•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Inondations : le ministre Coiteux invite à la patience et à la vigilance

Des inondations à Rigaud

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Radio-Canada

« Il faut être aux aguets », conseille le ministre de la Sécurité civile, Martin Coiteux, qui était de passage en Mauricie, mardi, pour constater l'ampleur des inondations dans la région. D'autres moments critiques sont à craindre cette semaine, et ce, partout dans le sud-ouest du Québec.

L'Outaouais, les Laurentides, Lanaudière et la Montérégie sont aussi des régions particulièrement touchées par la crue des eaux, cette année.

Les crues de 2017 ne battent pas le record de 1974, mais la situation actuelle est « exceptionnelle et inhabituelle », a souligné le ministre Coiteux.

C'est assez sérieux pour qu'on prenne tous les moyens.

Martin Coiteux, ministre de la Sécurité civile

M. Coiteux a assuré aux sinistrés qu'ils seront indemnisés en vertu de programmes déjà existants. Il a toutefois précisé qu'il atteindra la fin de la saison avant de dresser le bilan du nombre de réclamations reçues.

Car l'heure n'est pas à remplir des formulaires; le ministre conseille plutôt aux gens de veiller à leur sécurité, entre autres en protégeant leur résidence avec des sacs de sable.

La pluie et la fonte des neiges « risquent d'augmenter la crue au cours des prochains jours », a prévenu M. Coiteux.

Les municipalités, dotées de plans d'urgence, sont appuyées dans leurs efforts par la Sécurité civile et la Sûreté du Québec. « Les mesures actuelles fonctionnent très bien », a souligné le ministre. Le gouvernement du Québec ne songe donc pas à faire appel aux forces canadiennes pour installer des sacs de sable; du moins, pas pour l'instant.

Des prévisions inquiétantes

Bien que la pluie ait cessé au cours de la nuit de lundi à mardi, les précipitations des derniers jours viendront gonfler le débit des rivières dans le sud-ouest du Québec. Les résidents qui habitent aux abords des rivières des Outaouais, Gatineau et Saint-Maurice se doivent d'être sur un pied d'alerte.

« Pour les prochaines 12 à 24 heures, il y aura des hausses assez rapides sur ces cours d'eau », a déclaré le porte-parole d'Hydro Météo, Pierre Corbin, en entrevue à ICI RDI.

« Depuis plusieurs semaines maintenant, on a une autoroute de précipitations qui part de la vallée de l’Outaouais, qui passe par les Laurentides, Lanaudière [et] la Mauricie, a expliqué M. Corbin. Les précipitations [de lundi] ont pris exactement le même trajet, donc tous les cours d’eau situés dans ces régions sont à risque au cours des prochaines heures avec les importantes quantités de pluie qu’il y a eu. »

Un homme quitte sa maison inondée à Rigaud, au Québec.

Un homme quitte sa maison inondée à Rigaud, au Québec.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

L'Outaouais sur le qui-vive

En Outaouais, la rivière Gatineau est sortie de son lit et la Ville de Gatineau effectue des évacuations volontaires et préventives dans trois secteurs touchés par la crue des eaux. Le maire Maxime Pedneaud-Jobin a indiqué dans un point de presse mardi après-midi que la crue qui sévissait actuellement était pire que celle que la Ville a connue à la mi-avril.

On a déjà dépassé, de façon très nette, tout ce qu'on a vécu il y a 10 jours. Les niveaux ont beaucoup augmenté et malheureusement, [...] on va continuer à avoir des précipitations, ce qui évidemment ne va pas améliorer les choses.

Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau

Le maire Pedneaud-Jobin n'exclut pas le recours aux mesures d'urgence. Toutefois, il assure que dans l'immédiat, il n'y a pas d'enjeu de sécurité imminent pour les personnes.

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, en entrevue.

Photo : Radio-Canada

Les pompiers de Gatineau ont néanmoins commencé, mardi matin, des évacuations préventives et volontaires. Les résidents ciblés vivent dans des zones inondées et ne peuvent plus utiliser leur véhicule pour circuler. Près de 242 résidences dans 44 rues sont menacées par les inondations.

La Ville de Gatineau a ouvert deux centres de services aux sinistrés. Depuis mardi matin, 29 personnes s'y sont inscrites. Ces personnes ont été prises en charge par la Croix-Rouge, qui répond à leurs besoins de première nécessité.

Selon la Commission de planification de la régularisation de la rivière des Outaouais, le niveau critique de la rivière des Outaouais devrait être atteint vendredi à Gatineau. Des mises à jour quotidiennes seront effectuées par la Ville de Gatineau, qui a mis à jour sa carte des rues inondées sur son site Internet (Nouvelle fenêtre).

« On arrive dans la situation où la neige a fondu et les précipitations qui nous arrivent sont abondantes. Donc, ces doubles apports font que les réservoirs se sont remplis et qu’il faut laisser passer plus d’eau pour s’assurer de la sécurité de l’ensemble des infrastructures », a souligné le directeur de la sécurité civile pour les régions de l’Outaouais, de l'Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec, Gaétan Lessard.

En raison des conditions météorologiques, le niveau de l'eau du lac Ontario a connu, en avril, la troisième plus importante hausse de son niveau depuis l'année 1918, et l'une des trois hausses majeures depuis l'année 1900, selon le Comité international (canado-américaine) du bassin du fleuve Saint-Laurent et du lac Ontario.

Un autre défi important pour Rigaud

À Rigaud, où l'on avait déclaré l'état d'urgence le 20 avril dernier en raison de précipitations abondantes, la situation est de nouveau inquiétante; 346 résidences sont menacées. La Sûreté du Québec a ouvert un centre de gestion d’urgence à Vaudreuil-Dorion.

La rivière des Outaouais est sortie de son lit pour inonder la chaussée du chemin de la Pointe-Séguin, dans un secteur résidentiel de la municipalité montérégienne.

Le maire de Rigaud parle d'un défi important pour les jours à venir. « Sortez de vos résidences [...] Nous sommes tout organisés pour vous prendre en main », a assuré Hans Gruenwald à la population menacée par la crue des eaux.

La Croix-Rouge peut préparer des repas aux sinistrés, fait-il valoir. Du transport par navette est aussi offert durant la journée aux gens qui habitent dans les rues où plus de 30 cm se sont accumulés et où les petites voitures ne peuvent plus passer.

Une route cruciale menacée

En Mauricie, la rivière Saint-Maurice est également sortie de son lit (Nouvelle fenêtre). Ses eaux ont atteint le niveau de la route 155, qui assure le lien avec la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Les automobilistes ont toujours accès au lien routier et les autorités espèrent le maintenir ouvert.

Le niveau des cours d’eau en Mauricie était plutôt stable au cours de la journée, mais la tendance est depuis à la hausse, selon la sécurité civile, qui admet que la situation est difficile à gérer.

À Shawinigan, la situation est préoccupante, notamment pour les résidents du chemin de l'Ermitage et de l’avenue du Beau-Rivage, qui ont fait l’objet d’un avis d’évacuation préventif. Selon le maire, Michel Angers, il y a eu une légère augmentation des niveaux d'eau, « mais le moment critique sera mercredi ou jeudi ». La municipalité a distribué des sacs de sable qui ont été installés par les résidents et des bénévoles. Pour l'instant, une seule résidence a été évacuée.

Dans la nuit de lundi à mardi, deux policiers de la SQ ont été blessés lorsque l'avant de leur auto-patrouille a plongé dans un trou d'environ un mètre de profondeur qui s'est créé sur une route rurale à Sainte-Geneviève-de-Batiscan. Les agents ont été hospitalisés, mais on ne craint pas pour leur vie.

La région se prépare à de nouvelles précipitations vendredi, qui pourraient atteindre de 20 à 30 mm de pluie, selon Environnement Canada, ce qui inquiète la sécurité civile.

Enfin, la Ville de Nicolet, dans le Centre-du-Québec, est sur le qui-vive. Elle a fait installer des matelas afin d'accueillir des résidents qui pourraient être évacués au cas où la situation empirait, selon la mairesse Geneviève Dubois.

Avec les informations de La Presse canadienne

Incidents et catastrophes naturelles

Environnement