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Front commun contre la privatisation en santé au N.-B.

Anna Lumière au piano

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'idée de privatiser certains services dans les hôpitaux du Nouveau-Brunswick soulève l'opposition de plusieurs groupes dans la province.

Des intervenants de la région et d’ailleurs au pays se sont réunis samedi, à Miramichi, pour un sommet de la santé publique, dont le thème était: luttons contre la privatisation et la sous-traitance. Plusieurs organismes y étaient représentés, dont Égalité santé en français, le Front commun pour la justice sociale, le Syndicat des employés d'hôpitaux, la Coalition pour les droits des aînés et des résidents des foyers de soins, l'Union nationale des fermiers.

Le sommet était organisé par le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), dont l'objectif était d’informer les Néo-Brunswickois sur les « dangers » de la privatisation.

« Victor Boudreau nous dit “C'est rien que la gérance. Vos membres ne vont pas être touchés.” [...] L'historique nous montre que c'est le commencement, que tous les services vont être privatisés. On ne veut pas ouvrir la porte même de ça à la privatisation dans notre système de santé », a lancé Daniel Légère, président du SCFP au Nouveau-Brunswick.

Les inquiétudes sont nombreuses, notamment au sujet de la flexibilité des services.

« Quand tu mènes quelque chose, tu peux être flexible, tu peux l'adapter, tu peux changer des choses. Quand c'est quelqu'un d'autre qui mène, le service en est obligatoirement affecté. [...] Donc, si dans un hôpital où on traite des cas de vie ou de mort, des maladies, on essaie de mettre les gens en bonne santé, si tu n'as pas le contrôle de tes services, c'est presque comme dire que tu ne l'as pas ce service », a expliqué le Dr Hubert Dupuis, du groupe Égalité santé en français.

Hubert Dupuis prononce un discoursAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le Dr Hubert Dupuis, du groupe Égalité santé en français, estime que les services de transport et alimentaires sont hospitaliers au même titres que les autres.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Massé

Le gouvernement désire confier à l’entreprise Sodexo la gestion des services alimentaires, d'entretien ménager et de transport de patients. Il soutient qu'il ne s'agit pas de services cliniques. Encore là, les délégués au sommet n’étaient pas d’accord.

« L'alimentation est un service tout à fait aussi important que la pharmacie, que la chirurgie, ainsi de suite, puisque beaucoup de traitements, ce sont des traitements au niveau de la diète », a affirmé le Dr Dupuis.

Joseph Lanteigne était cuisinier à l'Hôpital de Caraquet au début des années 2000. Il se souvient de l'époque où les services alimentaires sont passés à des fournisseurs privés.

« Il fallait acheter à une compagnie des produits qu'on faisait avant directement sur-le-champ, comme on dit. Mais là, on ne pouvait pas trouver ce qu'on voulait donner à nos patients à ce moment-là. On arrivait avec des [plats surgelés] », a expliqué Joseph Lanteigne.

L'organisme Égalité santé en français a récemment déposé un avis de poursuite contre le gouvernement dans l’espoir de contrecarrer la privatisation. Le Réseau de santé Vitalité a annoncé de son côté qu’il avait trouvé des moyens de faire, sans privatisation, de plus grandes économies que celles prévues dans le plan du gouvernement et de Sodexo.

Le ministre de la Santé, Victor Boudreau, tient bon malgré l’opposition. « Le gouvernement a pris la décision sur cette question. Jusqu'à présent, ce n'est pas notre intention de changer de direction », a-t-il déclaré vendredi au micro de l’émission radiophonique Le réveil Nouveau-Brunswick, d’ICI Acadie.

Victor Boudreau estime que l'offre de Sodexo est plus solide que les moyens pris par Vitalité. « La grosse différence, c'est qu'avec la compagnie Sodexo les économies sont garanties. La compagnie offre une garantie. La régie ne peut pas offrir une garantie », dit-il.

Avec des informations de Mathieu Massé

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