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Fort McMurray : hausse notable des cas de stress post-traumatique, selon des chercheurs

Des résidents de Fort McMurray reviennent chez eux après la catastrophe de mai 2016.

Des habitants de Fort McMurray reviennent chez eux après la catastrophe de mai 2016.

Photo : Reuters

Radio-Canada

Les résultats préliminaires d'une étude de l'Université de l'Alberta suggèrent une augmentation importante de cas de trouble de stress post-traumatique (TSPT) à Fort McMurray six mois après le feu de forêt qui a ravagé la ville. Les personnes qui n'ont pas le soutien de proches seraient davantage à risque.

Sithara Fernando a tenté de se convaincre que tout allait bien après l'incendie et son évacuation. Presque un an plus tard, elle comprend que ce n’est pas le cas.

Lorsqu’elle a commencé à ne plus pouvoir dormir et à avoir des cauchemars récurrents au sujet de l'incendie, l’Albertaine a finalement consulté un psychologue et a reçu son diagnostic de TSPT. Après un épisode grave où elle a tenté de mettre fin à ses jours, elle a même dû être hospitalisée. Et son histoire n'est pas unique.

Les résultats préliminaires d'une étude qui n’a pas encore été publiée suggèrent que le taux probable de syndrome de stress post-traumatique à Fort McMurray a grimpé à 12,8 % de la population générale six mois après les feux de forêt. Or le taux de TSPT dans la communauté avant les feux de forêt était inférieur à 1 %, selon cette même étude.

Sithara Fernando souffre de trouble du stress post-traumatique depuis le feu de Fort McMurray.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Sithara Fernando souffre de trouble du stress post-traumatique depuis le feu de Fort McMurray.

Photo : Radio-Canada / CBC/David Thurton

Si on sépare les femmes et les hommes, les résultats sont de 15 % parmi les femmes, et 9 % pour les hommes.

Vincent Agyapong était chercheur principal pour l'étude financée par le Département de psychologie de l'Université de l'Alberta. Il se prépare à publier les résultats dans une revue universitaire.

Les Instituts canadiens de recherche en santé ont offert à Vincent Agyapong et à d'autres chercheurs une subvention de 500 000 $ pour étudier davantage les effets du TSPT sur la population plus jeune de Fort McMurray.

Pendant leurs travaux, les chercheurs ont constaté que les habitants qui avaient des antécédents de troubles anxieux étaient huit fois plus susceptibles de présenter des symptômes de TSPT six mois après le feu de forêt. Ceux qui n’avaient pas le soutien de la famille ou d'amis étaient neuf fois plus à risque.

Alors, le message à retenir, ce qui est assez intéressant, c’est que nous avons pu établir qu'après un événement comme celui-ci, il est très important que les communautés se rassemblent.

Vincent Agyapong, chercheur
Vincent Agyapong, chercheur pour l'étude sur le trouble du stress post-traumatique, financée par l'Université de l'Alberta Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Vincent Agyapong, chercheur pour l'étude sur le trouble du stress post-traumatique, financée par l'Université de l'Alberta

Photo : Radio-Canada

Ça n’a pas été le cas pour Sithara Fernando. Elle raconte qu'elle n'avait pas dit à sa famille et à ses amis qu'elle avait besoin d'aide. Même si elle n'a pas reçu de diagnostic de trouble anxieux, on lui a diagnostiqué un trouble de la personnalité préexistant qui n'a été traité qu'après son hospitalisation.

Du soutien pour plusieurs années encore

Un an après le feu de forêt, Fort McMurray a encore un long chemin à parcourir, remarque la Dre Sandra Corbett, chef de la psychiatrie aux Services de santé Alberta - région du nord. Elle note que le personnel de santé est beaucoup plus occupé depuis l'incendie.

La Dre Sandra Corbett, chef de la psychiatrie aux Services de santé Alberta - région du nord.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Dre Sandra Corbett, chef de la psychiatrie aux Services de santé Alberta - région du nord.

Photo : Radio-Canada / David Thurton/ CBC

« Nous savons que ça va prendre plusieurs années avant que la communauté ne se remette complètement, dit-elle. C’est donc très important que nous continuions d'offrir le soutien que nous avons maintenant. »

Sandra Corbett a également participé à l'étude sur le TSPT et a observé une augmentation du nombre de personnes présentant des symptômes de chagrin, de dépression et d'anxiété. Bien que les taux de suicide n'aient pas augmenté, elle indique qu'elle a vu davantage de patients envisager de mettre fin à leurs jours.

Sithara Fernando, pour sa part, suit maintenant une thérapie pour se reconstruire intérieurement. Elle a également lancé un blogue pour parler de son expérience, dans l'espoir d'aider les autres.

D'après un texte de David Thurton, CBC

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