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Sensibiliser contre l’exploitation sexuelle à Edmonton

La brigade des moeurs la police d'Edmonton a changé de nom pour celui de division du trafic humain et de l’exploitation sexuelle.

La brigade des moeurs de la police d'Edmonton a changé de nom pour celui de division du trafic humain et de l’exploitation sexuelle.

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Radio-Canada

Plusieurs organismes d'Edmonton dénoncent l'exploitation sexuelle, au moment où l'avènement d'Internet rend le travail des trafiquants plus facile que jamais, estiment-ils.

Pour tenter de contrer cette problématique, ils tentent de conscientiser la population durant la Semaine de sensibilisation contre l’exploitation sexuelle d’Edmonton.

La couleur orange a été choisie pour représenter la solidarité envers cette cause. Des conférences sur l’exploitation sexuelle des jeunes sur Internet ainsi que sur le modèle masculin d'aujourd'hui font partie des activités de sensibilisation prévues.

Le service de police de la Ville d’Edmonton a également acheté de l’espace sur des panneaux publicitaires pour conscientiser le public au fait qu’acheter un service sexuel est un crime.

La directrice générale du Centre pour en finir avec toutes les formes d’exploitation sexuelle, Kate Quinn, croit que ce phénomène ne diminue pas, mais se transforme.

« C’est un gros problème, ici, en Alberta. Il y a des tendances qui naissent en 2017, qu’on ne voyait pas il y a 20 ans. Tout d’abord, il y a moins de prostitution visible dans la rue, [...] il y en a plus sur Internet. C’est devenu la nouvelle rue », soutient-elle.

« On voit plus de femmes asiatiques qui sont vendues sur les sites de services sexuels ou de salons de massage, ce qu’on ne voyait pas il y a 10 ans. [...] L’accroissement de l’industrie pornographique contribue aussi [au phénomène] », affirme Mme Quinn.

Son organisme a traduit son site Internet en français, en chinois et en coréen dans l'espoir que les femmes victimes de trafic humain feront appel à lui.

« Nous avons eu un cas récemment d’une jeune femme du Québec, qui était venue d’elle-même [en Alberta pour offrir des services sexuels]. Un proxénète l’a toutefois mise sous son emprise et lui a volé tout son argent. Elle était ici à Edmonton sans argent et très effrayée », raconte Mme Quinn.

La police avait pris contact avec elle quelques jours avant pour lui dire : "Nous sommes là si tu as besoin d’aide." Elle l'a donc appelée.

Kate Quinn, directrice générale du Centre pour en finir avec toutes les formes d’exploitation sexuelle

Le Centre pour en finir avec toutes les formes d’exploitation sexuelle a été contacté par la police pour aller la chercher et l'accompagner jusque dans un avion pour retourner au Québec.

Des efforts sont également faits du côté du service de police à Edmonton.

Les policiers tentent notamment d’inciter les hôtels à donner une formation à leurs employés pour détecter l'existence de l’exploitation sexuelle et expliquer la démarche à suivre dans une telle situation.

Le service de police a aussi symboliquement changé le nom de la brigade des moeurs pour celui de division du trafic humain et de l’exploitation sexuelle.

« Notre but, ce n’est pas seulement de tenir les délinquants responsables devant la loi, mais aussi de leur faire prendre conscience des conséquences de leurs actions. Payer pour des relations sexuelles contribue à la victimisation des femmes », explique le sergent-chef de la division, Dale Johnson.

L’égalité pour terminer l’exploitation sexuelle

Pour Kate Quinn, tant et aussi longtemps que l’égalité de sexes ne sera pas atteinte, notamment d’un point de vue économique, l’exploitation sexuelle perdurera.

« Nous devons modifier les conditions économiques et d’égalité des femmes. Beaucoup de femmes sont dans une situation économique désespérée », conclut Mme Quinn.

Alberta

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