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Installation de câbles électriques sous-marins : un chantier titanesque

Les câbles de transport d'électricité posés au fond du détroit de Cabot, entre T.-N.-L. et la N.-É.
Les câbles posés dans le détroit de Cabot ont 10 cm d'épaisseur. Le câble sous-marin s'étendra sur 170 km. Photo: Emera NL

Un navire norvégien a entrepris un travail titanesque, cette semaine, au large de la côte sud-ouest de Terre-Neuve-et-Labrador : la pose des câbles sous-marins qui achemineront l'électricité du barrage hydroélectrique de Muskrat Falls, au Labrador, vers la Nouvelle-Écosse.

Lorsque le chantier sera terminé, il s’agira de la plus longue ligne sous-marine de transport d’électricité en Amérique du Nord, soit 170 kilomètres sous le détroit de Cabot, entre Cape Ray, à Terre-Neuve, et Point Aconi, en Nouvelle-Écosse.

Le navire norvégien, exploité par l’entreprise française Nexans SA, doit arriver à Point Aconi le 8 mai, si le temps le permet. Un deuxième câble sera ensuite posé au début juin. Les câbles seront prêts à servir d’ici la fin de l’année, après une série de tests.

 

Ce projet de 1,7 milliard de dollars, le Maritime Link, permettra au propriétaire du chantier de Muskrat Falls, Nalcor Energy, de Terre-Neuve-et-Labrador, de vendre de l’électricité du bas du fleuve Churchill à Nova Scotia Power, de la Nouvelle-Écosse.

Selon les besoins, l’électricité pourra aussi circuler en direction de Terre-Neuve-et-Labrador.

Des câbles imposants

Les deux câbles peuvent transporter chacun 250 mégawatts d’électricité. Ils pèsent ensemble environ 11 000 tonnes, soit davantage que la tour Eiffel.

Ils reposeront sur les fonds marins à 470 mètres de profondeur. Près des côtes, ils seront enfouis à une profondeur de 200 mètres ou moins, pour les protéger contre des équipements de pêche, des ancres ou le mouvement des glaces.

Le navire norvégien Nexans Skagerrak, qui procède à la pose des câblesLe navire norvégien Nexans Skagerrak, qui procède à la pose des câbles Photo : Emera NL

Ils n’ont pas besoin d’être enfouis en haute mer puisque « passé environ 200 mètres de profondeur, les courants sont faibles, donc le mouvement du fond marin ou des câbles sera minime », explique Rick Janega, président-directeur général d’Emera Newfoundland & Labrador, la société mère de NSP Maritime Link.

L'échéancier et les coûts respectés

Ce projet respecte pour l’instant l’échéancier et le budget fixés au départ, contrairement au chantier de Muskrat Falls, qui a deux ans de retard et dépasse de 4 milliards de dollars le budget initial. Sa facture totale pourrait frôler les 12 milliards.

La mise en exploitation du barrage devait coïncider, à l’origine, avec celle des lignes de transport d’électricité dans le détroit de Cabot, mais à cause des retards, l’électricité de Muskrat Falls n’arrivera en Nouvelle-Écosse qu’en 2020, au plus tôt.

Les câbles ne seront pas inactifs dans l’intervalle : Nova Scotia Power, une autre filiale d’Emera, doit s’en servir pour approvisionner en électricité l’île de Terre-Neuve afin de permettre à la province de fermer sa centrale au mazout de Holyrood, près de Saint-Jean.

Grâce à l’électricité de Muskrat Falls, la Nouvelle-Écosse pourrait réduire de 50 % ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, conformément aux règlements fédéraux, et atteindre l’objectif qu'elle s’est fixé de produire 40 % d’énergies renouvelables d’ici 2010.

Avec les informations de La Presse canadienne, et CBC

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Énergies renouvelables