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« On ne peut pas fermer la ville de Val-d'Or pour maintenir 50 caribous », déclare Luc Blanchette

Luc Blanchette, ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, annonce qu'un troupeau de caribous de Val-d'Or sera déménagé au Zoo de Saint-Félicien

Luc Blanchette, ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, annonce qu'un troupeau de caribous de Val-d'Or sera déménagé au Zoo de Saint-Félicien

Photo : Radio-Canada / Sandra Ataman

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Luc Blanchette, affirme que sa décision de déplacer la harde de caribous forestiers de Val-d'Or vers le Zoo sauvage de Saint-Félicien est basée sur des faits scientifiques. Le quotidien Le Devoir a publié mercredi matin un article affirmant que Québec refuse de fournir les éléments factuels et documents qui justifient cette décision.

« C'est basé sur la science »

En entrevue à l'émission Des matins en or, le ministre Blanchette a énuméré certaines de ses sources. Selon lui, les analyses ont été faites par « les gens du ministère » ainsi que par des biologistes « à l'externe ». « On a travaillé même avec le fédéral là-dessus », dit-il.

« C'est basé sur la science. En bas de 50 [individus], les chances de recouvrer [la harde] ne sont pas évidentes. »

— Une citation de  Luc Blanchette, ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs

D'autres solutions auraient-elles été possibles?

Luc Blanchette a évoqué que d'autres solutions auraient pu être envisagées, mais qu'elles auraient occasionné de trop grands dérangements. « Toutes les mesures qui pourraient être prises pourraient représenter des surfaces immenses. On parle même jusqu'à 10 000 kilomètres carrés. Vous imaginez? 10 000 kilomètres carrés, c'est cinq fois la superficie de la ville de Québec. Ce serait des camps de chasse, ce serait des entreprises forestières, ce serait des chasseurs, pêcheurs, trappeurs et tout ça serait effectivement très bouleversé », soutient-il.

« Il faut bien comprendre que les exigences pour recouvrer [la harde] prendraient entre 35 et 40 ans, bouleverseraient l'écosystème de tout ce qu'on a, continue-t-il. Quelque part, il y a des conciliations des usages qu'il faut prendre puis c'est vrai pour les individus que je viens de nommer, c'est vrai pour l'industrie forestière, c'est vrai pour l'industrie minière. »

« On ne peut pas fermer la ville de Val-d'Or pour maintenir 50 caribous forestiers. »

— Une citation de  Luc Blanchette, ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs

L'accès au territoire

Interrogé à savoir s'il avait choisi de sacrifier le caribou forestier de Val-d'Or au profit de l'accès du territoire, Luc Blanchette a répondu par la positive.

« L'accès au territoire, oui, je le dis, mais en même temps, de façon réaliste. Je ne peux pas corriger le passé parce que dans les années 60, 70, on a pris des décisions de construire des chemins forestiers, de donner accès à la ressource... Là, on ne peut pas tout changer ça », fait valoir le ministre.

« Inacceptable », disent Québec solidaire et le Parti québécois

Québec solidaire juge irresponsable la décision du ministre Luc Blanchette de déménager les caribous forestiers de Val-d'Or au zoo de Saint-Félicien. Selon le porte-parole régional de Québec Solidaire, Guy Leclerc, plusieurs mesures de conservations pourraient être mises en place, mais le gouvernement les refuse parce qu'elles sont trop coûteuses. Guy Leclerc estime que le gouvernement sacrifie le caribou au profit d'intérêts économiques.

« Il a avoué que le caribou est en conflit avec le développement économique, fait valoir M. Leclerc. Donc, le développement économique passe devant le caribou. Là, on parle de caribou, mais ce n'est pas [juste] le caribou [qui est en jeu]. C'est la forêt et la faune [qui sont en jeu]. Il y a des centaines et des centaines dans ces territoires-là. Ils ont besoin de ces territoires-là. Ils ont besoin de corridor de migration. Ils ont besoin de zone pour survivre. C'est ça qu'on ne respecte pas. Là, le caribou, c'est l'alarme. »

Pour sa part, le député d'Abitibi-Ouest, François Gendron, juge inacceptable que le ministre Luc Blanchette ait rendu sa décision sans consulter les spécialistes de la région.

« Pourquoi un ministre régional refuse de consulter son monde?, s'interroge le doyen de l'Assemblée nationale. Il est ministre régional et c'est chez nous que ça se passe. C'est un exemple de décision centralisée. C'est un exemple de non-consultation du milieu concerné. C'est un exemple qui n'a pas de bon sens de dire : ''moi je n'ai pas d'étude à fournir, je n'ai pas à rien dire, mes fonctionnaires m'ont dit de faire cela. Je fais cela.'' »

Écoutez ici le passage d'entrevue à ce sujet avec Luc Blanchette à Des matins en or.

Entrevue avec Luc Blanchette, ministre de la Faune

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