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Procès de la GRC à Moncton : un surintendant soutient que les agents n'étaient pas armés pour affronter un tireur

Les policiers sur le qui-vive à Moncton

Les policiers qui ont fait face à Justin Bourque, le soir du 4 juin 2014, n'étaient pas, comme lui, équipés de carabines.

Photo : Radio-Canada / Michèle Brideau

Radio-Canada

Le surintendant Troy Lightfoot prend la relève de son collègue Bruce Stuart à la barre des témoins, au procès de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) concernant le meurtre de trois policiers à Moncton, en juin 2014.

La cour considère Troy Lightfoot comme un expert en matière d’utilisation de la force. Depuis 2015, il est responsable d’équipes d’urgence de la GRC à l’échelle nationale. Après la fusillade de Moncton, il avait donné le mandat à des experts d’aller dans les divers détachements de la GRC pour former les agents en matière de situations d’urgence - y compris des cas de tireurs actifs, comme l’a été Justin Bourque, auteur de la tuerie à Moncton.

M. Lightfoot a expliqué que bien avant la fusillade de Moncton, certains de ses collègues et lui-même se sentaient inférieurement armés. Il a parlé du programme de déploiement rapide de la GRC pour action immédiate. Cette formation, dit-il, n’était pas obligatoire pour tous les agents de la GRC de première ligne.

Troy Lightfoot a expliqué à la cour qu’il avait recommandé à la direction du corps policier de rendre cette formation obligatoire, mais « des décisions ont été prises autrement ».

Selon M. Lightfoot, les menaces sont omniprésentes du côté des policiers de première ligne. Il a demandé à ses supérieurs pourquoi ils ne ne voudraient pas que tous les agents soient formés.

Quant à l’emploi de carabines militaires, Troy Lightfoot a affirmé que la direction du secteur des recherches à la GRC lui avait dit (toujours avant la fusillade de Moncton) que les choses devaient être faites d'une certaine manière et qu’il fallait plus d'études.

La salle de cour est vide

Il y a très peu de personnes qui se déplacent pour assister à ce procès contre la GRC relativement aux dispositions du Code du travail. L'une des veuves des agents tués lors de la fusillade, Nadine Larche, a inscrit sur sa page Facebook qu'elle faisait appel aux membres de la GRC afin qu’ils se présentent à la cour, car ce procès pouvait faire changer les choses au sein de la GRC.

L'ancien superviseur de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) Terry McKee qui a supervisé deux des trois agents morts pendant la fusillade de Moncton a affirmé, jeudi, qu'il y avait une culture au sein de la GRC qui pouvait faire en sorte que certains agents de premières lignes ont peut-être peur d'assister au procès par rapport à l'image que cela pourrait envoyer à leur employeur. Le fait d'être de l'avis de la Couronne et donc contre la GRC, serait mauvais pour leur carrière.

Le témoignage de Bruce Stuart

Bruce Stuart a fait une déclaration clé à la toute fin de ses deux journées de témoignage, mercredi. En réponse à une question du procureur de la Couronne, il a affirmé que l'opinion publique comptait davantage que la sécurité des agents à l'époque de la tuerie à Moncton.

Il a fait état de plusieurs études, qui recommandaient toutes le déploiement de carabines au sein de la GRC.

Il a lui-même fait des recommandations en ce sens en mars 2006, mais son attention et celle de l'état-major de la GRC ont dévié vers un incident lors duquel des gendarmes ont utilisé un pistolet Taser pour maîtriser un homme à l'aéroport de Vancouver, en 2007. L'homme en est mort. L'opinion publique était très dure à cette époque envers le corps policier, a rapporté le surintendant Stuart.

De nouveau en 2011, une étude d'un chercheur de l'Université Carleton a recommandé le déploiement de carabines, mais la GRC a continué d'étudier la question. Ce n'est qu'à partir de 2014 que ces armes ont commencé à être distribuées aux agents dans les différents détachements.

Les agents abattus à Moncton le 4 juin 2014 n'en étaient pas équipés. Le tireur, Justin Bourque, disposait d'une arme semi-automatique de fort calibre.

Bruce Stuart a précisé que certains détachements de la GRC pouvaient se permettre d'acheter les armes dont ils avaient besoin sans délai, alors que d'autres détachements devaient échelonner leur acquisition sur des mois ou années.

Il a aussi dit que parfois, il avait le sentiment que la direction mélangeait les risques pour les agents et les questions d'ordre financier.

Le 4 juin 2014, les agents Doug Larche, Fabrice Gevaudan et Dave Ross sont tombés sous les balles de Justin Bourque, embusqué avec une arme semi-automatique à Moncton. Les agents Éric Dubois et Darlene Goguen ont aussi été blessés lors de cette fusillade.

La Couronne soutient que la GRC aurait dû former et équiper adéquatement ses agents et leurs supérieurs afin de répondre de façon sécuritaire à une telle fusillade. Le procureur de la Couronne Paul Adams avait soutenu dans ses plaidoiries préliminaires, lundi, que certains des policiers tués ce jour-là seraient peut-être toujours vivants aujourd’hui si la police fédérale avait respecté le Code du travail.

Me Adams a plaidé que la vaste majorité des policiers qui ont répondu ce jour-là à l’appel concernant un « tireur actif » n’avaient pas la formation requise en matière d’armes à feu. Selon la poursuite, au moins certains décès auraient pu être évités si la GRC avait respecté l’article 124 du Code du travail, qui prévoit que tout employeur doit « veiller à la protection de ses employés en matière de santé et de sécurité au travail ».

Avec les informations de Pierre-Alexandre Bolduc

Avec les informations de La Presse canadienne

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