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Hockey au Nunavik : un baume sur le coeur, selon Joé Juneau

Comme les arénas du Nunavik ne sont pas chauffés, il n'est pas rare qu'un match se dispute avec un mercure de -30°C. Des conditions plus difficiles pour le matériel électronique que pour les Inuits.

Comme les arénas du Nunavik ne sont pas chauffés, il n'est pas rare qu'un match se dispute avec un mercure de -30°C. Des conditions plus difficiles pour le matériel électronique que pour les Inuits.

Photo : Radio-Canada / Bruno Giguère

Lettre ouverte
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'ancien joueur de la LNH Joé Juneau s'exprime dans nos pages sur l'abolition du volet Select du Programme de développement des jeunes du Nunavik axé sur le hockey. Le programme vise à inculquer aux jeunes Inuits de saines habitudes de vie et prévenir la criminalité.

Par Joé Juneau

Ces derniers jours soulignent la fin de la 11e année du Programme de développement des jeunes du Nunavik axé sur le hockey (PDJNH). Cette période marque également la conclusion de son volet Sélect dans lequel nous avons énormément investi, et qui donnait l’occasion à plusieurs jeunes hockeyeurs de représenter le Nunavik dans différents tournois. Ce volet incitatif et éducatif leur donnait également la possibilité d’apprendre plusieurs leçons de vie, de développer leur capacité à travailler en équipe et de renforcer leur sentiment de fierté et d’appartenance au Nunavik.

Plusieurs organismes réputés ont salué le travail accompli via ce programme. Sports Québec l’a d’ailleurs honoré le 19 avril dernier, lors de son 44e gala. C’est avec énormément d’émotions que j’ai accepté cette reconnaissance, celle-ci étant particulièrement significative considérant le dénouement des derniers mois.

Joé Juneau et des jeunes du Nunavik lors d'un entraînement

Joé Juneau et des jeunes du Nunavik lors d'un entraînement (archives)

Photo : Radio-Canada

En effet, le 7 février dernier, on nous apprenait que le programme allait être renouvelé, mais sans le volet Sélect. Sauf le respect que je dois aux élus du Nunavik pour qui cette décision a probablement été très difficile à prendre, elle m’attriste profondément. Basé sur les conclusions d’un rapport produit par la firme Goss Gilroy, rendues publiques par la Société Makivik, le programme Sélect n’aurait pas d’impact sur la persévérance scolaire et la prévention du crime, et ce, en dépit du bon travail effectué.

Non seulement ces conclusions sont-elles contradictoires aux observations faites sur le terrain par les membres du programme, mais elles sont d’autant plus remises en question par certains chercheurs, dont le docteur John Cairney de la Faculté de Kinésiologie et d’Éducation physique de l’Université de Toronto.

Le professeur Cairney a pris l’initiative de me contacter à la suite de la publication du rapport Goss Gilroy, dont les conclusions ont attiré son attention. Il apporte une perspective scientifique très différente qui devrait normalement être appréciée par tous les gens concernés. Après lecture et analyses sur le terrain, il remet en question la méthodologie employée et met en évidence des lacunes significatives que l’on peut lire aux liens suivants :

«  »

— Une citation de  Joé Juneau

Ceux qui ont collaboré de près au programme Sélect sont en mesure d’en reconnaître les nombreux bénéfices. D’abord parce qu’il est un puissant incitatif sur la persévérance des jeunes, mais aussi pour la qualité de sa composante pédagogique, conjointement développée avec l’Université d’Ottawa. Le volet Sélect du PDJNH a aussi été très favorable quant à la formation d’entraîneurs, de par leurs apprentissages de connaissances et de compétences qui sont requises autant dans le sport que dans la vie.

J’en conviens, la prévention entraîne des coûts importants. Mais ceux-ci représentent un premier investissement qui permet de régler des problèmes qui peuvent devenir beaucoup plus coûteux. Je souhaite fortement que les décisions prises ne soient pas plus coûteuses à long terme.

Chose certaine, je suis très fier de ce que nous avons accompli. Ce que certains observateurs externes n’ont pas réussi à saisir n’aura pas échappé à ceux qui ont participé au programme et qui ont pu vivre des expériences positives et pertinentes de réussite. Et ça, aucun rapport ne pourra le démolir.

Ainsi, ce Maurice, prix remis par Sports Québec, revient à l’ensemble de l’œuvre. Je le dédie à tous ces jeunes avec qui nous avons bâti ce programme. On ne peut qu’admirer la force de caractère incroyable dont ils font preuve en dépit des réalités difficiles avec lesquelles ils doivent composer. J’espère sincèrement pouvoir continuer à les aider de manière positive.

L'ancien joueur de la LNH, Joé Juneau.

L'ancien joueur de la LNH, Joé Juneau.

Photo : Radio-Canada / Bruno Giguère

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