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La Colombie-Britannique élit un gouvernement libéral minoritaire

Cendrix Bouchard revient sur les résultats du scrutin.

Les libéraux de la Colombie-Britannique ont gardé la main sur le pouvoir au terme d'une course longue et serrée, mais le résultat final pourrait changer la donne dans les semaines à venir.

Un texte de Fanny Bédard

Les libéraux ont élu 43 candidats, suivi du NPD, avec 41, tandis que les verts ont réussi une percée historique avec 3 députés. Les élus verts détiennent la balance du pouvoir, puisqu'il faut 44 sièges pour obtenir une majorité en Colombie-Britannique. Les électeurs devront toutefois patienter avant de savoir qui formera véritablement le gouvernement, compte tenu des recomptages prévus et du jeu des alliances.

La province n’a pas connu de gouvernement minoritaire depuis 1953. Selon Elections BC, 56 % des Britanno-Colombiens enregistrés se sont prononcés à l'occasion de cette 41e élection générale en Colombie-Britannique.

Toutefois, les suffrages de plusieurs circonscriptions devront être recomptés, y compris dans celle de Courtenay-Comox, que le NPD a remportée par seulement 9 voix, et les bulletins de vote à distance doivent encore être pris en compte. Un seul revirement de siège vers le Parti libéral accorderait à ce dernier la majorité.

Cela signifie que les yeux sont maintenant tournés vers le comptage final. Elections BC s'y attellera du 22 au 24 mai.

Tous « gagnants »

La nuit dernière, les dirigeants des trois principaux partis ont livré des discours optimistes, alors que leur destin demeure finalement incertain.

La chef libérale et première ministre sortante, Christy Clark, a été la première à prendre la parole après avoir attendu pendant plusieurs heures les résultats du vote. « Il y a des choses qui ne se passent qu’ici en Colombie-Britannique », a-t-elle dit.

« Ce soir est le début de quelque chose de très différent, a-t-elle lancé. Les Britanno-Colombiens nous ont dit qu’ils voulaient que nous fassions les choses différemment. Ils veulent que nous travaillions ensemble. »

Nous avons gagné le vote populaire et le plus grand nombre de sièges et, avec les bulletins de vote des électeurs absents, j’ai bon espoir que notre victoire sera renforcée.

Christy Clark, chef libérale

Christy Clark est la première femme première ministre à être reportée au pouvoir au Canada.

De son côté, le chef néo-démocrate, John Horgan, a affirmé que la majorité a voté pour un nouveau gouvernement. « Ç'a été une nuit très longue », a-t-il déclaré.

« Les Britanno-Colombiens ont attendu 16 ans pour un gouvernement qui travaille pour eux et je vais vous demander d’attendre encore un peu jusqu’à ce que tous les votes soient comptés et que les résultats soient connus », a ajouté M. Horgan.

John Horgan, chef du NPD, lors de son discours le 9 mai, après l'annonce d'un gouvernement libéral minoritaireJohn Horgan, chef du NPD, lors de son discours le 9 mai, après l'annonce d'un gouvernement libéral minoritaire Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

Une première pour les verts

Avec ses trois élus, le Parti vert de la Colombie-Britannique détient la balance du pouvoir. Son chef, Andrew Weaver, n'a pas précisé avec qui il entend travailler. Il a toutefois posé une condition à ceux qui voudraient l'appui de son parti : une réforme de la loi sur le financement des partis pour bannir les dons des entreprises et des syndicats.

Dans les jours à venir, il y aura beaucoup de discussions entre les partis, mais maintenant, ce n’est pas le moment de discuter, c’est le moment de fêter pour tous les verts en Amérique du Nord.

Andrew Weaver, chef des verts
Andrew Weaver, le chef du Parti vert de la Colombie-Britannique, n'a pas précisé avec quel parti il travaillera à l'issue du vote dans la provinceAndrew Weaver, le chef du Parti vert de la Colombie-Britannique, n'a pas précisé avec quel parti il travaillera à l'issue du vote dans la province Photo : La Presse canadienne / Chad Hipolito

Une coalition possible?

Le résultat signifie que Christy Clark a la priorité pour former un gouvernement. Toutefois, même si son parti a remporté le plus de sièges, verts et néo-démocrates peuvent s’allier pour la renverser.

Le politologue David Moscrop note qu’au Canada la lieutenante-gouverneure est obligée de donner à la première ministre sortante la possibilité de montrer qu’elle a encore la confiance de l’Assemblée après l’élection.

« Dans le cas où les libéraux ont le plus de sièges, mais que le Nouveau Parti démocratique et les verts en arrivent à une entente et qu’ils peuvent montrer qu’ils ont la confiance de l’Assemblée, ils pourraient gouverner », rappelle toutefois David Moscrop.

Les libéraux et l'appui possible des verts

Même si les libéraux sont les grands gagnants du système actuel de financement des partis politiques, il est concevable qu'ils puissent s'entendre avec les verts sur l'élimination des dons des entreprises et des syndicats. Le programme libéral contient une promesse de nommer un comité indépendant pour revoir ce financement.

D'autres promesses libérales, comme celle de maintenir un gel sur la taxe carbone jusqu'en 2021, pourraient toutefois les mettre en conflit direct avec le parti qui détient la balance du pouvoir.

Autres promesses libérales :

  • Geler les impôts des contribuables;
  • investir 2 milliards de dollars en immobilisation sur trois ans dans les écoles;
  • réduire les primes d'assurance maladie de 50 % par adulte pour les foyers gagnant 120 000 $ par an ou moins, dès janvier 2018, pour ensuite les éliminer à une date inconnue;
  • limiter les frais de péage sur les ponts à 500 $ par année;
  • imposer une taxe sur le charbon thermique américain en représailles aux droits compensatoires sur le bois d’oeuvre canadien si le gouvernement fédéral n’interdit pas le transport du produit vers les ports de la province.

Christy Clark, en bref

  • Née le 29 octobre 1965 à Burnaby
  • Chef du Parti libéral depuis le 26 février 2011
  • Députée de Kelowna West depuis 2013, après avoir été défaite dans la circonscription de Vancouver Point-Grey aux dernières élections générales
  • En mars 2016, elle devient la femme qui a dirigé le plus longtemps une province canadienne


À lire
 : Portrait : Christy Clark, politicienne avant tout

Ces élections générales ont été officiellement déclenchées le 11 avril, après de nombreux mois de campagne électorale non officielle, puisque la Colombie-Britannique tient ses élections à date fixe. Les trois principaux partis en avaient ainsi profité pour se positionner sur de nombreux enjeux, le Parti libéral ayant présenté un budget à saveur électoraliste en vue du 9 mai, en misant notamment sur la bonne posture financière de la province, après un gouvernement libéral de 16 ans.

Au moment de la dissolution de l’Assemblée législative, le Parti libéral détenait 47 sièges, le NPD 35, le Parti vert 1 et 2 sièges étaient occupés par des députés indépendants. Pour cette élection, deux nouvelles circonscriptions sont ajoutées pour un total de 87 députés à élire. Pour obtenir la majorité, un parti doit obtenir 44 sièges.

 

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