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Où sont rendus les évacués de Fort McMurray?

Depuis l'incendie, Roger St-Pierre n'a plus trouvé d'emploi dans la région de Fort McMurray.

Photo : Radio-Canada / Elisa Serret

Radio-Canada

Nous avons retrouvé cinq évacués rencontrés sur la route de l'exode il y a un an, pour voir ce qu'ils sont devenus. Voici leur histoire.

Un texte de Laurence Martin et Nicolas Pelletier

Le 3 mai 2016, la plus grande évacuation de l’histoire de l’Alberta s’est enclenchée en quelques heures à peine. Personne n’aurait pu croire que l’incendie, qu’on surnommera « la bête », allait transpercer la ville de Fort McMurray comme il l’a fait.

Les dommages, tout comme l’aide reçue par la suite, ont été sans précédent. Mais, au-delà des chiffres, l’incendie a surtout changé la vie de milliers de Canadiens.

Le feu, c’est le cas de le dire, a poussé les évacués dans toutes sortes de directions.


Angélina Gionet, la battante

Angélina Gionet marche devant le chantier.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Angélina Gionet visite le chantier où se trouvait son ancienne résidence, dans le quartier Abasand. L’édifice où elle vivait avec son mari a été détruit dans le feu.

Photo : Radio-Canada / Josée St-Onge

Le 3 mai, voyant que les flammes se rapprochaient dangereusement de sa garderie, Angélina Gionet a donné l’ordre à tout le personnel et aux enfants d’évacuer les lieux. Elle n’a pas attendu le signal des autorités. « Le feu était trop proche », se souvient-elle.

La « bête » aura eu raison d’un mur de l’édifice, mais surtout du logement qu’elle louait. Rien pour l’empêcher de se relever. Toute l’année, Angélina s’est battue d’arrache-pied pour garder sa garderie de langue française ouverte, quitte à la déménager temporairement dans le sous-sol d’une église.

Malgré tous ses efforts, la battante croit qu'au cours des prochaines années, elle quittera Fort McMurray, « une ville qu’elle a aimée comme ça ne se peut pas. »

Le feu, dit-elle, a éteint quelque chose en elle.


Gino Noël, le polyvalent

Pour Gino Noël, l'incendie de Fort McMurray lui a permis de changer de vocation.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Pour Gino Noël, l'incendie de Fort McMurray lui a permis de changer de vocation.

Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos

Croisé alors qu’il fuyait Fort McMurray pour Edmonton le 7 mai, Gino Noël avait lancé : « Honnêtement, je vais dans la mauvaise direction en ce moment. »

Il était impatient de revenir chez lui, de voir ce qu’il resterait de tout ce qu’il avait laissé derrière.

Gino Noël ne se doutait pas que le retour serait pour lui synonyme de nouveau départ. Après avoir passé 10 ans sur les sites d’exploitation pétrolière, il travaille maintenant à son compte comme électricien sur les nombreux chantiers pour reconstruire Fort McMurray.

« Le feu a été comme un élément déclencheur, j’étais tanné d’être [dans les camps]. J’ai décidé que, pour moi, même à mon âge, c’était le temps de recommencer. »


Élise Boissonneault, la jeune mariée

Élise Boissonneault lors de son mariage à Toronto, juste après l'évacuation de Fort McMurray.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Élise Boissonneault lors de son mariage à Toronto, juste après l'évacuation de Fort McMurray.

Photo : Courtoisie

L’histoire d’Élise Boissonneault avait ému bien des Canadiens. La jeune résidente de Fort McMurray avait vu sa robe de mariée réduite en cendres quelques jours seulement avant la cérémonie, à Toronto.

Ses amis avaient alors lancé un appel à l’aide sur Facebook pour lui trouver une robe à la dernière minute. Plus d’une centaine de femmes avaient répondu qu’elles pouvaient lui donner la leur.

Finalement, une boutique de Toronto lui avait offert une robe. « Mon mariage a été un moment extraordinaire, un des plus beaux jours de ma vie! », raconte Élise Boissonneault un an plus tard. « Je n’oublierai jamais la générosité de ceux qui m’ont aidé. Grâce à eux, tout a été parfait, nous ne pouvions pas demander mieux. »

Élise Boissonneault a même décidé d’offrir à son tour sa robe à une future jeune mariée de Fort McMurray.


Roger St-Pierre, le retour aux sources

Depuis l'incendie, Roger St-Pierre n'a pas trouvé d'emploi dans la région de Fort McMurray.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Depuis l'incendie, Roger St-Pierre n'a plus trouvé d'emploi dans la région de Fort McMurray.

Photo : Radio-Canada / Elisa Serret

Coincé dans un camp de travailleurs pétroliers au nord de Fort McMurray, Roger St-Pierre avait lancé un cri du coeur, sur nos ondes, le 4 mai 2016 : « Il faut qu’on sorte d’ici. » Et il est sorti, quelques jours plus tard, pour retourner dans son coin de pays : la Péninsule acadienne.

Très vite, pourtant, ce monteur d’acier a voulu revenir en Alberta. « Il n’y a pas de travail dans mon domaine au Nouveau-Brunswick », dit-il. Mais depuis l’incendie, Roger St-Pierre n’a pas trouvé d’emploi dans les sites pétroliers près de Fort McMurray.

Retour, donc, à la case départ : l’usine à poissons près de chez lui, à Caraquet, où il a travaillé quand il avait 18 ans. Au moins, « ça me fait du bien d’être avec ma famille », conclut-il.

Le reportage de Laurence Martin est présenté au Téléjournal 22 h le 2 mai sur ICI Radio-Canada Télé.


Sandra Legacy, la persévérante

Comme le tiers des résidents de Fort McMurray, Sandra Legacy est allée chercher du soutien psychologique dans la dernière année.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Comme le tiers des résidents de Fort McMurray, Sandra Legacy est allé chercher du soutien psychologique dans la dernière année.

Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos

Le 3 mai, Sandra Legacy a vraiment cru qu’elle allait mourir. Pour sortir de Fort McMurray, elle a dû conduire sur cette route entourée de flammes, un paysage apocalyptique qui semblait tout droit sorti d’un film d’Hollywood. « Maintenant, je sais ce que c’est l’enfer », avait-elle déclaré sur nos ondes, le lendemain.

Et pourtant, « le pire était encore à venir », dit Sandra aujourd’hui. Au cours de la dernière année, elle a dû composer avec le stress post-traumatique, les crises de panique et la dépression. Depuis, elle se bat toujours avec son assureur pour que commence la reconstruction de sa maison.

Malgré tout, elle compte rester à Fort McMurray. « C’est une ville de deuxième chance », conclut-elle.

 

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