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Une loi pour encourager les bons samaritains à signaler les surdoses

Des secouristes sont accroupis pour traiter un homme étendu au sol, sur le dos, dans une ruelle dont les murs sont couverts de graffiti.

Un homme fait une surdose dans une ruelle du quartier Downtown Eastside à Vancouver.

Photo : Marché du DTES

Radio-Canada

Une nouvelle loi fédérale vise à réduire le nombre de surdoses mortelles liées aux opioïdes et aux autres drogues, en limitant les accusations qui peuvent être portées contre les bons samaritains.

Un texte de Maryse Bernard avec des informations de Geneviève Milord

Le gouvernement canadien a adopté jeudi la Loi sur les bons samaritains secourant les victimes. Elle offre une immunité contre des accusations de possession simple d’une substance contrôlée pour les personnes qui composent le 911 pour eux-mêmes ou une autre personne en état de surdose.

Des premiers répondants interviennent lors d'une surdose à Vancouver.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des premiers répondant interviennent lors d'une surdose à Vancouver.

Photo : CBC

Le député libéral britanno-colombien Rob McKinnon a déposé le projet de loi à la Chambre des communes l’année dernière, en réponse à la crise des surdoses d’opioïdes dans sa province.

Il soutient que la loi sauvera des vies partout au pays. « Les gens savent que leurs voisins et leurs communautés font face au problème de surdoses mortelles. Ils comprennent qu’ils doivent agir », affirme-t-il.

Éliminer la crainte de l'intervention policière

Santé Canada explique dans un communiqué que, souvent, les témoins d’une surdose ne téléphonent pas au 911, par crainte de faire l’objet d’accusations de possession de drogues.

« Pendant une surdose, un appel au 911 peut souvent faire la différence entre la vie et la mort. Nous espérons que cette nouvelle loi, la protection légale qu’elle offre, contribuera à encourager les personnes qui vivent une surdose ou qui sont témoins d’une surdose à faire cet appel important et à sauver une vie », affirme la ministre de la Santé, Jane Philpott, dans le communiqué.

Elle indique que la loi accorde aussi l’immunité contre les accusations concernant la violation des conditions d’une mise en liberté conditionnelle, d’une ordonnance de probation, d’une peine conditionnelle ou d’une libération conditionnelle liées à une possession simple.

M. McKinnon, qui représente la circonscription Coquitlam-Port Coquitlam, dans la région métropolitaine de Vancouver, ajoute que l’exemption ne s’appliquera pas aux accusations de trafic de drogues ou de conduite avec facultés affaiblies.

Réactions partagées en C.-B.

Le Dr Brian Conway, directeur médical au Centre des maladies infectieuses de Vancouver, estime que la nouvelle loi représente une lueur d’espoir.

Le directeur médical du Centre des maladies infectieuses de Vancouver, Brian ConwayAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le Dr Brian Conway

Photo : Radio-Canada / Lyssia Baldini

Un an après la mise en place de l’état d’urgence sanitaire en Colombie-Britannique en raison de la crise des opioïdes, le nombre de surdoses ne cesse d’augmenter.

« On a un gros problème, et les solutions novatrices s'imposent pour encourager les gens à chercher de l'aide dans des situations aussi désespérées que des surdoses potentielles aux opiacés. C'est quelque chose qui doit être encouragé. Donc, c'est un projet de loi qui m'encourage », affirme-t-il.

De son côté, l'avocat en droit de la santé Louis Letellier de St-Just relativise l'immunité offerte par la loi.

« Si on se retrouve dans un domicile où il y a une quantité énorme d'opioïdes aux fins de trafic, l'accusation de trafic va probablement peser contre cette personne, mais plus l’accusation de possession simple », dit-il.

Des chiffres perturbants dans l'Ouest canadien

En 2016, plus de 900 personnes sont mortes de surdoses de drogues illicites en Colombie-Britannique.

Dans près de 60 % des cas, des traces de fentanyl ont été détectées, soit le double de l’année 2015.

Le nombre de personnes qui meurent de surdoses liées au fentanyl continue aussi de grimper en Alberta. Cet opioïde dévastateur a causé au moins 343 décès en 2016, soit un tiers de plus qu’en 2015.

Tableau sur les décès par surdose en 2016 : la présence de fentanylAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Décès par surdose en 2016 : présence de fentanyl

Photo : Radio-Canada

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