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Dons politiques à l'Î.-P.-É. : la volte-face du premier ministre fait des remous

L'Assemblée législative de l'Île-du-Prince-Édouard.

L'Assemblée législative de l'Île-du-Prince-Édouard.

Photo : Radio-Canada / François Pierre Dufault

Radio-Canada

La volte-face du premier ministre de l'Île-du-Prince-Édouard sur l'interdiction des dons des entreprises et des syndicats aux partis politiques continue à faire des remous à l'Assemblée législative.

Un texte de François Pierre DufaultTwitterCourriel 

Wade MacLauchlan n'a plus l'intention de bannir les dons des sociétés, comme il l'avait pourtant promis en 2016 lorsqu'il avait présenté les grandes lignes d'un projet de réforme du financement politique.

Sa décision a donné lieu à un feu croisé entre les trois chefs de partis à l'Assemblée législative lors de la période de questions, mercredi.

« Il y a une longue tradition, dans notre province, de gens qui soutiennent des partis politiques en achetant des billets pour des soupers-bénéfices [...] et il arrive que ces gens achètent leurs billets en signant un chèque au nom de leur entreprise », a insisté Wade MacLauchlan. « Il est souhaitable, et dans l'intérêt du processus démocratique de notre province, de maintenir cette tradition ».

Le chef du Parti vert, Peter Bevan-Baker, a déploré la volte-face du premier ministre.

« Le premier ministre avait promis sans ambiguïté qu'il allait interdire les dons des entreprises et des syndicats aux partis politiques. Et maintenant, il fait marche arrière », a-t-il déclaré en marge de la période de questions, mercredi.

Selon le chef du deuxième parti d'opposition à Province House, les règles actuelles permettent aux entrepreneurs de « voter avec leur argent » en contribuant deux fois plus que les particuliers à la caisse des partis politiques.

Le Parti vert accepte seulement les dons individuels.

Plafond pour les dons politiques

Wade MacLauchlan a précisé qu'il avait toujours l'intention d'instaurer un plafond de 3000 $ par année pour les dons politiques. « Ce serait l'un des plafonds les plus bas au pays », a-t-il souligné.

Il n'y a aucune limite de dons à l'heure actuelle.

Peter Bevan-Baker voit d'un bon oeil l'instauration d'une limite de dons. Mais il fait remarquer que les dons des sociétés comptent pour plus de la moitié de la caisse électorale des principaux partis. Selon lui, 80 % des dons actuels seront toujours acceptés, en dépit des changements proposés par le premier ministre.

« Collusion » entre les principaux partis

Le chef du Parti vert a allégué à l'Assemblée législative que la volte-face du premier ministre sur l'interdiction des dons politiques des entreprises et des syndicats était le fruit d'une « collusion » avec le chef progressiste-conservateur par intérim, Jamie Fox.

Fin avril, le premier ministre Wade MacLauchlan a lui aussi prétendu qu'il était revenu sur son intention de bannir les dons politiques des sociétés après avoir consulté le chef de l'opposition officielle.

Jamie Fox s'est vivement défendu. « Il n'y a rien de plus faux », a tonné l'élu de la région de Borden-Carleton à sa sortie de la période de questions, mercredi. « Il n'y a pas eu de collusion ni de rencontre secrète ».

Même s'il se dit personnellement en faveur des dons des sociétés, le chef de l'opposition officielle à Province House jure qu'il n'a jamais été consulté par le premier ministre au sujet de la réforme du financement politique.

« Le premier ministre a dit qu'il allait déposer un projet de loi. Il ne l'a pas fait. Il a dit qu'il y aurait une rencontre avec tous les chefs de partis. Ça n'a pas eu lieu. Il a dit qu'il y aurait des consultations publiques. Ça n'a pas eu lieu. J'attends toujours », relance Jamie Fox.

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