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Vivre au bord de la mer : combien de temps encore?

Morceaux de bois devant les commerces

La tempête de janvier 2016 a laissé une cicatrice au coeur de la ville touristique de Percé.

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Dans certaines municipalités de la Gaspésie et du Bas-Saint-Laurent, le bord de mer se pose désormais comme un défi pour ceux qui l'ont choisi comme milieu de vie. Avoir la plage comme arrière-cour comporte des risques qui enflent avec la montée des eaux et le réchauffement du climat. Plusieurs riverains ont choisi la mer, pour le meilleur. Ils n'ont souvent pas vu venir le pire.

Un texte de Joane Bérubé

Ceux qui résident le long du fleuve le constatent. L’eau monte et la plage part en petits et gros morceaux : falaise emportée par la marée ou sable et galets charriés par la vague.

Loin des berges, l'érosion est souvent une réalité de chiffres, que ce soit ceux du réchauffement climatique, de la montée prévisible des eaux ou des montants qu’il faudra débourser pour s’en prémunir ou réparer les dégâts.

Pour les habitants de la côte, à l’est du Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie, l’érosion, c’est une réalité d’émotions teintées de fatalité.

Maison de Michel Hébert et Denise MichaudAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Maison de Michel Hébert et Denise Michaud

Photo : AFP

Ces jolis bâtiments que l’on admire en bord de mer, ce sont les leurs.

Les touristes les envient. Pourtant, vivre sur les berges du Saint-Laurent en Gaspésie et au Bas-Saint-Laurent comporte son lot de vulnérabilité et de préoccupations.

Il y a ces marées qui sont de plus en plus hautes, puis ces dangereux hivers sans glace qui rendent les tempêtes d’automne plus virulentes, plus dommageables.

Tout bouge rapidement pour ces gens aux premières loges des changements climatiques et de l’érosion. La tempête du 6 décembre 2010 a lancé les préliminaires. Les bourrasques de 2016 ont confirmé la mouvance.

Des experts de la Chaire de recherche en géoscience côtière de l’UQAR ont calculé le déplacement moyen de la ligne de côte. Ces données indiquent que la Côte-Nord perd, en moyenne, 63 centimètres de terrain chaque année le long de la côte. Cette perte moyenne annuelle est de 30 centimètres en Gaspésie, 73 centimètres aux Îles-de-la-Madeleine et 39 centimètres au Bas-Saint-Laurent.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des experts de la Chaire de recherche en géoscience côtière de l’UQAR ont calculé le déplacement moyen de la ligne de côte. Ces données indiquent que la Côte-Nord perd, en moyenne, 63 centimètres de terrain chaque année le long de la côte. Cette perte moyenne annuelle est de 30 centimètres en Gaspésie, 73 centimètres aux Îles-de-la-Madeleine, et 39 centimètres au Bas-Saint-Laurent.

Photo : Radio-Canada

Les déferlements qui paraissaient impensables ou rarissimes il y a 20 ans sont devenus à tout le moins probables, sinon fréquents.

Diminution du couvert de glace, hausse du niveau de l'eau, augmentation du nombre de tempêtes, les causes sont connues et les impacts anticipés.

D’ici un peu plus de 30 ans, 70 km de route et plus d’une centaine de bâtiments seront directement menacés par l’érosion, et ce, seulement en Haute-Gaspésie.

Déjà, au fil des ans, des maisons ont disparu, démolies ou déménagées loin des berges. D’autres le seront l’an prochain, dans 10 ans et dans 40 ans.

Au-delà des chiffres et des probabilités, il y a des histoires de vie, rythmées par les emportements du fleuve et des grandes marées, mais aussi par la mer étale.

Le grand basculement

Guillaume Gagnon, du Centre d'art Marcel-GagnonAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Guillaume Gagnon du Centre d'art Marcel-Gagnon

Photo : Radio-Canada

À l’entrée de la Gaspésie touristique, à Sainte-Flavie, on ne manque pas de remarquer cette oeuvre d’art, baptisée le Grand Dérangement, formée d’une kyrielle de personnages gris, moulés dans le béton, un peu voûtés, qui marchent vers la mer. L’image est forte. Les guides Ulysse l’ont d’ailleurs choisie pour illustrer le guide Québec l’an dernier.

Le propriétaire du Centre d’art Marcel-Gagnon, Guillaume Gagnon, a par contre l’impression depuis 2010 que c’est maintenant la mer qui marche vers lui. Le 6 décembre 2010... pour lire la suite


Quand la mer part avec la falaise

Alcide Clavet, de CloridormeAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Alcide Clavet de Cloridorme

Photo : Radio-Canada

Alcide Clavet est né à Cloridorme, sur le bord de la mer. Bûcheron, opérateur forestier, il a construit sa maison sur le bord de la falaise en 1960.

Il l’a perdue en 2011. Elle a été démolie dans la foulée de la tempête de 2010.

M. Clavet n’était pas dupe et savait bien que juchée ainsi sur l’escarpement, la petite maison ne tiendrait pas le coup contre l’assaut des marées. Dès 1988, il avait entrepris des démarches pour... pour lire la suite


La mer cognait contre le mur

Marielle Lemieux, de Mont-LouisAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Marielle Lemieux de Mont-Louis

Photo : Radio-Canada

Ce n’est pas d’hier que la mer frappe aux portes des maisons en Gaspésie.

Novembre 1954, Mont-Louis, trois bâtiments, situés au coeur du village, dont un hôtel, sont menacés par l’érosion. Ils devront être déménagés sur ordre du gouvernement Duplessis. Marielle Lemieux avait 17 ans et l’un de ces bâtiments était l’hôtel exploité par ses parents.

Mais, le golfe n’a pas dit son dernier mot et avant que les travaux de déménagement commencent, la famille devra... pour lire la suite



La banquise a disparu

Michel Côté, résident de Matane-sur-MerAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Michel Côté, résident de Matane-sur-Mer

Photo : Radio-Canada

Michel Côté, né à Matane, a vécu sa jeunesse sur le bord de la mer. Sa conjointe aussi. Ils ont choisi d’y passer leur vie adulte.

Petit, Michel Côté habitait à quelques encablures de la sortie ouest de Matane-sur-Mer, où il fera construire sa maison en 1979. Au printemps, il jouait sur les glaces échouées sur la grève. « On appelait ça des icebergs », dit-il en riant.

N’empêche, ces glaces qui fondaient tranquillement sous le soleil de mai, ils ne les voient plus. La banquise s’installe tardivement et certains hivers... pour lire la suite



Sous l’oeil du photographe

Michel Hébert et sa femme, Denise MichaudAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Michel Hébert et sa emme, Denise Michaud.

Photo : Radio-Canada

Originaire de Saint-Hyacinthe, Michel Hébert habite depuis 41 ans sur les rives du Saint-Laurent. Vivre en Gaspésie est un choix pour lui et sa femme, Denise Michaud, qui vient de La Sarre, en Abitibi

« Ça s’est fait dès le premier voyage et on ne l’a jamais regretté », lance Denise Michaud.

L’ancienne maison de ferme centenaire qu’ils habitent depuis 1970 est la première maison sur le bord du fleuve de Tartigou jusqu’à Baie-des-Sables, cinq à six kilomètres plus à l’est. La maison, assise sur une pointe qui s’avance dans le fleuve, a même été déménagée... pour lire la suite



Un dernier repos sous la menace des vagues

Calvaire du cimetière de Petit-MataneAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Calvaire du cimetière de Petit-Matane

Photo : Radio-Canada


« Juste au bord de la mer à deux pas des flots bleus, creusez si c'est possible un petit trou moelleux », chantait Georges Brassens dans Supplique pour être enterré sur la plage de Sète.

Au cimetière de Petit-Matane, ils sont environ 500 à dormir de leur dernier sommeil sous le clapotis de l’onde.

Aller visiter la tombe d’un parent, d’un ami, c’est aussi porter un regard sur le golfe et possiblement descendre sur la plage. « Il a sans doute été mis là pour ça aussi », commente Gaston Roussel, qui est devenu le 1er janvier gestionnaire des cimetières de Matane et de Petit-Matane, un village maintenant jumelé à la Ville de Matane. En acceptant la charge, M. Roussel a hérité... pour lire la suite


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