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La série 13 Reasons Why sème la controverse dans les écoles ontariennes

Katherine Langford en larmes dans une scène de «13 Reasons Why»

Katherine Langford joue le rôle d'Hannah dans «13 Reasons Why».

Photo : Netflix

Radio-Canada

Une nouvelle série américaine diffusée sur Netflix déplaît à des pédagogues ontariens. Certains vont jusqu'à dire que l'émission, qui porte sur le suicide d'une adolescente, pourrait être un élément déclencheur pour les jeunes plus vulnérables.

Un texte de Natacha Lavigne

La série dramatique 13 Reasons Why [13 Raisons en français], créée par Brian Yorker d’après le roman de Jay Asher, relate l’histoire d’Hannah Baker qui s’est enlevé la vie et a laissé derrière elle des cassettes audio afin d’expliquer son geste.

En plus de traiter du suicide, la série aborde des thèmes sensibles comme le viol, l’intimidation et la drogue. Certains y voient une occasion pour aborder ces sujets avec leurs adolescents, alors que d’autres relèvent plusieurs inexactitudes importantes.

C’est le cas de l’Équipe d’appui pour la santé mentale dans les écoles, qui a jugé bon envoyer une note à tous les conseils scolaires de la province, plus tôt cette semaine. En plus de déconseiller l'écoute de la série, elle propose des éléments de discussion pour les enseignants et leurs élèves.

Dans la série 13 Reasons Why, on raconte les derniers jours d'une adolescente qui s'est suicidée après avoir été mêlée à des histoires de harcèlement sexuel et de cyberintimidation.

Dans la série 13 Reasons Why, on raconte les derniers jours d'une adolescente qui s'est suicidée après avoir été mêlée à des histoires de harcèlement sexuel et de cyberintimidation.

Photo : YouTube / Netflix

Le Conseil scolaire de Hamilton-Wenworth, dans le sud de l’Ontario, a pris ces recommandations très au sérieux, si bien qu’il a fourni une liste de suggestions aux familles qui désirent écouter la série.

  1. Expliquez l’utilisation de l’effet dramatique : il s’agit d’une fiction qui comprend de nombreux éléments irréalistes.
  2. Clarifiez des notions véhiculées dans la série : le suicide n’est pas un geste héroïque ou romantique et la mort d’une personne par suicide n’est jamais la faute des proches.
  3. Encouragez des habitudes saines : assurez-vous que votre enfant sait que les périodes de stress ou de détresse psychologique sont normales et qu’il existe des façons saines de les surmonter.
  4. Notez les inexactitudes : les conseillers pédagogiques sont dépeints d’une manière négative dans la série. Il existe des professionnels dignes de confiance qui sont une source d’aide véritable.
  5. Soutenez vos enfants : parler ouvertement et honnêtement de la détresse émotionnelle et du suicide ne donnera pas des idées noires aux jeunes. Ne les jugez pas, écoutez-les et soyez attentionnés et gentils.

« Cette série convient à plusieurs [...], mais elle aura un impact négatif sur certaines personnes. Elles pourraient trop s'identifier au personnage principal et pourraient voir cette série comme une occasion de montrer l’impact qu’ont les comportements d’autrui sur elles », explique David Hoy, gestionnaire des services sociaux du Conseil scolaire de Hamilton-Wenworth.

Pour ces raisons, la direction a choisi de ne pas se servir de cette populaire série comme outil pédagogique.

On ne veut pas quelque chose qui est bon pour plusieurs, mais nocif pour certains

David Hoy, gestionnaire des services sociaux du Conseil scolaire de Hamilton-Wenworth

L'importance du dialogue

Des travailleurs sociaux sont toutefois moins tranchants et croient plutôt qu’il y a d'innombrables manières d’analyser la série américaine.

« Il peut y avoir du positif et du négatif qui émane de ça. D’une perspective positive, ça peut animer un dialogue entre un adolescent et un adulte, qui pourrait apporter plus de contexte à la série [...] De l’autre côté, il peut y avoir des répercussions plus négatives si la jeune personne n’est pas bien entourée », souligne Paul Jalbert, directeur des services cliniques au Centre de l’enfant et de la famille de Sudbury.

Il suggère que les parents « sachent ce que regardent leurs adolescents » et soient ouverts aux discussions. Autrement, M. Jalbert rappelle qu’il s’agit d’une série de fiction et que la notion du suicide est « beaucoup plus complexe » et mérite donc de faire l’objet de discussions dans les familles.

Bien que ce ne soit pas officiel encore, beaucoup de médias américains rapportent que 13 Reasons Why reviendra pour une deuxième saison.

Toronto

Suicide