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Inondations à Kanesatake : « l'armée, non merci »

Inondations : L'armée n'est pas la bienvenue à Kanesatake

Photo : Radio-Canada / Courtoisie: Nicole Gagnier

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une trentaine de résidences de la communauté mohawk de Kanesatake, à l'ouest de Montréal, sont inondées, mais l'aide de l'armée n'est toujours pas la bienvenue, 27 ans après la crise d'Oka.

Un texte de Karoline Benoit, d’Espaces autochtones

Comme plusieurs autres communautés du Québec et de l’Ontario, Kanesatake a été touchée par la crue des eaux exceptionnelle de ce printemps. Des débris, des effets personnels et des déchets flottent dans le village mohawk.

« L’eau a monté d’un bon 10-12 pieds, facilement. »

— Une citation de  Serge Simon, grand chef de Kanesatake

Le grand chef mohawk Serge Simon explique que le niveau de l’eau a considérablement augmenté dans le territoire situé à la confluence de la rivière des Outaouais et du lac des Deux Montagnes.

« Je n’ai pas vu ça depuis mon enfance et j’ai 56 ans. N’essayez pas de me faire croire que le changement climatique n’existe pas! »

— Une citation de  Serge Simon, grand chef de Kanesatake

« C’est terrifiant, ajoute Nicole Gagnier, une habitante de 44 ans, je n’ai jamais vu de ma vie l’eau monter si haut ».

Autoroute 344 à KanesatakeAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Photo : Radio-Canada / Courtoisie: Nicole Gagnier

Inondations à KanesatakeAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Photo : Radio-Canada / Courtoisie: Nicole Gagnier

L’armée toujours pas la bienvenue chez les Mohawks

Pour le moment, la présence de l’armée n’est pas nécessaire, a expliqué Serge Simon au gouvernement fédéral qui lui offrait l’aide des soldats.

« J’ai dit non. J’ai dit : on a tout en main, on se débrouille très bien, alors l’armée, non merci. »

— Une citation de  Serge Simon, grand chef de Kanesatake

Il soutient que plusieurs membres de Kanesatake sont « très nerveux quand ils voient l’armée », et sont « très réticents envers l’armée depuis la crise d’Oka ».

« Ça me fait toujours trembler, c’est résiduel depuis 1990 », témoigne Nicole Gagnier. « Je n’arrive pas à surmonter ce sentiment d’anxiété quand je les vois, quand je sens la vibration des hélices des hélicoptères dans le ciel ».

Des maisons à protéger

Nicole Gagnier raconte avoir vu plusieurs maisons complètement détruites par l’eau. C’est le cas notamment de la maison de Gary Carbonnell, qui était une « cause perdue », selon le chef.

« Je me sentais impuissant » à protéger la résidence complètement entourée d’eau, se désole-t-il.

« C’est horrible de voir que certains doivent abandonner leurs résidences, ajoute Nicole Gagnier, mais ça ne servait à rien d’essayer de sauver la maison [de Gary Carbonnell] ».

Inondations KanesatakeAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Photo : Radio-Canada / Courtoisie: Nicole Gagnier

Sur la trentaine de maisons inondées, huit étaient dans un état si lamentable que les résidents ont dû être évacués dans des refuges situés dans les environs. Heureusement, explique le chef, il ne s’agissait pas de grosses familles.

Mais certains refusent de perdre la bataille contre l’eau. C’est le cas entre autres d’une amie de Nicole Gagnier qui refuse de quitter sa maison, même si l’eau a complètement submergé son sous-sol et atteint maintenant le niveau du rez-de-chaussée.

« Elle ne veut pas quitter sa maison, elle veut essayer de contrôler la situation le plus possible. »

— Une citation de  Nicole Gagnier, habitante de Kanesatake
Le sous-sol d'une maison inondée à ras bord Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le sous-sol d'une maison inondée à ras bord

Photo : Radio-Canada / Courtoisie: Nicole Gagnier

Le chemin pour se rendre à une maison inondée à KanesatakeAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Photo : Radio-Canada / Courtoisie: Nicole Gagnier

Et les membres de la communauté sont là pour l’aider. Ils tentent toujours du mieux qu’ils peuvent de sauver les maisons en érigeant des murets avec des grosses poches de sable.

« Les gens travaillent sans répit depuis jeudi pour aider les autres à sauver leurs maisons », affirme Nicole Gagnier qui a elle-même mis l’épaule à la roue. « Mes enfants et moi avons rempli les sacs de sable. J’ai aussi aidé à les charger dans les camionnettes et à les distribuer. »

Les enfants de Nicole Gagnier remplissent des sacs de sableAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Photo : Radio-Canada / Courtoisie: Nicole Gagnier

« Hier, je suis allée aider une aînée. Son muret fait de sacs de sable s’était écroulé. Nous nous sommes précipités pour l’aider », ajoute-t-elle.

« Je suis extrêmement fier de ma communauté. En mes six ans comme grand chef, c’est le moment [dont je suis] le plus fier. »

— Une citation de  Serge Simon, grand chef de Kanesatake

Le grand chef Simon est vraiment satisfait de l’entraide dont ont fait preuve les membres de Kanesatake. « Il y a du monde qui ne s’aime pas beaucoup, et ils travaillaient côte à côte pour aider les autres », se réjouit-il.

Les Mohawks de Kahnawake en renfort

Et pour leur donner un coup de main supplémentaire, le service des mesures d’urgence de la communauté de Kahnawake a envoyé une trentaine de personnes à Kanesatake pour aider les sinistrés à remplir les sacs de sable et à en faire la livraison.

« Je suis très fier d’eux pour nous avoir prêté main-forte, dit le grand chef Simon, parce qu’il y a des petites chicanes entre nous et le conseil mohawk de Kahnawake en ce moment, et on a mis ça de côté pour le bien-être des autres. »

« C’est très apprécié de voir les deux communautés mohawks se tenir ensemble durant un désastre naturel. »

— Une citation de  Serge Simon, grand chef de Kanesatake

« Ça fait chaud au cœur de recevoir l’aide de notre communauté-sœur de Kahnawake », ajoute Nicole Gagnier. « Malgré nos différends, nous sommes capables de nous unir pour aider les autres ».

Des membres de la communauté de Kahnawake venus aider ceux de KanesatakeAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Photo : Radio-Canada / Courtoisie: Nicole Gagnier

 

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