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Le Danemark et sa recette du bonheur

Copenhague

Copenhague

Photo : Radio-Canada / Janic Tremblay

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Pour mieux comprendre le bonheur danois, nous sommes allés dans la capitale, Copenhague. Mais tout n'est pas parfait au « pays du bonheur ».

Un texte de Janic Tremblay, à Désautels le dimanche

Une pluie printanière se vaporise doucement sur Copenhague en cette fin de matinée de semaine. Rien de très intense. Juste une sorte de grisaille humide. Les Danois en ont l’habitude. Parfois, le soleil ne se montre pas de la semaine, dans ce pays d’Europe du Nord. Cela n’empêche pas plusieurs commerces d’afficher presque complet.

Petit pied de nez aux nuages qui se sont installés. La vie continue. C’est le cas chez Bevars, où la clientèle s’anime et discute ferme en sirotant cafés, thés et bières.

Deux femmes discutent chez Bevars, bistrot à CopenhagueAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Photo : Radio-Canada / Janic Tremblay

Dans un coin, il y a Ève Choquette. La Québécoise qui en est à ses dernières semaines de grossesse respire le bien-être. Mais, sa plénitude a peut-être aussi un lien avec le Danemark. Il y a cinq ans, cette ancienne employée du Cirque du Soleil a tout quitté pour carrément venir vivre au « pays du bonheur » selon le palmarès. Un aller simple qu’elle n’a jamais regretté.

Pour elle, des tas de choses expliquent le bonheur danois. Elle parle du fameux hygge, cet art de vivre qui décrit un état d’esprit où le confort, l’amitié, la proximité et l’authenticité occupent une grande place.

Ève ChoquetteAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Photo : Radio-Canada / Janic Tremblay

« Les gens se respectent beaucoup aussi. Ils ne communiquent pas beaucoup, mais sont très conscients les uns des autres. Ils sont gentils et vont toujours aider si on a besoin, mais sinon c’est la règle du vivre et laisser vivre. »

— Une citation de  Ève Choquette, une Québécoise installée au Danemark

Mme Choquette poursuit en expliquant que le Danemark est une vraie société égalitaire où les gens ont des revenus très comparables, à un point tel que les salaires ne font jamais l’objet de discussion. L’éducation est une valeur importante aussi. Tellement importante que les étudiants sont payés pendant leurs études universitaires.

Et puis, il y a aussi la ville de Copenhague qu’elle trouve inspirante. Notamment parce qu’elle est sécuritaire, belle, propre et où le respect de l’environnement occupe une place prépondérante. « C’est une ville tranquille, simple et efficace. Il y a plein d’avantages à être ici, mais pour moi c’est surtout que c’est facile de vivre. Tout est à proximité et on peut tout faire à vélo grâce aux nombreuses pistes cyclables. »

CopenhagueAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Copenhague

Photo : Radio-Canada / Janic Tremblay

Étudier le bonheur

En fait, le bonheur est tellement important au Danemark qu’on y trouve même un institut de recherche sur la question. Le lieu ne correspond toutefois pas du tout à l’idée que l’on peut se faire d’un tel endroit et n’a vraiment rien à voir avec un laboratoire. La lumière naturelle entre de partout. Un piano à queue trône au milieu de l’immense espace ouvert. Des oeuvres d’art ornent les murs et des sofas sont mis à la disposition des chercheurs pour mieux qu'ils se concentrent sur leurs lectures. On y trouve aussi un bar à espresso. La table est mise pour le bonheur.

Institut de recherche sur le bonheur à CopenhagueAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Photo : Radio-Canada / Janic Tremblay

Le directeur, Meik Wiking, est intarissable quand il parle de ses recherches sur le bonheur. Il dit qu’on peut l’expliquer comme on explique la dépression. Ses collègues et collaborateurs sont des anthropologues, des psychologues, des philosophes et des designers. Ensemble, ils tentent d’expliquer les causes et les composantes du bonheur. Il y aurait des constantes, selon les données récoltées auprès de cohortes d’individus depuis plusieurs années.

Meik Wiking évoque notamment le niveau de satisfaction général par rapport à la vie. Les fluctuations de l’humeur au quotidien. Et le sentiment d’accomplissement. Pour ce qui est du Danemark en particulier, cela tient à beaucoup de choses. Il dit que les Danois accordent une grande importance aux plaisirs quotidiens et à leur communauté. Il y a aussi un très haut niveau de confiance générale, les uns envers les autres. Pour lui, cela importe beaucoup.

Meik Wiking, directeur de l'institut de recherche sur le bonheur à CopenhagueAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Photo : Radio-Canada / Janic Tremblay

« L’une de mes activités préférées est d’aller à la recherche de ces manifestations de confiance. Vous remarquerez qu’à Copenhague, les bébés sont souvent laissés sans surveillance dans leurs poussettes à l’extérieur pendant que les parents prennent un café à l’intérieur d’un bistrot », explique M. Wiking. Il cite un autre exemple du haut niveau de confiance qui règne dans la ville : « Aussi, l’été il n’est pas rare de tomber sur des kiosques de fruits et légumes à la campagne, sans commis. Il suffit de se servir et de laisser l’argent dans une petite boîte. »

Meik Wiking rappelle également que les peuples scandinaves sont gouvernés selon les principes de l’État-providence, un système où le filet social parvient, selon lui, à réduire au minimum la misère et la souffrance.

« Si vous demandez aux Danois, ils vous répondront très majoritairement qu’ils paient leurs impôts avec joie. Je pense que c’est parce qu’ils en retirent une grande qualité de vie en retour. »

— Une citation de  Meik Wiking, directeur de l'institut de recherche sur le bonheur

Les Danois, vraiment heureux?

Tout le monde n’est pas convaincu que les Danois sont si heureux qu’ils le semblent. C’est le cas de Thierry Tramoni, qui est directeur dans une école danoise.

Thierry Tramoni, directeur dans une école danoiseAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Photo : Radio-Canada / Janic Tremblay

Ce Français installé au pays du bonheur depuis longtemps rappelle que 10 % de la population consomme des antidépresseurs. Un taux élevé. Il pense que cela a beaucoup à voir avec le temps qu’il fait et l’absence quasi généralisée de soleil. Selon lui, si les Danois sont heureux, c’est d’abord et avant tout parce qu’ils ont appris à se satisfaire de peu de choses.

La théorie n’est pas nouvelle. Et elle fait sourire Meik Wiking. Il dit que ce n’est pas ce que les données suggèrent. Selon lui, les Danois ont surtout peu d’ambitions matérielles.

« Nous voulons avoir assez d’argent pour bien vivre. Mais pour nous, c’est probablement plus motivant d’avoir une carrière stimulante, une vie de famille enrichissante, des passe-temps intéressants et de bons amis et aussi de poursuivre nos rêves dans plusieurs domaines et non seulement d’accumuler des biens matériels », dit-il.

Péniche à CopenhagueAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Photo : Radio-Canada / Janic Tremblay

Le reportage de Janic Tremblay sera diffusé à Désautels le dimanche sur ICI Radio-Canada Première dès 10 h le 14 mai.

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