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Avec toute cette pluie, les réservoirs sont pleins

Intervention des services d'incendie de Montréal dans le secteur de l'île Mercier

Photo : Radio-Canada / Charles Contant

Radio-Canada

Les grands réservoirs du sud du Québec ont atteint leur capacité maximale et ne pourront pas retenir les précipitations à venir, prévient Hydro-Québec. La société d'État entrevoit des choix difficiles dans les jours prochains.

Un texte de René Saint-Louis

Les crues des rivières Gatineau, des Outaouais et Saint-Maurice peuvent être contrôlées par des réservoirs. Les niveaux d'eau sont abaissés en hiver pour permettre aux réservoirs de retenir l'eau qui provient de la fonte des neiges et des précipitations printanières.

Pour la région de l'Outaouais, ces réservoirs sont le Baskatong, le Cabonga, le Dozois, le Decelles ainsi que le réservoir du Poisson blanc.

Ces réservoirs sont déjà au maximum de leur capacité ou s'en approchent grandement. Le responsable de la planification de la production chez Hydro-Québec, Pierre-Marc Rondeau, entrevoit donc des choix difficiles à faire dans les jours prochains.

« On possède partout sur le bassin des codes d'inondation, à savoir mineure ou majeure, et actuellement on se doit de prendre des décisions. Est-ce qu'on continue à emmagasiner de l'eau? Est-ce qu'on continue à en sortir un peu plus? Est-ce que c'est un autre réservoir qui va aider l'archipel de Montréal ou la région de Gatineau? Donc, c’est le genre de décisions auxquelles on est confrontés. »

Pour l'instant, l'un des plus grands réservoirs, le Baskatong, dont la superficie est de 320 kilomètres carrés, peut encore recevoir des précipitations. Son niveau est en ce moment à 220  mètres (mesuré en altitude) alors qu'il peut monter à 223 mètres avant de déborder.

Cette marge de manoeuvre a été obtenue après avoir pris la décision, le 1er mai, d'ouvrir les vannes du barrage Mercier pour abaisser le niveau du Baskatong. Le débit du barrage est passé à 700  mètres cubes par seconde alors qu'il est normalement à 250.

Cette décision n’était pas sans conséquences. Cela a entraîné une hausse du niveau de la rivière Gatineau et a provoqué des inondations à Maniwaki.

Les grands réservoirs du sud du Québec

Les grands réservoirs du sud du Québec

Photo : Radio-Canada avec Esri

Si aujourd'hui le réservoir Baskatong avait été plein, on ne pourrait plus retenir de l'eau et on serait obligé de sortir 1500 mètres cubes par seconde. Un tel débit sur la rivière Gatineau aurait des conséquences dramatiques pour les gens.

Pierre-Marc Rondeau, responsable de la planification de la production chez Hydro-Québec

L'eau de la rivière Gatineau se retrouve dans la rivière des Outaouais qui, elle, termine sa course dans le lac des Deux Montagnes, à l'ouest de Montréal.

La gestion la plus responsable

Le seul barrage qui permet un peu de contrôler le débit de la rivière des Outaouais est la centrale Carillon, à 30 kilomètres à l’ouest de Montréal. Carillon est cependant une centrale construite au fil de l'eau, ce qui veut dire qu'elle n'a pas de bassin de rétention. Le contrôle que le barrage peut exercer sur le débit de la rivière se calcule donc en heures.

Mardi, Hydro-Québec a été obligée d’ouvrir les vannes du barrage, en raison de l'augmentation du débit de la rivière des Outaouais. Les premières inondations à Montréal ont commencé dans la nuit de mardi à mercredi.

Le responsable de la planification de la production chez Hydro-Québec, Pierre-Marc Rondeau, tient à bien expliquer le lien de cause à effet. « C'est la montée des apports en eau au barrage de Carillon qui a demandé d'ouvrir les portes », précise-t-il.

Le débit à Carillon était de 5500 mètres cubes par seconde le 1er mai. Le 2 mai, il est passé à 7000 mètres cubes par seconde. Et il dépassera ce week-end les 9000 mètres cubes par seconde, selon la Commission de planification de la régularisation de la rivière des Outaouais, commission à laquelle participe Hydro-Québec.

La Commission de planification de la régularisation de la rivière des Outaouais a été créée par les gouvernements du Canada, du Québec et de l'Ontario à la suite des inondations de 1974. Son mandat est de prévenir les débordements le long de la rivière des Outaouais et de ses affluents, particulièrement dans la région de Montréal, précise-t-on sur le site Internet de la commission. Elle doit aussi préserver les intérêts des différents utilisateurs de l'eau, spécialement ceux qui ont trait à la production d'énergie hydroélectrique.

Justice et faits divers