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Bois d’œuvre canadien : réactions partagées sur la Côte-Nord

Le maire de Baie-Comeau, Claude Martel, devant l'usine à papier Résolu

Le maire de Baie-Comeau, Claude Martel, devant l'usine à papier Résolu

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

L'annonce de l'imposition par les États-Unis de droits compensateurs sur le bois d'œuvre canadien fait réagir sur la Côte-Nord.

Un texte de Laurence Royer

Le maire de Baie-Comeau, Claude Martel, croit que Produits forestiers Résolu est bien placé dans la Manicouagan pour traverser cette période difficile : « En remettant l'usine [de papier journal] compétitive comme elle peut l'être à Gatineau et en intégrant les opérations de la scierie des Outardes, je pense que notre région devrait être épargnée ou moins durement frappée. »

De son côté, le président du syndicat Unifor à la scierie des Outardes, Bernard Plante, mentionne que les travailleurs se demandent si cette taxe aura un impact sur les opérations de la compagnie.

Les gens sont inquiets un peu. Par contre, il est difficile pour les travailleurs de prédire l'avenir

Bernard Plante, président du syndicat Unifor à la Scierie des Outardes

Bernard Plante rappelle que les affaires vont bien pour Résolu. La compagnie forestière qui a investi 2 millions de dollars dans la scierie continue d'embaucher des travailleurs. D'autres investissements seraient retardés.

Port-Cartier s’inquiète

L’inquiétude provoquée par ce nouveau conflit sur le bois d'œuvre qui se dessine est plus importante à Port-Cartier.

La mairesse, Violaine Doyle, perçoit cette taxe comme une menace pour la Côte-Nord dont plusieurs municipalités dépendent de l'industrie forestière.Elle craint que les droits compensateurs freinent les ambitions d'Arbec, à Port-Cartier, même si ses projets ne sont pas remis en question, d'après elle.

La mairesse de Port-Cartier, Violaine Doyle

La mairesse de Port-Cartier, Violaine Doyle

Photo : Radio-Canada

La mairesse somme le gouvernement Trudeau et Couillard d'annoncer des mesures d'aide.

Elle souhaite aussi que Québec investisse dans la mise aux normes du quai municipal, ce qui selon elle, pourrait permettre à Arbec d'être plus rentable et de mieux traverser ce conflit. « Le quai est à proximité des installations d'Arbec. Ça pourrait être pour eux une façon d’améliorer leur compétitivité du bois d'œuvre là où il y a un train », affirme Violaine Doyle.

Des résidents de Port-Cartier appréhendent également l’imposition des droits compensateurs: « Ça va encore affecter notre usine, probablement. On va encore être sur le qui-vive. Ça fait des années qu'on l'est et on va continuer à l'être », s’inquiète une résidente de Port-Cartier.

« Ce n’est déjà pas fort à Port-Cartier. S'il fallait que ferme cette industrie-là en plus, ce serait terrible » rajoute un passant.

Selon la mairesse de Port-Cartier, Arbec pourrait devoir payer un taux de 20 % à la frontière. Produits forestiers Résolu prévoit que le nouveau tarif sera au taux de 12,92 %.

D'après les informations de Marlène Joseph-Blais et de Charles Alexandre Tisseyre

Côte-Nord

Industrie forestière