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Voter blanc ou pour Macron, le dilemme des « insoumis »

Des militants de la France insoumise manifestant devant l'hôpital de Sarlat, en Dordogne, le 1er mai.

Des militants de la France insoumise manifestant devant l'hôpital de Sarlat, en Dordogne, le 1er mai.

Photo : Radio-Canada / Manon Globensky

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le deuxième tour de la présidentielle française est un casse-tête pour les militants de la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, défait au premier tour. La majorité d'entre eux prévoient s'abstenir ou voter blanc. Rencontres avec des électeurs en Dordogne.

Un texte de Manon Globensky, envoyée spéciale en France

Devant l'hôpital de Sarlat, que pouvait-on trouver un 1er mai, fête des Travailleurs, sinon une manifestation de gens de la gauche pour empêcher la fermeture de la maternité? Comme au Québec, la France a du mal à recruter des médecins en région. Ici, c'est un chef du service de maternité qui manque.

À part les gazouillis des oiseaux, on pouvait entendre des chansons engagées diffusées par un petit système de son, dont une qui évoque la France insoumise. Ils sont nombreux, les « insoumis » de Jean-Luc Mélenchon, devant l’hôpital de Sarlat en ce lundi après-midi.

Dans l’ensemble de la Dordogne, le candidat de la gauche radicale l’a emporté avec 22,9 % des voix. C’est l’un des trois départements de la France continentale où il a fini en tête.

Dans certaines communes de la région, il a presque atteint 35 %. Il y a une grande tradition de gauche en Dordogne, où la pauvreté et le chômage sont au-dessus de la moyenne française

Le dilemme du deuxième tour

Alors les Sarladais insoumis doivent décider pour qui voter au deuxième tour de la présidentielle française. Jean-Luc Mélenchon n’a pas donné de consigne, sauf pour indiquer que lui ne voterait pas pour Marine Le Pen, du Front national (FN).

Son parti a tenu une consultation sur Internet auprès de ses 450 000 membres pour savoir s’ils préféraient voter pour Emmanuel Macron. Un peu plus de la moitié des membres se sont exprimés et ils soutiennent l’option d’un vote blanc ou nul dans une proportion de 36,1 %, alors que 34,8 % d’entre eux veulent voter Emmanuel Macron et que 29 % sont pour l’abstention. Les avis sont donc très partagés.

Élection présidentielle française 

À Sarlat, surtout ne pas appuyer le Front national

Après avoir voté pour Jean-Luc Mélanchon au premier tour, Nicole est indécise pour le deuxième tour.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Après avoir voté pour Jean-Luc Mélanchon au premier tour, Nicole est indécise pour le deuxième tour.

Photo : Radio-Canada / Manon Globensky

Devant l’hôpital de Sarlat, tous les militants de la France insoumise ne se sont pas fait une idée.

Nicole, par contre, est certaine d’une chose. « On ne votera pas Le Pen, c’est clair et net. Maintenant entre un vote Macron ou un vote blanc, voilà », dit-elle en haussant les épaules dans un geste de grande indécision. Un vote blanc, c’est l’annulation de son vote dans l’isoloir.

Michel, lui, va voter pour Emmanuel Macron.

Je considère que le FN, ce n’est pas un parti comme les autres, que ces gens-là, s’ils sont au pouvoir, dimanche soir - j’exagère un peu - la semaine prochaine, on est en prison.

Une citation de : Michel, électeur français qui avait voté pour Mélanchon au premier tour

Voter à contrecoeur pour Macron

Sa crainte, c’est que le droit de parole, le droit de manifester n’existe plus. Alors à contrecœur il donne son vote au candidat Macron, dont il n’accepte pas la politique économique.

Son ami Christian, qui va aussi voter pour Emmanuel Macron, a hésité. Il tient à voter « parce que le droit de vote s’est conquis de haute lutte ». Mais « jusqu’à hier, je comptais voter blanc », ajoute-t-il.

« Je trouve qu’il n’est pas bon », commente-t-il au sujet de sa campagne actuelle, « mais je ne souhaite pas voir Mme Le Pen élue dimanche soir, et le vote blanc en France n’est pas considéré comme un suffrage exprimé. »

Bruno va quand même voter blanc. « Aujourd’hui, le vote blanc n’est pas reconnu, mais si énormément de gens votent blanc, ça remuerait peut-être quelques politiques qui considéreraient qu’il est significatif et lui donneraient un poids politique pour les prochaines années. »

Son épouse, Françoise, est surprise qu’il n’y ait pas dans tout le pays une mobilisation plus nette contre Marine Le Pen, comme il y avait eu un barrage contre Jean-Marie Le Pen au deuxième tour en 2002. « Ça me dérange parce que ça a été banalisé. Elle a réussi son travail. Elle a réussi sa campagne et ça ne choque personne aujourd’hui, les propositions d’extrême droite. C’est triste, je trouve », admet-elle.

Le reportage de Manon Globensky est présenté à L'heure du monde sur ICI Radio-Canada Première dès 18 h, le 2 mai.

La légitimité du choix de dimanche

Alain pense que c’est l’abstention qui pourrait le mieux affaiblir la légitimité du candidat élu dimanche.

Voter pour un ou voter pour l’autre, c’est un peu renier ses convictions. Personnellement, j’ai choisi l’abstention.

Une citation de : Électeur français qui avait voté pour Mélanchon au premier tour

« Une grande abstention, ça diminuera la légitimité de la personne choisie, ça expliquera que la majorité des gens ne sont pas d’accord avec les programmes proposés », croit Alain.

Belin aussi va s’abstenir, mais c’est dans la rue qu’elle veut continuer la lutte contre le système : « les insoumis, c’est une force. Il faut rester groupés et se battre pour nos idées. »

Des partisans de La France insoumise à Montpellier

Alexandra Szacka et Francyne Doyon ont rencontré des partisans de la France insoumise à Montpellier.

Photo : Radio-Canada

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