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Les producteurs de bois d’oeuvre albertains prêts à se battre contre la taxe américaine

Photo d'ullistration de l'industrie forestière

L'industrie du bois d'oeuvre au Canada repose majoritairement sur le marché américain.

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le département américain du Commerce annoncera mardi l'imposition d'une taxe sur le bois d'oeuvre canadien, allant de 3 % à 24 %. Les quelque 19 000 Albertains travaillant dans l'industrie forestière seront les premiers touchés, mais se disent prêts à se battre.

En Alberta, le secteur forestier emploie environ 19 000 personnes de façon régulière, et 38 000 autres dépendent des activités générées par l’industrie.

« Ce sont 70 communautés qui dépendent de la foresterie », indique le porte-parole de l’Association des produits forestiers de l’Alberta, Brock Mulligan.

Le gouvernement américain veut imposer ces droits compensateurs sur le bois d’œuvre, car l’accord gérant les échanges de ce matériau entre le Canada et les États-Unis est échu depuis octobre 2015. Les discussions qui ont suivi n'ont pas abouti.

Le taux varie en fonction de l'évaluation effectuée par les responsables américains. L’entreprise J.D. Irving ltée, au Nouveau-Brunswick, se verra imposer une taxe de 3 %, tandis que celle de West Fraser Mills, en Colombie-Britannique, atteindra 24,12 %. La plupart des autres entreprises se verront imposer une taxe de 19,88 %.

Le coût supplémentaire va rendre les produits plus chers et mettre en danger les emplois, selon M. Mulligan. « Nous avons toujours gagné, et nous gagnerons de nouveau », affirme-t-il toutefois.

Cinquième conflit sur le bois d’oeuvre

Le retour des taxes à l’exportation lancera le cinquième conflit commercial sur le bois d'œuvre entre les deux pays nord-américains.

Le dernier remonte à 2001. Les Américains avaient alors imposé des droits compensateurs de 27,22 % sur le bois d'œuvre et des droits antidumping oscillant entre 2 % et 16 %, selon les entreprises visées.

Le Canada avait alors poursuivi les États-Unis devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC), qui lui avait donné raison. Ce jugement avait ouvert la porte à un compromis entre les deux pays.

Étendre son commerce à l’Asie

Malgré quelques incursions en Chine, les États-Unis restent le principal marché pour les exportations de bois d’oeuvre canadien.

Selon le département du Commerce, les exportations de bois d'oeuvre à destination des États-Unis ont totalisé 4,7 milliards de dollars américains en 2016. L'Institut économique de Montréal estime que le marché américain représente près de 75 % des exportations canadiennes de bois d'oeuvre et près de 24 300 emplois directs.

Les producteurs albertains s’intéressent tout de même de plus en plus au marché chinois pour exporter, indique M. Mulligan. Il ajoute que les efforts sont d’ailleurs concentrés sur l'extension de leur commerce vers l’Asie.

Il y a des actions qui sont menées pour diversifier nos marchés, en particulier avec la Chine et ces efforts commencent à porter fruit.

Une citation de : Brock Mulligan, porte-parole de l'Association des produits forestiers de l'Alberta

Le Canada va se défendre

Le ministre des Ressources naturelles, Jim Carr, et la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, ont fait part de leur désaccord en ce qui concerne la décision du département du Commerce. Ils entendent défendre l’industrie canadienne devant les tribunaux.

En attendant que la crise soit résolue, l’Alberta subira tout de même des pertes dans ce secteur, prévient M. Mulligan.

Ottawa a promis une aide immédiate aux entreprises grâce aux programmes existants. Les ministres se rendent bientôt en Chine, au Royaume-Uni et en Europe afin de promouvoir la diversification du marché.

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