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Itinérance à Victoria : quand dormir dans un parc est la seule solution

Des effets personnels sous des bâches près d'un parc de Victoria.

Des effets personnels sont visibles près du parc Reeson dans le centre-ville de Victoria, où de plus en plus de sans-abri trouvent refuge la nuit.

Photo : Radio-Canada / Nahila Bendali

Radio-Canada

Un parc du centre-ville de Victoria héberge de plus en plus de sans-abri qui y passent la nuit faute d'autres endroits où aller, mais cette hausse crée un sentiment d'inquiétude.

Un texte de Nahila Bendali

La capitale britanno-colombienne autorise les gens à trouver refuge dans les parcs municipaux, à condition de libérer les lieux dès 7 h. Le parc Reeson, en plein secteur touristique de Victoria, est l’un de ces parcs où certains passent la nuit.

Un homme rencontré au parc, qui se présente sous le pseudonyme Rockit, dort de temps à autre au parc Reeson. Il indique avoir travaillé dans l’industrie de la musique, mais certains de ses choix l’ont mené à la rue en janvier. « Je ne veux pas devoir rester dans ce parc. Je veux bâtir quelque chose de meilleur », dit-il.

Un homme assis sur une chaise dans un parc de VictoriaAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Rockit dort parfois au parc Reeson, à Victoria. Il est sans domicile fixe depuis janvier.

Photo : Radio-Canada / Nahila Bendali

Rockit et d’autres personnes qui fréquentent le parc s’affairaient à nettoyer les lieux lundi matin. « Je le fais pour que ceux qui ont besoin d’aide [...] ne finissent pas avec nulle part où aller, ou en prison », explique Rockit. Ce dernier aimerait voir plus d'aide pour les gens comme lui, qui n'ont pas d'autre choix que de dormir à l'extérieur.

Bien que les tentes ne soient pas visibles pendant la journée, comme le veut le règlement municipal, des effets personnels sont bien présents aux alentours. « C’est une nuisance visuelle », croit Hartley Nash, qui travaille dans une école de design à proximité du parc. « Les policiers sont là chaque matin [...] Depuis un mois, il y a plus de gens dans le parc. »

Hartley Nash s’inquiète d’une hausse des activités illégales dans le secteur. « Ce genre de condition de vie apporte des problèmes. Il y a un certain inconfort ici, puisque nous avons de jeunes étudiants », explique Mme Nash.

La façade de la Pacific Design Academy, au centre-ville de VictoriaAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Hartley Nash travaille dans cette école de design, à quelques pas du parc Reeson, où de plus en plus de sans-abri passent la nuit.

Photo : Radio-Canada / Nahila Bendali

Solutions recherchées

Dans un courriel, la police de Victoria confirme voir plus de gens qui dorment dans le parc dernièrement. « Nous continuons de nous rendre là-bas régulièrement avec des agents responsables des règlements municipaux pour appliquer le règlement », est-il écrit.

Règlement municipal concernant les abris dans les parcs de Victoria :

  • Les abris doivent être temporaires (tentes ou abris construits avec des bâches ou des cartons);
  • les abris sont acceptés dans les parcs entre 20 h et 7 h de mars à octobre (entre 19 h et 7 h de novembre à février);
  • les abris ne peuvent rester érigés après 7 h., les objets de valeur peuvent être saisis;
  • les feux de camp sont interdits.


Source : Ville de Victoria

La municipalité travaille de concert avec BC Housing pour trouver du logement aux personnes qui dorment dans les parcs, assure le directeur municipal de Victoria, Chris Coates. L’organisme gouvernemental tente d’offrir des options de logement à long terme pour les plus démunis, surtout depuis le « village de tentes » qui s’était installé près du palais de justice de Victoria l’année dernière.

Une carte montre un chemin piétonnier, ainsi qu'un parc municipal Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le parc Reeson est situé au centre-ville de Victoria, dans un secteur touristique de la capitale provinciale.

Photo : Radio-Canada / Nahila Bendali

Pourvu que les règlements municipaux soient respectés, ceux qui dorment au parc Reeson n’ont rien à craindre, indique Chris Coates. Il précise que la Ville et les autorités surveillent la situation, notamment en ce qui a trait aux effets personnels visibles près du parc.

« La pointe de l’iceberg »

Le problème d’itinérance ne fait qu’augmenter depuis quatre ans, déplore pour sa part Kelly Newhook, directrice de Together Against Poverty Society (TAPS), un organisme qui milite pour les droits des plus démunis. Il y aurait plus de 1300 personnes itinérantes à Victoria selon un décompte en février 2016, indique Mme Newhook. « Le village de tentes n’était que la pointe de l’iceberg. »

Les refuges pour les itinérants sont débordés et les prix des logements augmentent de façon faramineuse dans la capitale, constate-t-elle. Kelly Newhook dénonce aussi la fermeture de deux refuges pour sans-abri dans la capitale, qui avaient été mis en place après le démantèlement du village de tentes.

Mme Newhook croit qu’il y a des solutions possibles au problème de l’itinérance. Il faudrait inciter les propriétaires de certains immeubles à moitié vides à louer ces logements, croit la directrice de TAPS. Elle ne comprend pas pourquoi certains immeubles restent vides tandis que la ville fait face à un taux d'inoccupation très bas.

Il faut également investir dans différentes options de logements sociaux, mais l’argent des différents ordres de gouvernement prend du temps à arriver, constate-t-elle.

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