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Plagiat ou « clin d'oeil »? Lorsque Le Pen emprunte à Fillon

Marine Le Pen, lors de son discours de Villepinte, lundi.

Marine Le Pen, lors de son discours de Villepinte, lundi.

Photo : Reuters / Charles Platiau

Reuters
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les responsables du Front national ont démenti mardi toute volonté de plagiat après que Marine Le Pen eut utilisé plusieurs passages d'un discours de François Fillon, évoquant simplement un « petit clin d'oeil » pour lancer un débat sur la France, son histoire et sa culture.

Lors de son rassemblement de lundi à Villepinte (Seine-Saint-Denis), la présidente du Front national a repris, mot pour mot, des phrases prononcées par le candidat de la droite et du centre mi-avril au Puy-en-Velay sur la géographie de la France et sa langue, un « emprunt » mis au jour par le compte Twitter @ridiculetv proche de l'ancien candidat de la droite.

Nous avons trouvé dans le discours [de François Fillon] des passages sur l'identité de la France qu'on trouvait émouvants. On a fait ce petit clin d'oeil pour lancer un débat de fond. [...] L'identité de la France, son histoire, sa culture, on y croit. M. Macron n'y croit pas.

Une citation de : Florian Philippot, vice-président du FN, sur Radio Classique

Sur France 2, David Rachline, directeur de campagne de Marine Le Pen, a parlé de « d'un petit clin d'oeil, parce que dans le discours de François Fillon, il y avait un certain nombre d'éléments intéressants ».

« Puisqu'on parle de plagiat, le véritable plagiat en réalité c'est Emmanuel Macron, qui passe son temps à plagier François Hollande », a ajouté le sénateur-maire de Fréjus (Var).

Les passages en question

Le 15 avril, M. Fillon évoque la géographie de la France, et notamment ses « frontières terrestres : les Pyrénées d'abord, qui engagent la France dans cet immense ensemble qu'est le monde hispanique et latin. Il y a la frontière des Alpes, vers l'Italie notre soeur et, au-delà, l'Europe centrale, balkanique et orientale ».

Il parle aussi des « trois façades maritimes de la France : la Manche et la mer du Nord ouvertes sur le monde anglo-saxon et l'immensité septentrionale; la façade atlantique, qui nous ouvre depuis des siècles le grand large et nous livre ses aventures; la façade méditerranéenne, foyer de civilisations parmi les plus vieilles et les plus riches de l'histoire. »

Dans son discours de Villepinte, Mme Le Pen reprend les mêmes citations, à peine modifiées. Dans le premier, elle a plutôt parlé de « Nos Alpes, qui nous ouvrent vers l'Italie notre soeur », alors que dans le second, elle a parlé de « la façade atlantique, qui nous projette vers le grand large, et nous parle d'aventure ».

Une autre citation plagiée - reprise intégralement par Mme Le Pen - porte sur la vigueur de la langue française : « Si l'on apprend notre langue, quelquefois à grand prix, en Argentine ou en Pologne, s'il existe des listes d'attente pour s'inscrire a l'Alliance française de Shanghaï, de Tokyo, de Mexico, ou bien au lycée français de Rabat ou de Rome, si Paris est la première destination touristique mondiale, c'est que la France est autre chose et bien plus qu'une puissance industrielle, agricole ou militaire ».

Les deux candidats ont aussi vanté une troisième voie « française » pour le 21e siècle, en parlant de « la voie de la culture, du doute, de la discussion, du compromis, du dialogue, la voie de l'équilibre, de la liberté des individus et des peuples ».

M. Fillon disait cependant y voir une alternative à « ceux pour qui tout se règle à la fin des fins selon des critères matériels » et au « totalitarisme » d'une « religion aveugle et aveuglante », alors que Mme Le Pen y voit une alternative au « mondialisme » et à « l'idéologie islamiste ».

Marine Le Pen a aussi utilisé des citations de Georges Clémenceau (« Jadis soldat de Dieu, aujourd'hui soldat de la liberté, la France sera toujours le soldat de l'idéal ») et de l'écrivain André Malraux, ministre de la Culture du général de Gaulle (« La France n'est la France que si elle porte une part de l'espérance du monde »), qu'avait récupéré M. Fillon.

Source : AFP, L'Express, Le Point

Élection présidentielle française 

Selon RTL, les similitudes entre les deux textes tiendraient au fait qu'un des auteurs mis à contribution pour le discours de Marine Le Pen, l'essayiste Paul-Marie Coûteaux, était jusqu'au soir du premier tour un soutien de François Fillon et avait largement écrit son allocution du Puy-en-Velay.

Militant de la droite souverainiste de longue date, Paul-Marie Coûteaux a créé un parti proche du Front national, Siel (Souveraineté indépendance et libertés), mais en avait quitté la présidence à la suite d'une brouille avec Marine Le Pen en 2014.

Il a déclaré ce week-end au Figaro souhaiter que Marine Le Pen fasse un score important au second tour, mais sans croire qu'elle l'emportera. « Si elle fait 40 %, ce sera déjà inespéré », a-t-il dit.

Paul-Marie Coûteaux a démenti, dans des déclarations publiées mardi par le site du Journal du dimanche, avoir eu des contacts avec Marine Le Pen pour son discours de Villepinte, mais a salué ces emprunts.

« Il est prometteur (et significatif) que #MLP & #FF s'exprimant sur la vocation universelle de la France le fassent dans les mêmes termes », a-t-il écrit sur Twitter.

« Ces termes, d'inspiration gaulliste, sont ceux de mon ouvrage L'Europe vers la Guerre », a-t-il ajouté.

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