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Le Championnat du monde, consécration dans la vie d’arbitre d’Olivier Gouin

L'arbitre québécois Olivier Gouin est l'un des trois arbitres canadiens qui seront d'office au Championnat du monde de hockey.

L'arbitre québécois Olivier Gouin est l'un des trois arbitres canadiens qui seront d'office au Championnat du monde de hockey.

Photo : LHJMQ

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Malgré les sacrifices qu'elle lui impose, Olivier Gouin aime sa vie de voyageur. Avant de participer au Championnat du monde de hockey, qui commence vendredi à Paris et à Cologne, l'arbitre québécois a travaillé dans trois ligues différentes et sur deux continents cette saison.

Un texte d'Étienne Lajoie

Il se trouvait dans un hôtel de Hershey, en Pennsylvanie, quand Radio-Canada Sports l’a contacté la semaine dernière. Le soir précédent, il avait arbitré un match entre les Bears de Hershey et les Phantoms de Lehigh Valley.

En après-midi, il devait prendre le chemin de Wilkes-Barre pour un autre match de Ligue américaine (LAH) en soirée.

« Je me promène partout. C’est une des parties les plus difficiles du métier », dit-il.

Le Lavallois, qui a aussi arbitré dans l'East Coast League (ECHL) et la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) en 2016-2017, estime dormir dans des chambres d’hôtel plus de 20 jours par mois durant la saison.

« C’est sûr que c’est beaucoup de voyagement, beaucoup d’heures en auto, beaucoup de voyages en avion avec des connexions à n’en plus finir parce que souvent, dans l’East Coast League ou dans la Ligue américaine, ce sont de petites villes. Donc, il n’y a pas de vols directs. »

— Une citation de  Olivier Gouin

Olivier Gouin doit aussi adapter sa façon d’arbitrer d’une ligue à une autre. « C’est différent de "dealer" avec des jeunes de 17 ans que de travailler avec des joueurs qui ont 28 ans, dit-il. Les standards ne sont pas pareils. Les joueurs ne sont pas aussi forts physiquement d’une ligue à l’autre et ne sont pas aussi rapides. »

Il arrive d’ailleurs au moins une heure avant le début de chacune de ses rencontres pour réviser les règles et se rafraîchir la mémoire.

Ses expériences dans la Ligue américaine ont été particulièrement enrichissantes parce qu’elles lui ont permis de côtoyer des collègues qui ont arbitré à temps partiel dans la LNH, où il n’a pas encore travaillé. « Tu as envie de leur poser plein de questions », raconte-t-il.

Le Championnat du monde, un gros défi

Olivier Gouin est l'un des trois arbitres choisis par Hockey Canada pour le Championnat du monde. Brett Iverson et Nathan Vanoosten sont les deux autres.

« Ça veut dire qu’ils pensent qu’on va bien représenter Hockey Canada, estime-t-il. L’IIHF [International Ice Hockey Federation] a aussi un mot à dire là-dedans. Ils pensent qu’on va bien faire ça, parce qu’au bout de la ligne, notre job, c’est que ça se passe bien sur la glace. »

Il l’admet sans détour, ce tournoi représente le plus grand défi de sa carrière. « C’est sûr que je suis très fébrile. Je compte les jours, disait le Québécois la semaine dernière. Ça va probablement être le hockey le plus fort, le plus vite que j’aurai vu. »

Au Championnat du monde, il découvrira de nouveaux joueurs et il s’en réjouit.

« Le plus de hockey que je peux faire, le plus de joueurs que je peux voir, le plus d'entraîneurs que je peux voir, le mieux c’est. »

— Une citation de  Olivier Gouin

De l'expérience

En 2015 et en 2016, Olivier Gouin a été arbitre à la Coupe Memorial, où il a travaillé avec Iverson et Vanoosten.

Il a aussi été choisi deux fois par l’IIHF pour des compétions internationales en 2016-2017 : le Championnat du monde junior division I et la Coupe continentale, disputée en Italie.

« C’est sûr que ça va aider, explique-t-il à propos de ces expériences. Les patinoires de grandeur olympique en Europe demandent plus de déplacements que celles en Amérique du Nord. »

« On a quand même quelques glaces olympiques au Québec, comme à Chicoutimi, poursuit-il. C’est sûr qu’il faut bouger nos pieds davantage, parce que c’est facile de se retrouver plus loin du jeu si on ne bouge pas les pieds. »

Un métier difficile

En mai 2015, Olivier Gouin s’est retrouvé au coeur d’une controverse quand l’entraîneur-chef des Remparts de Québec, Philippe Boucher, a été mis à l’amende pour un commentaire à son endroit et qui visait aussi le directeur de l’arbitrage de la LHJMQ, Richard Trottier.

« Tu ne peux pas te laisser affecter. Si ça t’affecte, tu n’as pas la bonne job. Ça peut être rough un peu, mais tu ne peux pas avoir une mentalité "je veux que tout le monde m’aime", ça ne marchera pas. »

— Une citation de  Olivier Gouin

De nombreux jeunes abandonnent leur métier d’arbitre à cause de l’environnement difficile dans lequel ils doivent travailler, regrette Olivier Gouin. « La moitié des arbitres lâchent après leur première année », dit-il à propos de la situation dans sa ville, Laval.

« J’ai l’impression que c’est plus personnel parce qu’il y a moins de monde dans les estrades, poursuit-il. Les arbitres ont 16, 17, 18 ans, il y a 40 personnes dans les estrades. Le parent qui crie, tu peux l’entendre très clairement. »

Un arbitre doit être fort psychologiquement, mais aussi physiquement, souligne-t-il également.

« Ça te prend des qualités de base sur patins, de forme physique, dit-il. Si tu ne les as pas, tu as bien beau avoir le meilleur jugement au monde, ça ne marchera pas. »

Enfin, un arbitre doit avoir le « courage pour appliquer le bon jugement ».

« Il y a des fois où tu dois mettre ton pied à terre, il y a des soirées où tu vois le match d’une façon, le coach le voit de l’autre et il pense que tu es dans le champ gauche. Tu dois continuer ton travail », conclut-il.

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