•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le parrain : quand Al Pacino pensait jouer dans « le pire film jamais réalisé »

Al Pacino

Al Pacino

Photo : La Presse canadienne / Victoria Will

Radio-Canada

Les principaux acteurs et le réalisateur du film culte Le parrain se sont retrouvés samedi au Festival de cinéma de Tribeca, à New York, le temps de fêter les 45 ans du premier long métrage sur la famille Corleone et de se souvenir d'un tournage incroyable.

Alors qu’il s’apprêtait à clore ce 16e festival qu’il a créé en 2002, Robert De Niro s’est offert une table ronde étoilée en réunissant le cinéaste Francis Ford Coppola et les comédiens Al Pacino, Robert Duvall, James Caan, Diane Keaton et Talia Shire. L’événement a été précédé par la projection des deux premiers films de la trilogie.

 

Assise sur la scène du Radio City Music Hall, décoré comme la bibliothèque de Vito Corleone (le chef de famille joué par Marlon Brando), l’équipe pouvait voir derrière elle un portrait de cet acteur décédé en 2004. Un Marlon Brando que les producteurs refusaient d’engager parce que jugé sur le déclin et trop caractériel. Coppola n’a sauvé sa tête qu’en convainquant l’un des plus grands comédiens de l’histoire du cinéma à passer un essai, tel un débutant qui n’a rien prouvé.

Marlon Brando, dans le premier volet de la trilogie Le parrain, en 1972

Marlon Brando, dans le premier volet de la trilogie Le Parrain, en 1972

Photo : La Presse canadienne / Paramount Pictures

Pacino conseillait à Coppola de laisser tomber

Alors inconnu, Al Pacino a lui aussi failli ne jamais faire partie de l’aventure. Là encore, Coppola s’est battu contre le studio (Paramount), qui le jugeait notamment trop petit. L’acteur, qui a dû passer au moins six essais, avait même suggéré au réalisateur de baisser les bras : « Ce n’est pas grave. On travaillera ensemble un jour. Il y a plein d’autres choses à faire ».

C’était sans compter sur le coup de foudre du cinéaste pour le comédien. Après l’avoir rencontré à San Francisco, il était certain que personne d’autre ne pouvait jouer Michael Corleone, fils du Vito, qui prend la relève comme chef de la mafia contre son gré.

Chaque fois que je lisais le scénario, je voyais son visage.

Francis Ford Coppola à propos d'Al Pacino

Pourtant, Pacino n’était pas convaincu par ce personnage : « Je me disais : "Mon Dieu, ce n’est vraiment pas un bon rôle". » Plutôt que Michael Corleone – qui lui vaudra deux nominations aux Oscars et fera de lui une vedette –, il s’imaginait jouer son frère, le volcanique Sonny.

James Caan a finalement obtenu ce rôle que convoitait aussi un certain… Robert De Niro. Ce dernier a rejoint la distribution dans le deuxième film, interprétant Vito Corleone jeune (avec un Oscar du Meilleur acteur de soutien à la clef).

Les doutes du cinéaste

Même après le début du tournage, Al Pacino pensait qu’il était en train de jouer « dans le pire film jamais réalisé ». Francis Ford Coppola est parvenu à le faire changer d’avis en lui montrant des premières images de ses scènes.

Francis Ford Coppola

Francis Ford Coppola

Photo : AP Photo / Jose Vicente

Toutefois, le réalisateur lui-même n’a pas été épargné par les doutes sur Le Parrain, mais ils concernaient surtout le livre dont il était tiré. Samedi, il a encore qualifié le roman de Mario Puzo d’« œuvre alimentaire ». « C’est très long. Une grande partie – presque un tiers – ne concerne que l’anatomie de Lucy Mancini [amante de Sonny Corleone]. »

Francis Ford Coppola en a pourtant fait ce qui est considéré comme l’un des plus grands films de tous les temps. De quoi susciter l’admiration, y compris parmi ses acteurs : « Chaque choix que tu as fait était tout simplement brillant », l’a complimenté Diane Keaton.

Avec les informations de The Associated Press, et Reuters

Cinéma

Arts