•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le DPCP conteste l'arrêt des procédures dans l'affaire Ryan Wolfson, accusé de meurtres

Ryan Wolfson
Ryan Wolfson Photo: Journal de Montréal
Radio-Canada

Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) fait appel du jugement prononçant l'arrêt des procédures dans le dossier de Ryan Wolfson, accusé de meurtre et de tentative de meurtre et dont le procès était prévu pour le début septembre avant la décision de la Cour supérieure.

En fait, Ryan Wolfson est déjà en prison et il y demeurera, en dépit de la décision rendue en sa faveur vendredi par le juge Guy Cournoyer de la Cour supérieure.

C'est que lors d'un premier procès tenu l'automne dernier, ce Montréalais dans la mi-quarantaine avait été reconnu coupable de meurtre au premier degré et de tentative de meurtre. Il purge une peine d'emprisonnement à perpétuité pour laquelle il fait appel.

Ryan Wolfson a été reconnu coupable du meurtre prémédité de Frederick Murdock, un crime commis le 10 octobre 2012 à Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson, dans les Laurentides. Il a aussi été reconnu coupable de deux tentatives de meurtre : l'une perpétrée contre Vincent Pietrantonio et l'autre contre le fils de ce dernier, Tommy.

Frederick Murdock était le garde du corps de Vincent Pietrantonio, propriétaire d'une compagnie d'import-export.

D'après les théories de la poursuite dans cette affaire, Wolfson a perpétré ces crimes pour le compte de Benjamin Hudon Barbeau, qui a des liens avec le crime organisé.

« Des erreurs et des impairs de la poursuite »

L'arrêt des procédures ordonné vendredi par la Cour supérieure s'applique à une autre cause impliquant Ryan Wolfson, relativement au meurtre de Pierre-Paul Fortier et à une tentative de meurtre contre Dannick Lessard. Ces événements sont également survenus en octobre 2012.

Dans cette deuxième cause, écrit le juge Cournoyer dans son jugement, « seule l'indolence de la poursuite explique l'accroissement des délais qui s'ajoutent à des délais institutionnels chroniques ».

Parlant « des erreurs et des impairs de la poursuite », le juge explique que cette dernière « a tardé à consentir à la séparation des chefs d'accusation, ce qui a reporté considérablement le moment où la date du deuxième procès a été fixée »

Une affaire qui en rappelle une autre

Le second procès de Ryan Wolfson devait se tenir en septembre prochain, soit 58 mois après le dépôt des accusations. Or, en vertu de l'arrêt Jordan de la Cour suprême du Canada, le délai maximum entre le dépôt des accusations et le début du procès doit être de 30 mois, sauf exception, en ce qui a trait aux causes criminelles relevant d'une cour supérieure.

Cette affaire rappelle celle de Sivaloganathan Thanabalasingham. Après avoir passé près de 5 ans en prison dans l'attente de son procès pour le meurtre de sa jeune épouse, cet homme de 31 ans n'a finalement pas eu à subir ce procès.

L'affaire a secoué le Québec, qui s'est notamment insurgé contre le manque de juges pour traiter les affaires criminelles.

Justice et faits divers