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Taxe sur le bois d'oeuvre : les producteurs de la région ne sont pas au bout de leur peine

Des employés d'une usine de bois d'oeuvre

Des employés d'une usine de bois d'oeuvre

Photo : ICI Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les États-Unis imposent des droits compensateurs d'une moyenne de 20 % sur les exportations canadiennes de bois d'oeuvre. On craint les conséquences de cette taxe sur la santé financière des usines de sciage et producteurs forestiers de la région.

Les nouveaux tarifs douaniers annoncés mardi par les Américains varieront selon les entreprises et les provinces, et pourraient atteindre jusqu'à 24 %.

Ils s'appliqueront rétroactivement sur 90 jours pour les compagnies forestières qui ont augmenté leurs exportations vers les États-Unis depuis la fin 2015.

Cette taxe sur le bois de construction va toucher le secteur forestier gaspésien et bas-laurentien. Mais selon les industriels, il est trop tôt pour savoir de quelle manière les scieries de la région seront affectées.

Producteurs forestiers inquiets

C'est une tuile de plus qui nous tombe sur la tête, même si on s'y attendait.

Une citation de : Pierre-Luc Desjardins, directeur général du Groupement forestier coopératif Baie-des-Chaleurs

Les producteurs forestiers de la Gaspésie sont préoccupés par ces nouveaux droits compensateurs.

Dans le sud de la péninsule, le Groupement forestier coopératif Baie-des-Chaleurs, qui emploie 70 travailleurs, alimente entre autres les usines de sciage de Saint-Elzéar, de Temrex à Nouvelle et du groupe de scieries GDS à Pointe-à-la-Croix.

Malgré une diversification de ses activités, le groupement évalue que le résineux de sciage représente toujours 70 % de ses livraisons.

« Dans les deux dernières années, nos clients principaux étaient les usines de sciage de la région. On fait d'autres produits, on fait du tremble... Pour ces produits-là, le marché est déjà difficile. C'est vraiment dans le sciage résineux qu'on avait des meilleurs prix et de meilleurs accès aux marchés. C'est sûr que ça va nous faire mal », explique Pierre-Luc Desjardins, directeur général du Groupement forestier coopératif Baie-des-Chaleurs.

Pierre-Luc Desjardins rappelle que les travailleurs forestiers ont déjà été touchés par la perte du programme de création d'emploi en forêt, propre à l'Est du Québec.

Taxe supplémentaire à venir

Chez Bois d'oeuvre Cédrico, le directeur Denis Bérubé, s'attend à ce qu'une autre taxe soit ajoutée à celle-ci au mois de juin, ce qui rendra encore plus difficile l'exportation de bois d'oeuvre aux États-Unis.

Les Américains imposent ces droits compensateurs parce qu’ils considèrent que l’industrie canadienne est subventionnée illégalement.

Le lobby américain du bois d'oeuvre soutient également que l'industrie canadienne s'adonne au dumping en vendant au sud de la frontière ses produits forestiers à des prix « inférieurs à leur juste valeur ».

Denis Bérubé avertit qu'une autre taxe pour dumping doit être connue autour du 23 juin. « Pour aujourd’hui, elle peut être de 20 %, puis celle qui s’en vient peut être dans les 10, les 12, les 15, on ne le sait pas », dit-il.

Finalement, quand on entendait parler d’une taxe autour de 30 à 40 %, ben ça va être ça au final.

Une citation de : Denis Bérubé, directeur Bois d'oeuvre Cédrico

Écoutez l'entrevue de Denis Bérubé ICI, à l'émission Bon pied, bonne heure!

Denis Bérubé ajoute qu’il devra appliquer une gestion « prudente » à l'usine de sciage de Causapscal pour traverser la tempête, mais il ne prévoit pas de pertes d'emploi. Jusqu'à 70 % de la production de l'entreprise est exportée aux États-Unis.

Aide financière

Québec a annoncé qu'il soutiendrait financièrement les entreprises touchées par la crise commerciale.

En point de presse, le député de Bonaventure et porte-parole du Parti Québécois en matière de forêts, Sylvain Roy, s'est dit satisfait de cet engagement.

Le Parti québécois doute toutefois que le programme de garantie de prêt réponde adéquatement aux besoins de l'industrie évalués à 300 millions de dollars.

Sylvain Roy rappelle l'importance d'appuyer aussi les fournisseurs de l'industrie forestière.

« On parle des camionneurs, des entreprises de coupe forestière. On demande donc à ce que le programme soit adapté aux besoins des entreprises, et non à des règles contraigantes », dit-il.

Lors du dernier conflit du bois d'œuvre, 15 000 travailleurs de l'industrie avaient été licenciés.

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Est du Québec