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L'avantage des athlètes transsexuelles en sport féminin, un mythe?

Rose Pholjaroen,  une athlète thailandaise transgenre, s'entraîne.

Rose Pholjaroen est une athlète thailandaise transgenre qui pratique le muay thai.

Photo : Getty Images / (Photo by Taylor Weidman/Getty Images)

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La place des athlètes transsexuelles dans le sport féminin soulève des questions en matière d'équité. La physicienne médicale Joanna Harper explique que les chercheurs n'ont toutefois pas encore pu déterminer de façon définitive l'impact de la transition hormonale dans la pratique des différents sports. Elle ajoute d'ailleurs que les performances des femmes transsexuelles ne sont pas systématiquement supérieures à celles des autres femmes.

Un texte de Simon Roberge

Joanna Harper, qui a été conseillère du Comité international olympique pour les Jeux de Rio, explique que la plupart des avantages liés au fait d'être nées de sexe biologique masculin disparaissent après moins d'un an de thérapie hormonale. Elle souligne d'ailleurs que la performance sportive dépend de plusieurs facteurs. « C’est très compliqué lorsqu’on parle d’équité dans le sport », admet celle qui a publié une étude sur les temps de course des athlètes qui suivent une transformation hormonale. « On ne peut pas déterminer si c’est tout blanc ou tout noir. »

La transition hormonale et la suppression de la testostérone touchent différemment les habiletés athlétiques. La réaction à ces traitements est répartie en trois classes d'attributs, soit les attributs répondants, les attributs répondants incomplets et les attributs non répondants.

Attribut répondant :
L’endurance — En moins d’un an de thérapie, les athlètes transgenres ont perdu 100 % des avantages liés à l’endurance physique.

Attribut répondant incomplet :
La masse musculaire — La masse musculaire diminuera beaucoup, mais sans atteindre le niveau moyen pour une femme. Les femmes transsexuelles sont donc en moyenne un peu plus fortes que les femmes cissexuelles (personne dont l’identité de genre correspond au sexe biologique ou assigné à la naissance).

Attribut non répondant :
La taille — La taille des femmes transsexuelles demeure inchangée à la suite d'une transition hormonale. Les athlètes transsexuelles sont donc en moyenne plus grandes que les autres.

La mauvaise question à poser

Joanna Harper, elle-même une athlète transsexuelle en athlétisme, estime toutefois que le débat ne réside pas dans la question de l’avantage des athlètes transsexuelles.

Elle rappelle que les attributs qui donnent des avantages dans les sports sont nombreux et que chaque sport doit faire des choix. « Nous permettons déjà à des athlètes qui ont des avantages physiques de participer aux Jeux olympiques ou à des sports majeurs, explique-t-elle. Nous avons laissé les joueurs gauchers jouer avec les droitiers au baseball, mais nous ne laissons pas les poids lourds boxer avec les poids mouche parce que l'avantage serait trop important. »

Joanna Harper en train de courir.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Joanna Harper a réalisé une étude en 2015 sur les performances des athlètes transgenres.

Photo : Joanna Harper

« La question n'est donc pas de savoir si les athlètes transsexuelles ont un avantage, souligne-t-elle. Elle est plutôt de savoir s'il est raisonnable de les faire participer dans les mêmes catégories que les autres athlètes. »

« Nous n'avons pas de réponse définitive à cette question pour l'instant, conclut-elle. Mais les données indiquent qu'il est probablement raisonnable de laisser les athlètes transsexuels participer au même titre que les athlètes cissexuels. »

Certainement pas d’avantages… mêmes des désavantages

Laura Budd habite une ferme en Saskatchewan et suit depuis trois ans une transformation hormonale pour devenir une femme. Elle explique que, non seulement elle ne perçoit pas d’avantages physiques, mais elle doit même travailler plus fort que les autres pour conserver ses habiletés.

Laura Budd durant une entrevue.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Laura Budd joue dans un club de hockey féminin à Yorkton.

Photo : Radio-Canada / Simon Roberge

« Je suis probablement la joueuse la plus lente de mon équipe et même de la Ligue », lance Laura Budd qui joue au hockey récréatif dans le club de hockey féminin de Yorkton. « La structure musculaire et la rapidité des mouvements changent lors de la transition, et le cerveau doit compenser. Nous avons donc à travailler plus fort que les autres pour rester compétitifs. »

Laura Budd a 52 ans, elle a commencé sa transition (homme vers femme) lorsqu'elle avait 45 ans.

« Tout le monde a des avantages et des désavantages reliés à sa taille et à son poids, mais j'ai perdu beaucoup de masse musculaire, et mes os et ma taille sont restés les mêmes, conclut-elle. Je dois donc travailler plus fort pour bouger mon corps qu'une femme cissexuelle de ma taille. »

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