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Boeing dépose une plainte contre Bombardier sur la C Series

Le bâtiment de la compagnie Boeing à Huntington Beach, en Californie

Le bâtiment de la compagnie Boeing à Huntington Beach, en Californie

Photo : AP / Jeff Gritchen/The Orange County Register/SCNG

La Presse canadienne

Boeing a déposé une plainte contre Bombardier à l'égard d'une campagne jugée « agressive pour vendre ses appareils de la C Series sur le marché américain à des prix dérisoires ».

Boeing demande au département américain du Commerce et à la Commission du commerce international des États-Unis (ITC) de faire enquête et d'agir contre les pratiques d'affaires de l'entreprise montréalaise.

Le rival américain réclame une enquête sur les subventions accordées à la C Series de Bombardier et sur la tarification de ces appareils.

Boeing demande au département américain et à l'ITC de prendre des mesures pour « mettre fin aux pratiques d'affaires injustes et illégales de Bombardier avant qu'il ne soit trop tard pour empêcher les effets négatifs importants sur l'industrie aérospatiale américaine et la perte de milliers d'emplois bien rémunérés. »

Selon Boeing, les subventions gouvernementales ont permis une « tarification agressive » par Bombardier pour ses avions de la C Series, « en concurrence directe avec les avions 737-700 et 737 MAX 7 fabriqués aux États-Unis. »

Bombardier « examine soigneusement [...] le dossier déposé par Boeing », a indiqué par courriel le porte-parole Simon Letendre, rejetant les allégations de l'entreprise.

« Bombardier structure ses opérations commerciales de façon à s'assurer du respect des lois et règlements des juridictions dans lesquelles nous exerçons nos activités, y compris dans les cas soulevés par Boeing », a affirmé M. Letendre.

« Bombardier est profondément impliquée dans l'économie américaine, avec environ 7000 employés dans des dizaines d'installations oeuvrant dans les secteurs tant ferroviaire qu'aéronautique – et ce, dans 17 États. »

« De plus, Bombardier dépense environ 3 milliards de dollars par année auprès de fournisseurs américains dans 48 États, générant des emplois aux États-Unis », a-t-il ajouté.

Boeing soutient que les informations publiques disponibles montrent que les appareils de la C Series seraient vendus aux États-Unis « moins de 20 millions de dollars américains pour des appareils qui coûtent 33 millions de dollars américains à produire. »

« Bombardier s'est lancée dans une campagne agressive pour vendre ses appareils de la CSeries sur le marché américain à des prix dérisoires. [...] Bombardier vend ses avions (de la C Series) aux États-Unis à des prix inférieurs de millions de dollars par rapport à ceux demandés au Canada – la définition même de dumping », a affirmé Boeing.

Le Brésil a aussi déposé cette année une plainte contre le Canada auprès de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) en lui reprochant de subventionner son secteur aéronautique.

L'an dernier, Bombardier a reçu 1 milliard de dollars américains du gouvernement du Québec contre une participation de 49,5 % dans le programme de la C Series.

Le gouvernement fédéral a consenti en février un prêt de 372,5 millions de dollars à l'entreprise pour le développement de l'avion d'affaires Global 7000 et de la C Series.

Ottawa rejette les prétentions de Boeing

Le ministre fédéral du Développement économique, Navdeep Bains, a affirmé par communiqué que le gouvernement rejette les allégations de Boeing et promet d'établir une « défense vigoureuse ». Selon le ministre, les programmes fédéraux respectent les obligations internationales du Canada.

Pour sa part, la ministre québécoise de l'Économie, de la Science et de l'Innovation, Dominique Anglade, a eu ce commentaire : « C'est avec force et fermeté que notre gouvernement continuera à défendre toute l'industrie aérospatiale québécoise, notamment le partenariat commercial que nous avons conclu avec Bombardier. [...] Les récentes déclarations concernant la gestion de l'offre, le bois d'œuvre, l'aluminium et maintenant l'industrie aérospatiale nous amènent à poursuivre notre mobilisation québécoise des partenaires syndicaux, des entreprises, de notre réseau de représentations aux États-Unis, en collaboration avec le gouvernement fédéral afin de défendre les intérêts du Québec et de promouvoir les bénéfices mutuels générés par une relation commerciale de longue date. »

Économie