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Le soldat mort à Wainwright était à bord d'un véhicule blindé léger

L'uniforme des Forces armées canadiennes

Il s'agit du cinquième accident mortel sur la base de Wainwright, en Alberta.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le sergent Robert Dynerowicz était aux commandes d'un véhicule blindé léger III au moment de l'accident qui lui a coûté la vie mardi à la base de Wainwright, à 200 km au sud-est d'Edmonton. Une enquête est en cours pour déterminer les causes de l'accident, qui n'est pas le premier survenu avec ce type d'engin dans cette base militaire.

Un texte de Camille Feireisen

Le sergent Robert J. Dynerowicz, du régiment Royal Canadian Dragoons de Petawawa, en Ontario, a été tué mardi matin. Trois autres soldats qui se trouvaient à l'intérieur du véhicule blindé léger III (VBL) ont été blessés. Deux d'entre eux ont pu retrouver leurs unités après une visite à l'hôpital, mais le troisième y est encore.

Le colonel Conrad Mialkowski, commandant du 2e Groupe-brigade mécanisé du Canada, a fait savoir que le sergent se trouvait dans la tourelle du VBL au moment de l'accident. L'appareil se trouvait sur une route de gravier très fréquentée, mais aucun autre véhicule n'est en cause dans l'accident.

« Le sergent était en train de faire un mouvement administratif, c'est-à-dire comme vous le verriez sur une route dans le monde civil. Il ne s'agissait pas d'une manoeuvre tactique », a déclaré Conrad Mialkowski.

Il a ajouté qu'il était encore impossible de savoir si le véhicule s'était renversé.

Conrad Mialkowski, commandant du 2e Groupe-brigade mécanisé du Canada, a fait savoir qu'une enquête était en cours.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Conrad Mialkowski, commandant du 2e Groupe de brigade mécanisé du Canada, a fait savoir qu'une enquête était en cours.

Photo : Radio-Canada

À l'heure actuelle, nous ne comprenons pas complètement ce qui s'est passé.

Conrad Mialkowski, commandant du 2e Groupe-brigade mécanisé du Canada

C'est désormais le Service national des enquêtes, une unité indépendante des Forces armées canadiennes, qui a repris l'enquête. Celle-ci doit déterminer les causes de l'accident en étudiant les conditions météorologiques, la visibilité et les conditions routières, l'état mécanique du VBL ainsi que le niveau de formation de l'équipage, a expliqué le colonel.

« Il neigeait au moment de l'accident, et la route était boueuse », a -t-il précisé.

Pas le premier décès à cause d'un VBL

Conrad Mialkowski considère que ces appareils sont sécuritaires. Lui-même dit en avoir conduit un durant huit mois lors de son service en Afghanistan.

« C'est un véhicule très fiable, un cheval de bataille pour notre armée depuis près de deux décennies », assure-t-il.

Photo de Robert J. DynerowiczAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Robert J. Dynerowicz

Photo : Défense nationale

Ce n'est pourtant pas la première fois que des soldats perdent la vie sur la base de Wainwright.

En 2014, le soldat Steve Allen est mort après l'effondrement d'une tour d'observation. La même année, le lieutenant-colonel Dan Bobbitt a lui aussi perdu la vie lorsque son véhicule blindé léger s'est renversé.

En 2007, le caporal Christopher Deliva a également perdu la vie lorsque son camion de 10 tonnes s'est renversé. Enfin, en 2005, le soldat Patrick Dessureault a trouvé la mort à Wainwright lorsque son VBL s'est renversé dans une rivière.

Des morts évitables?

Le véhicule blindé léger III pèse 6 tonnes et peut transporter 10 passagers.

Il est connu pour sa vélocité sur le terrain et pour son centre de gravité élevé, qui accroît la visibilité, mais aussi les risques d'accident, explique Jean-Christophe Boucher, professeur adjoint en science politique à l'Université McEwan.

C'est un véhicule qui va vite, qui va loin, mais, également, qui peut se déplacer dans un territoire urbain, et ça, c'est important, parce que les gros véhicules blindés à chenille ne peuvent pas le faire. Ces véhicules-là sont utilisés en Europe ou au Moyen-Orient, par exemple, où les routes sont plus étroites.

Jean-Christophe Boucher, professeur adjoint en science politique à l'Université McEwan

D'après lui, il n'est cependant pas envisageable de réduire le centre de gravité de l'appareil sans toucher à son efficacité sur le terrain. « Cela changerait complètement le véhicule et ses fonctions sur le champ de bataille », prévient-il.

Un véhicule blindé léger canadien, construit par General DynamicsAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un véhicule blindé léger canadien, construit par General Dynamics

Photo : Radio-Canada / .

Le gouvernement canadien a annoncé en 2009 un vaste chantier de modernisation de sa flotte de véhicules blindés légers et ce programme devait notamment améliorer la sécurité des passagers.

« C'est seulement à travers l'entraînement qu'on peut apprendre et éduquer les conducteurs à manoeuvrer, par exemple, ne pas prendre trop vite une bosse de côté, ce qui risquerait de les faire renverser », pense Jean-Christophe Boucher.

Le colonel-maître Michel Drapeau, professeur de la faculté de droit à l'Université d'Ottawa, abonde dans le même sens : il n'est pas possible de réduire le centre de gravité.

Selon lui, il faut s'assurer que les moyens mécaniques et les instructions sont respectés.

Il estime toutefois que les enquêtes gagneraient à être rendues publiques, car celles de l'armée canadienne sont tenues secrètes.

Le noeud du problème, dans tout ça, c'est que, quand il arrive ce genre de tragédie, on devrait avoir une enquête publique. Cela s'appelle une enquête du coroner. Les gens viendraient à visage découvert témoigner devant M. et Mme Tout-le-Monde sous serment.

Colonel-maître Michel Drapeau, professeur de la faculté de droit à l'Université d'Ottawa

Il regrette aussi que peu de recommandations claires aient été tirées des précédentes enquêtes sur les morts de 2005 et de 2014.

Le sergent participait à l'exercice « Rugged Bear », auquel quelque 3000 soldats du 2e Groupe-brigade mécanisé du Canada participent.

Robert Dynerowicz, que ses amis surnommaient Dino, avait rejoint les forces armées en 2005 et effectué deux services à Kandahar, en Afghanistan, en 2007 et en 2010.

Alberta

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