé par la situation à New Richmond, où le pont de la route 132, qui enjambe la rivière Cascaspédia, est fermé à la circulation. L’un des piliers le soutenant est endommagé par la violence des débits et le ministère redoute qu’il ne cède.

Un pneu et des déchets jonchent le sol dans les rues de Cartierville à Montréal.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'eau se retire, les déchets apparaissent.

Photo : Radio-Canada / Simon-Marc Charron

Niveaux en baisse en Outaouais et à Montréal

Après avoir procédé à l’évacuation de près de 1000 personnes la semaine dernière, les municipalités de l’Outaouais accueillent avec soulagement la baisse des niveaux d’eau observée depuis mardi, particulièrement dans le bassin versant de la rivière des Outaouais.

Le répit que connaît la région a permis au ministère des Transports de rouvrir l’autoroute 50 à Gatineau dans les deux directions, en mi-journée. L’eau s’est retirée de la travée et la chaussée a été élevée à certains endroits pour permettre le passage au-dessus de terres inondées.

Même si dans certaines régions – plus rapidement que dans d'autres – le niveau a commencé à baisser, on est quand même devant une situation où ça va perdurer un certain temps et le retour à la maison ne sera pas nécessairement demain.

Une citation de : Martin Coiteux, ministre de la Sécurité publique.

Les premiers ministres du Québec et du Canada, Philippe Couillard et Justin Trudeau, survoleront d'ailleurs les zones sinistrées de la région de Gatineau en hélicoptère, jeudi matin, avant de faire le point sur l'état de la situation.

À l’instar de l’Outaouais, le territoire montréalais a aussi connu une baisse des niveaux d’eau, qui a atteint jusqu’à 10 centimètres au lac des Deux-Montagnes. La diminution sera toutefois ralentie par la pluie prévue samedi et dimanche.

Selon le directeur du Service de sécurité des incendies, Bruno Lachance, des digues ont été construites et renforcées sans relâche au cours des dernières heures dans les secteurs inondés, soit Pierrefonds-Roxboro, Ahuntsic-Cartierville, L'Île-Bizard et l'Île Mercier.

« On est vraiment en train de reprendre le dessus », a affirmé M. Lachance, précisant que le niveau avait diminué entre 5 et 7 centimètres par rapport à la pointe atteinte dimanche dernier.

Détritus sur la rue Cousineau à Montréal

Les eaux se retirent à Montréal

Photo : Radio-Canada / Simon-Marc Charron

Des renforts militaires

Sur le terrain, les Forces armées ont fait appel à 500 réservistes de l'Ontario pour prendre la relève de l'unité d'intervention rapide de Valcartier, qui a été déployée ces derniers jours.

Les effectifs militaires présents sur le terrain au Québec se chiffraient mercredi matin à 1880 soldats.

« D'ici la fin de la journée, [...] 468 militaires supplémentaires des Forces armées canadiennes seront déployés au Québec pour un total de 2300 », a précisé le ministre du Commerce international, François-Philippe Champagne, qui doit se rendre jeudi dans sa circonscription, Saint-Maurice-Champlain, touchée par les inondations.

La Croix-Rouge a quant à elle a revu son bilan et augmenté à 2,4 millions de dollars le fonds de secours dédié au Québec, ce qui inclut les 500 000 $ accordés par le gouvernement de Philippe Couillard. La somme ne comprend toutefois pas le 1 million de dollars annoncé par Ottawa, le gouvernement fédéral n’ayant pas encore déterminé où serait réparti cet argent.

Pour faire un don au fonds spécial de la Croix-Rouge afin de venir en aide aux sinistrés des inondations, composez le 1 800 418-1111 ou rendez-vous sur le site Internet de la Croix-Rouge. Les dons sont aussi amassés dans toutes les banques et caisses populaires ainsi que dans les succursales de Métro, Super C et Rona.

Barge dans l'eau, mercredi 10 maiAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des militaires prêtent assistance à des riverains à Yamachiche.

Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme

L'argent sera au rendez-vous, promet Leitao

À son entrée au caucus libéral à Québec, le ministre des Finances, Carlos Leitao a tenu à rassurer les sinistrés qui ont encore les pieds dans l'eau. « Les fonds sont suffisants, il n’y a pas de date limite, il n’y a pas de montant prédéterminé », a déclaré le ministre Leitao.

Les programmes existent et auront les liquidités nécessaires jusqu’au bout. Il n’y a absolument aucune crainte de ce côté-là.

Une citation de : Carlos Leitao

Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a pour sa part indiqué que l’heure était à préparer la phase de rétablissement et de remise en état. Il précise que cette dernière phase de la catastrophe naturelle sera gérée par les municipalités.

« Il y aura des séances d’informations organisées dans les municipalités », a-t-il déclaré, en affirmant qu’il s’agissait du palier gouvernemental le mieux placé pour intervenir auprès de ses citoyens.

Le directeur du rétablissement à la Sécurité civile, Denis Landry, a assuré de son côté que les représentants de la Sécurité civile prendront part à toutes les réunions d'information des municipalités et accueilleront sur place les demandes d'aide des sinistrés, lesquelles recevront une réponse « dans les 24 à 72 heures ».

Gatineau doit accueillir mercredi soir la prochaine séance d'information. Les autorités doivent ensuite se rendre à Laval, jeudi, afin d’informer les sinistrés des sommes auxquelles ils auront droit.

 
Avec les informations de La Presse canadienne

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