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Procès de la GRC à Moncton : une gendarme raconte comment, blessée, elle a échappé à Justin Bourque

La gendarme Darlene Goguen

La gendarme Darlene Goguen

Photo : GRC

Radio-Canada

Une agente de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a raconté en cour qu'elle sentait son sang couler tandis qu'elle fuyait le tireur qui avait fait feu sur elle deux fois et abattu trois autres agents durant la fusillade de Moncton, au Nouveau-Brunswick, en 2014.

L’agente Darlene Goguen a témoigné, mardi, au palais de justice de Moncton, dans le cadre du procès de la GRC pour des accusations liées au Code canadien du travail.

Darlene Goguen et un collègue ont été blessés par balle durant les événements de juin 2014. Trois autres agents ont été abattus.

Elle n'a pas pu retenir ses larmes en expliquant comment Justin Bourque a fait feu sur son véhicule. Elle a été touchée au bras et à la nuque. Celle qui travaille toujours au détachement sud-est de la GRC a pensé mourir sous les balles du tueur.

Quelques secondes plus tard, un coup de feu fracasse la fenêtre du véhicule. Je suis la cible, c'est moi qu'il veut.

Darlene Goguen

Au moment des faits, a-t-elle expliqué avec la voix brisée par l’émotion, elle avait peur que le tireur prenne aussi pour cible tout autre agent qui serait venu à son secours. Elle a alors pensé qu’elle devait conduire aussi loin que possible.

Trois autres policiers qui sont intervenus dans le quartier nord de Moncton le soir de la fusillade du 4 juin 2014 ont aussi témoigné, mardi.

Le témoin Erik White a raconté qu'il savait qu'il ne faisait pas le poids avec son pistolet contre Justin Bourque. Il a eu un contact visuel avec le tueur et il s'est ensuite caché derrière le véhicule. Il affirme qu'avec une carabine, le dénouement aurait pu être tout autre. Le gendarme White a gardé son calme tout au long du témoignage. Il est le seul policier à avoir dit pour l'instant que les gilets pare-balles rigides étaient aussi simples qu'un « jeu d'enfant ». Il ne se souvient toutefois pas l'avoir utilisé lors des événements du 4 juin.

Douglas Larche, Dave Ross et Fabrice Gevaudan.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les trois policiers tués lors de la fusillade de Moncton. De gauche à droite, Douglas Larche, Dave Ross et Fabrice Gevaudan.

Photo : GRC

Une autre témoin, Shelly Mitchell, était aussi sur les lieux le 4 juin. Elle travaille toujours à la GRC Codiac, mais elle n'est plus sur le terrain depuis la fusillade. C'était clairement difficile pour elle de revenir sur les événements. Elle a pleuré en parlant de l'agent Dave Ross, qu'elle a vu au sol. Elle n'avait pas mis de gilet pare-balles rigide, car elle ne s'était pas familiarisée avec leur utilisation.

Andrew Johnstone, un autre témoin, connaissait bien ce quartier étant donné qu'il y travaillait souvent. En y arrivant, a-t-il expliqué, il a garé son véhcule près d'un secteur boisé emprunté par le tireur. Il a vu ce dernier courir dans une rue et, peu après, il a entendu des coups de feu.

Le gendarme Fabrice Gevaudan avait été atteint. Andrew Johnstone a aidé deux collègues à le traîner dans un garage pour tenter des manoeuvres de réanimation. Les ambulanciers ne voulaient pas se rendre sur place à ce moment-là à cause des risques.

Les trois gendarmes ont repris leur cheminement dans le quartier où beaucoup de gens étaient sortis pour la « première belle journée de l'été », selon les mots du gendarme Johnstone.

C'est alors qu'Andrew Johnstone a découvert son collègue Dave Ross près de son véhicule. Il avait été atteint à la tête.

Un gilet mis à l'envers

Dans le courant de la soirée, le gendarme Johnstone avait décidé de remplacer le gilet pare-balles souple qu'il avait d'abord enfilé par le gilet pare-balles rigide qui se trouvait dans sa voiture. Il avait pu constater que le gilet souple n'avait pas protégé Fabrice Gevaudan.

Il n'avait toutefois pas reçu d'instructions sur la bonne façon de mettre un gilet rigide et a été informé, à la fin de la soirée, qu'il l'avait mis à l'envers.

En contre-interrogatoire, la défense l'a interrogé sur un courriel envoyé aux policiers concernant le gilet rigide. Andrew Johnstone ne se rappelle pas l'avoir reçu. Le courriel expliquait aux membres de la GRC qu'ils devaient se familiariser avec les gilets pare-balles rigides.

Andrew Johnstone a expliqué que dans le feu de l'action, il ne se souvenait plus comment mettre le gilet. « Avant de [le] mettre, j'avais tenté de réanimer un ami. Ensuite j'ai vu le corps d'un autre ami. »

Suivez le procès ici par l'entremise des messages Twitter de nos journalistes :

 

Lundi, deux autres policiers se sont remémorés avec beaucoup d’émotion les événements qui ont mené à la mort de trois collègues lors de la fusillade de Moncton.

La semaine dernière, des témoins de la Couronne ont mis en lumière la nécessité, selon eux, d'équiper les agents de la GRC de carabines. Certains témoins ont même fait des recommandations en ce sens dès 2010.

La GRC subit un procès pour quatre accusations non criminelles portées contre elle en vertu du Code canadien du travail. Elles concernent l’équipement, la formation et la supervision.

Les accusations ne visent aucun gestionnaire ni superviseur du corps policier.

Notre dossier 
Avec les informations de La Presse canadienne

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Nouveau-Brunswick

Justice et faits divers