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Déplacement des caribous de Val-d'Or : des voix s'élèvent contre la décision

Un caribou forestier

Un caribou forestier

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le président de l'Association chasse et pêche de Val-d'Or dénonce le fait que plusieurs personnes ou organismes ayant suivi le dossier des caribous forestiers de Val-d'Or n'ont pas été consultées avant que la décision de déplacer la harde ne soit annoncée, vendredi dernier.

Jacques Cormier indique que l'association qu'il représente a une place au sein de l'équipe de rétablissement du caribou de la région de Val-d'Or.

Cependant, « les règles d'encadrement du ministère font en sorte que [l'équipe] peut seulement parler directement avec la sous-ministre, Mme Grignon, pour faire ses recommandations », explique-t-il.

C'est donc à titre de président de l'Association chasse et pêche de Val-d'Or qu'il a pris parole à l'émission Des matins en or.

Manque de consultation

M. Cormier soutient que la décision est « vide de vision ».

« M. Blanchette annonce qu'il a analysé plein de scénarios, en tout cas, il ne l'a pas fait avec nous, sur le plan local, avec les personnes qui étaient impliquées directement dans le dossier. De plus, les gens n'ont pas eu à se prononcer sur cette décision, c'est vraiment une décision unilatérale pour lui qui a été faite peut-être par des personnes à l'extérieur de la région sans avoir la vision de vraiment de ce qui se passe dans notre région », clame-t-il.

Par ailleurs, les communautés algonquines de Pikogan et de Lac-Simon affirment également avoir été ignorées dans le processus décisionnel. Par voie de communiqué, les communautés ont rappelé leurs droits ancestraux sur le territoire. « Le droit canadien reconnaît à tout le moins une obligation de négocier et d’accommoder les Premières Nations pour toute décision gouvernementale qui les affecte », soutiennent les communautés.

Nous, on veut vraiment aviser le public que [...] c'est un geste flamboyant, qui fait paraître bien. Quelqu'un qui ne connaît pas le caribou peut se dire : "Ah! ils vont être bien, ça va être dans un zoo!" Mais la réalité qui se cache en arrière de ça, c'est qu'en faisant une telle prise de position, c'est de dire à nos Québécois, Québécoises, que la biodiversité chez nous, même sur un plan régional, local, ça n’importe pas grand-chose pour le gouvernement [...] Et c'est ça qui est insultant d'entendre dire que c'est une décision responsable.

Jacques Cormier, président, Association chasse et pêche de Val-d'Or

Une espèce vulnérable ou menacée?

Jacques Cormier croit qu'il fallait approfondir davantage les analyses pour comprendre la situation réelle des caribous forestiers.

« Le ministère dit qu'il reste 15 à 20 caribous. Ça, c'est parce qu'on sait que ceux-là [existent]. Le ministère n’a jamais voulu investir pour mettre plus de colliers émetteurs sur d'autres caribous parce qu'il ne nous autorisait pas à le faire. Nous, on croit qu'il y a d'autres caribous qui se cachent dans le bois. Ils ne pourront pas tous les poigner », dit-il.

Avant de prendre la décision de déplacer la harde de caribous, d'autres scénarios auraient pu être étudiés, soutient le président de l'Association chasse et pêche de Val-d'Or. Déjà reconnu comme une espèce vulnérable, le caribou aurait peut-être pu être sauvé si on lui avait reconnu un statut d'espèce menacée.

« On a travaillé très fort pour qu'il se rende vers [le statut d'espèce] menacée. Le ministère n'accepte pas de donner ce statut-là parce qu'au bout de la ligne, si on met ça, menacé, l'espèce comme telle, on pourrait avoir du financement partout à la grandeur du Canada, dans le monde, etc. », indique-t-il.

Entrevue avec Jacques Cormier

Abitibi–Témiscamingue

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